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June 22 ParisLes Personnages :
Les mystères de Paris Édition du 12 février 1935
carnet mondain GALA DE BIENFAISANCE AU CERCLE DE LA MARINE
Un gala de bienfaisance aura lieu ce soir au cercle de la marine, sous le patronage de la Société Aeon. Vous pourrez y faire vos dons pour la fondation de missions et hôpitaux destinés aux classes les moins favorisées de la population.
Les mystères de Paris Édition du 13 février 1935 (saisie le 16 février par la police après parution)
UN TREMBLEMENT DE TERRE SECOUE LA CAPITALE
Un violent tremblement de terre a causé d’importants dégâts dans la capitale hier soir, détruisant de nombreuses habitations dans les 19e et 20e arrondissement et tuant de nombreuses personnes.
La secousse a été ressentie hier vers 23 heures 30 dans tous les quartiers de la capitale. Un témoin raconte que les animaux avaient disparu quelques instants avant la secousse, et qu’il n’a lui-même du son salut qu’en se précipitant dans la rue, quelques minutes avant que le plafond de son logement ne s’écroule.
D’après les estimations de la préfecture, 800 personnes auraient trouvés la mort. On ne connaît pas encore le nombre de personnes prisonnières sous les décombres.
L’archevêché de Paris dressera une chapelle ardente dans l’enceinte de Notre-Dame dés ce matin, et une messe pour les morts sera célébrée chaque jour jusqu’à ce dimanche ou la population parisienne est appelée à se recueillir.
Le Pr Flanelle, spécialiste en sismologie, interrogé par nos journalistes, a refusé de faire une déclaration sur le sujet, disant qu’il attendait le résultat précis des analyses de ses sismographes.
UN TREMBLEMENT DE TERRE SECOUE NEW YORK
A l’instant même ou Paris était frappée si durement, la ville de New York subissait également un tremblement de terre de même magnitude, causant lui aussi d’important dégâts
Les Mysteres de Paris Édition du 14 février 1935 (non parue)
LONDRES RAVAGEE
Alors que
certains commencent à parler de fin du monde, la capitale britannique a été
elle aussi victime d’un tremblement de terre. Il devient de plus en plus
évident que les causes de ces séismes ne sont pas naturelles. Des nombreuses victimes sont à déplorer. Le Roi
UN MYSTERIEUX INDIVIDU REVENDIQUE LA PATERNITE DES SEISMES
Alors que New York, Paris et Londres se redressent et pansent leurs plaies après les terribles évènements d’hier, un individu a pris possession des ondes pour revendiquer les attentats odieux ayant frappé nos villes. Voici le texte de son message radiodiffusé.
« La terre souffre. La terre se meurt. Son corps est déchiré par les compagnies minières, ses enfants exploités par les puissances industrielles d’Europe et d’Amérique. Des enfants meurent dans les mines, les poumons détruits par le soufre et le plomb. Le monde va vers sa ruine, l’humanité vers son extinction, si nous continuons notre course à la richesse ! Ce qui vient se passer à Paris, New York, Londres n’est qu’un début, le début de la libération de la terre contre ses oppresseurs. Le debout de mon combat pour sauver l’Homme en ce qu’il a de bon en Lui ! Bientôt, Tokyo, Berlin, Moscou, Rome, San Francisco, toutes ces villes arrogantes, seront frappées-elle aussi. Je demande solennellement aux puissances européennes, aux États-Unis et au Japon, de se détourner de cette voie qui ne mènera qu’à l’empoisonnement et la mort de notre mère la terre. Qu’ils renoncent à leur industrie, qu’ils renoncent à leurs colonies, et notre terre sera sauvée. Je prends le serment, moi, le Serviteur de la Terre, de continuer ma lutte tant que cette voie suicidaire sera suivie. »
La rédaction de notre journal ne peut qu’espérer que ce dément sera appréhendé le plus vite possible.
Les Mystères de Paris Édition du 16 février 1395 (saisie par la police et non publiée)
LES RESPONSABLES DU TREMBLEMENT DE TERRE SOUS LES VERROUS
Les responsables de l’acte odieux qui a coûté la vie a nombre de nos compatriotes ont été appréhendés ce matin par les forces de police. Il s’agirait d’un groupe anarchiste lié à ce mystérieux Serviteur de la Terre. Notre journaliste, présent lorsque les individus furent emmenés à la préfecture de police pour interrogatoire, a pu discuter avec les responsables de cette arrestation, trois membres de la Société Aeon. Il a pu ainsi reconstituer leur formidable enquête. Nous vous livrons ici son récit.
Les trois personnes responsables de l’arrestation des malfaiteurs sont la Comtesse Anastasia Fedorova, Lord James Mc Gregor et le serviteur de ce dernier, Mossup O’Keefe. Tous trois étaient présent lors d’un gala de bienfaisance organisé par la société Aeon lorsque Paris fut ravagé. N’écoutant que son bon cœur et aidé de sa force herculéenne, M. Mossup O’Keefe aida à dégager blessés et mourants des décombres encore branlant de leurs demeures. La comtesse, quand a elle, aida a organiser les secours et à mettre en place un premier poste de soins d’urgence en galvanisant par sa beauté les volontés des passants alentours. Messieurs Flandin, président du Conseil et Laval, ministre des affaires étrangères, présents également, se rendirent immédiatement à la Chambre, afin de discuter avec leurs pairs des mesures à prendre. Monsieur de la Foix, président de la Société Aeon sur Paris, demanda alors à Messieurs McGregor et O’keefe, ainsi qu’à la comtesse Fedorova, de se rendre au collège de France, afin de connaître l’opinion des scientifiques sur ce phénomène.
Le collège de France était en ébullition, mais le Pr Flanelle, spécialiste en sismologie, accepta de les recevoir et leur confirma leurs craintes : le seisme n’etait pas d’origine naturelle. Il leur expliqua que seul une bombe basée sur les théories de M. et Mme Curie pouvaient, si elle avait détonné en sous-sol, avoir causé une telle secousse. Monsieur de la Foix, informé, demanda l’autorisation à Monsieur le Président du Conseil afin de mener une enquête indépendante, les forces de police n’acceptant pas certains faits dans leurs analyses. Il chargea ses trois sociétaires de la mener.
Ceux ci purent déterminer l’épicentre du séisme, avec l’aide du professeur Flanelle et, descendant dans les cryptes de Notre-Dame, purent en trouver la cause. Selon eux, une machine étrange, alimentée en énergie par cette mystérieuse onde Z découverte il y a dix ans, auraient été la cause de la catastrophe parisienne. Ils découvrirent également le repaire des malfaiteurs, repaire malheureusement désert, mais ou restaient suffisamment de trace pour comprendre que la machine avaient été construite secrètement durant des mois.
En discutant avec sa logeuse, dont nous tairons le nom par souci de sa tranquillité, ils purent apprendre que la maison avait été louée par un certain Dr Agnotti, homme mystérieux qu’une maladie de peau obligeait à vivre reclus et a ne sortir que couvert de la tête au pieds. Une douzaine d’hommes vivaient dans la demeure, pourtant assez petite. Depuis le tremblement de terre, elle n’en avait vu aucun sortir de la maison.
Apportant leurs conclusions à Monsieur de la Foix, ils entendirent le message radiodiffusé qui brouilla toutes les émissions de Paris. Lord McGrégor compris vite qu’il n’y avait qu’un seul endroit d’où cela pouvait être fait. Utilisant le véhicule du Britannique, d'une nouvelle marque appelée Jaguar, ils se rendirent à la Tour Eiffel alors même que les malfaiteurs s’en échappaient.
Dans un combat épique, M. O’Keefe précipita deux des hommes par-dessus le parapet de la tour, les vouant à une mort certaine, tandis que la comtesse, blessant grièvement ses agresseurs d’une balle bien ajustée, le secondait. Lord Mc Gregor en tua un d’une balle en pleine tête et mis en joue les survivants, qui ne s’attendaient pas a une telle résistance.
De leurs déclarations, confuses, il ressortit que le Dr Agnotti s’était enfui en Italie. Monsieur Flandin, ne pouvant demander à ses forces de police de le poursuivre à Rome, demanda l’aide de la société Aeon. Celle ci accepta et, avec l’accord du Duce, fournit aux héros du jour des visas pour l’Italie Fasciste.
D'après nos correspondants à New York, Monsieur Mercer, dirigeant de la Société Aeon, a pu déterminer qu’il existait 8 machines infernales, dirigeant des machines secondaires. Une fois celle ci éliminée, la menace disparaîtra. Dans un souci d’efficacité, il a été décidé par les dirigeants de Aeon d’envoyer une équipe pour s’occuper des machines américaines et extrêmes orientales, tandis que Aeon Europe s’occuperait des machines se trouvant sur les territoires des Empires Franco-Britannique.
Notre journaliste a décidé de les accompagner et de vous faire-part de leurs investigations.
Les Mystères de Paris Édition du 16 février 1395 (parue le 17 février)
LES SCIENTIFIQUES REFUTENT LA THESE DE L’ACTIVITE HUMAINE
Le professeur Lagrand, sismologue reconnu, a trouvé l’explication au tremblement de terre parisien. Le lecteur ne sait peut être pas que le sous-sol de Paris est percé de milliers de galerie. Quand l’une d’elle s’effondre, il est possible d’avoir un effondrement d’une partie de la rue, comme l’ont peut le constater. Selon le professeur, le séisme serait du à l’effondrement d’une masse énorme dans le sous-sol de la capitale, cet effondrement ayant causé des remous jusqu’à la surface. Il redoute cependant que cela ne déstabilise le sous-sol parisien et que de nombreux éboulements et glissements de terrains n’aient lieu dans les mois qui viennent, en attendant que la terre se stabilise de nouveau.
Interrogé sur le phénomène new-yorkais, il a déclaré ne pas suffisamment connaître la composition du sous-sol américain pour avoir une opinion suffisamment éclairée et scientifiquement objective. June 08 Star Trip V : Dark Bottom Star Trip V : Into the Dark Hole Pendant ce temps là, à bord d’une station spatiale en construction… Une grosse station spatiale en construction, hein !
Darth Vremor, Sombre Seigneur du Sith, arpentait lentement la pièce qui lui servait de bureau, attendant l’appel de son maître, l’Empereur de la Galaxie. Il boitait légèrement (d’où le lent arpentage) et, de temps en temps, un bruit tenant du pet métallique sortait de sa cape, séquelle d’une ancienne blessure au sphincter. Sa respiration était, par contre, inaudible, tel la brise et sa voix était de celle qui, chaude et enveloppante, vous donne envie de vous endormir. Pas la bonne voix pour le commandement, donc.
Il n’aimait pas recevoir des appels de son maître.
Déjà, ça voulait dire qu’il était surveillé, alors qu’il n’aspirait a rien d’autre que de voir de lascives danseuses Twile’k se trémousser devant lui (c’est pas parce qu’on est a moitié cyborg qu’on est pas moins homme !), ensuite, voir ce visage maladif verdâtre, vaguement bavant, lui donnait des nausées qui accentuaient les effets de sa séquelle de guerre, doublant ses flatulences, et enfin, durant tout l’entretien, il devait rester agenouillé en signe de soumission, et ça durait parfois longtemps. Or, la greffe de son genou artificiel avait mal prise, mais il savait qu’employer une rotule de jawa n’allait pas aider. Le médecin de campagne responsable était toujours en train de payer, torturé depuis 25 ans dans une geôle de Tatoiine par Titititata, Maître Tortionnaire Jawa. Il se souvenait du jour où il avait du écouter durant plus de 6 heures l’Empereur lui parler de l’implication économique de la production de kolto, ainsi que la difficile reconquête du milieu naturelle de Mannanan à la suite des actions de Darth Revan, voici 5000 ans. Il n’aimait pas les leçons d’histoire. Il n’aimait Et aujourd’hui n’était pas un bon jour : il n’avait que des mauvaises nouvelles à annoncer… et son genou lui faisait un mal de chien.
Une musique retentit, musique officielle choisie par l’Empereur pour s’annoncer. Quand on sait que l’empereur, qui se disait lui même doté d’une excellente oreille musicale, chose que nul n’avait osé contesté, avait ordonné que chaque ascenseur de la flotte émette de la musique douce, afin de calmer les nerfs pendant les batailles, on n’était pas surpris d’entendre des sons qu’un Charlie Oleg sous acide aurait pu tirer de son clavier bontempi en guise de musique officielle. Le compositeur officiel de l’Empire, Mikel Farhrneeeet en était l’auteur.
« Daladum daladum tirloulirouli » « Je vous salue, Ô Mon Maître… » « Salut à vous, mon Ami »
(L’empereur appelait tout les hauts seigneurs mon ami. Il disait que ça dynamisait l’esprit d’équipe d’avoir un chef proche des siens. Il avait appelé mon ami le Grand Amiral Pompoth durant les douze heures de son supplice, soit disant pour alléger sa peine et lui faire comprendre qu’il ne lui tenait pas rigueur de son incompétence. L’Empereur était un fervent adepte du casual day, également forçant chacun à mettre des chemises à fleurs un jour par semaine. Il tenait non pas des réunions de cabinet, mais des business meeting, envoyait douze mémos par jour et offrait un stylo orné du sigle impérial à tous les soldats une fois par an. Essayez d’imaginer un boss cool et sympa mais qui peut vous griller le cerveau, et ça vous donne une idée de l’état d’esprit de son staff…)
« Comment va notre petite protégée ? Avez vous réussit à lui soutirer des renseignements sur l’emplacement de la base de la rébellion ? » « Devant son obstination, j’ai tenté une autre approche, Mon Maître » « Laquelle, mon ami ? » « Et bien… disons que j’avais dans l’idée de lui laisser la possibilité de s’enfuir, afin de la suivre discrètement. Une sorte de plan machiavélique, vous voyez… Nul doute qu’elle ne nous ai menée droit sur la base secrète des rebelles. Vous savez, celle qu’on ne peut repérer malgré un trafic aérien qui doit être important pour un coin reculé de l’Espace, tout comme leurs communications galactiques, mais qu’on ne trouve pas parce que personne n’a jamais fait ce rapprochement sauf moi mais personne ne m’écoute quand j’en parle. » « Oui, oui, oui… Je vois… Excusez moi, mon ami, j’ai eu une absence. » « Je parlais de mon nouveau plan. » « Ah oui ! Excellente idée, de l’utiliser comme appât ! Et comment se passe la surveillance ? » « Et bien… » (Proooookut) « Oui ? » « Les dispositifs de repérage ne sont pas encore en place » « Vous n’avez pas encore appliqué votre plan ? » « La partie médiane, si… » « Attendez. Votre plan est en trois parties, c’est ça, tel les plans des dissertations des étudiants en science politique de Coruscant ? D’abord vous mettez un dispositif traceur sur elle ou dans un vaisseau piège ; puis elle s’enfuit ; et enfin on repère la base ? C’est ça ? » « Oui… » « Et la partie médiane ? » « C’est là qu’elle s’enfuit… » «… je ne suis pas tout, là…» « Dans un souci de pro activité que j’aimerai voir chez mes hommes, la princesse s’est enfuie avant que on installe le mouchard. » (proooookut) « Mon ami, ne seriez vous pas en train de me dire que cette mijaurée s’est barrée de chez vous sans que vous ne fassiez rien ? » « Et bien… Si, quand même ! Nous avons agis !!» « Otez moi d’un doute : vous avez envoyés vos hommes à sa poursuite, vos hommes que l’ont sait être une souche de clone myope ? » (Il était de notoriété publique que les stormtroopers impériaux étaient des buses croisées avec des taupes dés qu’il s’agissait de tirer sur son prochain. Leurs tirs partaient dans tous les sens, et ne touchaient souvent que de rares malchanceux. Des ours en peluches armés de pierre arrivaient à leur faire subir de cuisants revers. Cela était également du au fait que, conçue pour résister a un tir de laser, leurs armures étaient totalement inopérante contre un simple caillou.) « Cela n’était pas la chose à faire, j’en suis conscient, mais je combattais mon ancien maître, Hobby Vent Kavomi. Il est mort de mes mains. » (proooookut) «Bravo… Il n’empêche… la princesse s’est enfuie… J’espère que vous faites tout en œuvre pour la retrouver. » « J’ai déjà envoyé des sondes dans toutes les directions, avec comme instructions de ne chercher que des vaisseaux isolés et pourris, comme celui qu’elle a pris. Mon maître, elle ne nous échappera pas. » « Je vous fait confiance… pour l’instant. Maintenant parlez moi de l’avancée des travaux de la base spatiale. » « Nous sommes légèrement en retard sur notre planning, mais je suis venu personnellement pour motiver les ouvriers et les troupes. Nul doute que vos conseils pour cela ne me soient utiles.» « Bien, tout devrait être sous contrôle maintenant. Ne me décevez pas, mon ami » « Non, mon maître » (proooookut) « et vous n’avez toujours pas pu régler vos problèmes de flatulences, à ce que j’ai pu entendre… » « Non, mon maître. » « bien… Bon courage, mon ami » Daladum daladum tirloulirouli
Darth Vremor se redressa, tituba un instant en raison de la raideur de ses articulations, leva la main pour s’aider du mur et secoua la tête. Il fallait faire les choses dans les règles. La construction de la station spatiale était plus qu’un peu en retard. En fait, ça n’avait pas avancé depuis des mois… Tuer l’ingénieur en chef pour motiver ses subalternes n’était peut être pas la meilleure des solutions. Ca lui avait paru une bonne idée, pourtant, à l’époque.
Depuis cet acte, les dits subalternes rivalisaient afin de devenir le nouvel ingénieur en chef. Et au lieu qu’une saine émulation ne se soit emparée d’eux, ils se tiraient dans les pattes. On ne comptait pas les sabotages, accidents étranges et autres épidémies qui s’étaient déclarées dans les diverses équipes de travail. Dernière en date, une frénésie sexuelle s’était emparée de l’équipe chargée de la construction des ponts d’envol. Une compagnie de soldats avait été tuée et violée (pas obligatoirement dans cet ordre) avant que les effets du psychotrope glissé dans leur plateau-repas ne se dissipent. L’ensemble de l’équipe avait été exécuté, ainsi que le responsable de la drogue. Depuis, personne ne s’occupait des ponts d’envol, forcément. De même, d’autres avaient choisi la voie de la construction rapide, engageant un nombre d’ouvrier énorme, et finissant les travaux avant le planning. La plomberie de la base, en l’occurrence était parfaite, mais les ouvriers étaient restés, prodiguant conseils et encouragements à leurs collègues toujours en train de travailler, en particulier au faïencier Jack Hob et son épouse Délia Fhon. Trop de conseils tuant les conseils, un plombier s’était retrouvé avec une belle pièce de faïence enfoncée dans la partie de l’anatomie qui doit normalement la supporter, et une courte émeute avait commencé, réprimée par les troupes. Bilan : 723 morts. En tout, prêt de 100 000 ouvriers travaillaient sur le chantier, tous engagé par des équipes indépendantes, sans aucune supervision, et venu de divers corps de métier. On avait même engagés des maçons et des tailleurs de pierre, qui se demandaient franchement ce qu’ils foutaient là. Darth Vremor était là pour remettre de l’ordre. Mais comme la dernière fois, il avait un peu foiré son coup en exécutant l’ingénieur en chef, l’Empereur lui avait ordonné de n’exécuter absolument personne et d’employer des méthodes moderne de management.
Il avait donc viré les inutiles (tailleurs de pierre, plombiers et autres), réduisant la main d’œuvre de 50%. Mais ça n’avançait toujours pas, ou très peu. Par contre, il avait vu de nombreux groupes d’ouvrier en train de causer entre eux, le regardant d’un air sombre, et se dispersant dés qu’un soldat approchait.
Donc, aujourd’hui, c’était la journée « public relation ». Il allait passer au milieu des ouvriers, leur montrer sa présence, serrer des paluches, faire semblant de s’intéresser à leur travail. Bref, manager moderne !
C’est donc au milieu des cris, plaisanteries de potaches, étincelles et autres chocs inhérents à un chantier que Darth Vremor se déplaçait. Il vit un ouvrier en train de faire une pose, se grillant une petite sèche dans un coin. Avec un sourire (inutile car dissimulé par son masque), il s’approcha. « Bonjour mon ami » (sursaut de l’ouvrier, qui planqua sa clope) « Non, ne vous en faites pas, chacun à le droit de faire une pause, haha ! » « Ah ? » « Mais oui, si le travail est bien fait, la pose s’impose ! ahah ! » « AhAh… » (rire crispé) « Et que fait tu sur ce chantier ? » « Ben, Seigneur… Je… » « Oui ? » « Je suis chargé de la supervision des activités humaines arrivées à terme », dit il avec un sourire. « Un superviseur ? un chef, alors ! » « Vous pouvez dire ça, seigneur ! », dit l’ouvrier, tout en jetant un regard à un homme qui s’approchait, l’air visiblement énervé en vociférant. « Qu’est ce que tu fout encore, faigna… Oh, pardon seigneur, je ne vous avais pas vu… » « Non, ne vous en faites pas, je discutait avec ce courageux travailleur. » « Lui ?! c’est un je m’en foutiste, un moins que rien, un branleur ! Excusez mon langage, seigneur, mais comme inspecteur des travaux finis, il est le meilleur ! » « Inspect… supervision des activités humaines arrivées à terme… Je déteste que l’on se moque de moi. » Le regard froid de Darth Vremor se fixa dans celui de l’ouvrier, qui commença a se tenir les parties génitales. « Eeeek… » fit il en tombant au sol. « L’empereur m’a interdit de tuer qui que ce soit… Mais puisque Branleur tu es, alors Branleur tu ne pourras plus être !! » le silence tomba au milieu de l’atelier. Le chef d’équipe regardait son subalterne se tordre de douleur sur le sol. « Qu’on s’occupe de lui… », fit le sombre seigneur en se détournant, sans prêter attention aux murmures.
Sa visite continua. Il rencontra beaucoup d’ouvriers, mais bien peu d’entre eux lui donnèrent satisfaction. Parti, il ne vit que tire au flanc, fumistes et autres partisans du moindre effort. Son mécontentement grandit. A la fin de la journée, la simple vue d’un ouvrier en pause (il lui semblait que tous les ouvriers prenaient une pause de 20 mn après 10 mn de travail) lui causait des tremblements, et nombre d’entre eux furent frappés par des objets volants projetés par sa force mentale. Quand il rejoignit son bureau, il fulminait. Il saisit son micro et décida de s’adresser a toute la base.
« Ici Darth Vremor ! Ma tournée d’inspection s’est achevée et je ne suis pas content ! (Proookut) A partir de dorénavant, tout ouvrier prenant une pause verra son salaire divisé par deux. Vous avez le choix : la pause a demi salaire, ou travailler a plein salaire ! Son chef d’équipe sera envoyé dans les mines de Kessel ! Ses camarades qui le couvraient seront exilés sur la planète Touvoulou ! » Il reposa le micro. Un peu de fermeté, ça allait leur apprendre, à ces faignasses ! Une main de fer dans un gants en acier clouté, y’avait que ça de vrai ! Que l’Empereur se mette dans le sphincter ses méthodes de management moderne !!! S’adossant à son siège, il se mit a sourire derrière son masque. Apres tout, avec une arme de cette puissance, même l’Empereur ne pourrait lui résister. June 07 Appel de Détresse Présentation de l'équipage de l'USS Butterfly:
Générique !!!!!!
First Officer’s Personnal log, USS Butterfly
Stardate 82699.11
Nous avons quitté l’orbite de la station minière pour rejoindre la base spatiale Deep Space 12, vers laquelle nous allions recevoir le ravitaillement nécessaire pour la continuation de notre mission scientifique dans l’espace encore inexploré du quadrant Alpha. Le capitaine Moro, souffrant, m’a confié le pont. Rien de notable n’a été signalé.
Stardate 82716.26
Le Lieutenant Spartan ayant reporté la réception d’un signal de détresse, j’ai donné l’ordre de nous diriger vers sa source. Désireux de prévenir le capitaine de notre changement de direction, je l’ai trouvé dans sa cabine, inanimé. Appelé sur place, le Dr Tonbo n’a pu que constater l’état de coma apparent. Appliquant l’ordre général Starfleet N°17, j’ai donc pris le commandement de l’USS Butterfly. Apres avoir appris que le capitaine endurait de violents cauchemars, je décidais, sous le contrôle médical du Dr Tonbo de tenter une fusion mentale avec lui. Ses pensées étaient confuses, mais s’en dégageaient une sorte d’angoisse, émotion que je refrénais afin d’avancer. Mon esprit était dans l’esprit du capitaine, lui-même arpentant les couloirs vides de son vaisseau. Dans le poste de commandement, un être à la peau bleue tatouée d’étranges glyphes, aux longs cheveux noirs, était assis dans le siège du capitaine. Ses seules paroles furent « je suis l’empereur de la Galaxie ». Le médecin m’injecta alors une substance qui m’arracha au lien mental, mes signes vitaux montrant des faiblesses. Depuis ce jour, une angoisse m’étreint, émotion que je n’avais pas ressentie aussi durement depuis mon enfance sur Vulcain. La méditation me permet heureusement de la refréner. Les risques d’une contamination psychique étant logiques, le Dr Tonbo m’a placé sous surveillance et m’a demandé de lui rapporter d’éventuels cauchemars.
L’analyse du signal confirma son origine hors de l’espace connu. Il confirma également que bien que donnant tout les signes et codes starfleet datant d’il y a une trentaine d’années, il avait été émis par une technologie qui n’appartenait pas à Starfleet. D’après un rapport du Lt Cmdt K’Revok, nos ressources nous permettront à peine de revenir dans l’espace de la Fédération.
Stardate 82736.05
Nous sommes arrivés en vue du système d’où provient l’appel de détresse. Le capitaine, ayant repris conscience, m’a alors confirmé dans ma position. Il reste en observation à l’infirmerie.
Approchant du système planétaire d’où provenait l’appel de détresse, nous fumes contacté par une race inconnue de la Fédération, les Ghizorans.
Cette race dispose d’une technologie inconnue et puissante, car l’une de leur membre, Ruan, portant le rang de Médiatrice, a réussi a se téléporter a notre bord malgré nos boucliers levés. Il émanait d’elle des sensations de bien être, de calme, certainement des capacités empathiques. Le Lt Vren et moi-même, en raison de notre formation, initiâmes le Premier Contact, malgré des interruptions inadéquates du Lt K’Revok. Après un échange de civilité et de renseignements culturels, nous fumes invités à descendre sur la planète. Il nous fut également proposé de nous ravitailler.
Ce qui me frappa fut la similitude entre les traits des Ghizorans et ceux de l’homme qui s’était proclamé Empereur de la Galaxie dans l’esprit du Capitaine Moro. J’en concluais donc fort logiquement que les Ghizorans, tout au moins la noblesse, était hautement douée psychiquement. Cela fut corroboré par le Lt Spartan, notre pilote Betazoid. Je décidais néanmoins de ne pas laisser ce cauchemar jouer un rôle dans ma manière d’initier le Premier Contact.
La société Ghizorans était divisée entre noble et non noble. Les roturiers ne portaient pas les tatouages et glyphes caractéristiques de la noblesse, et leur tenue était uniformément rouge. Il était donc simple de déterminer la classe sociale de nos interlocuteurs. Cinq familles dirigeaient la majeure partie de l’Empire : les Seloth, Adphé, Uzphi, Ezhasi et Ayné . Ces cinq familles se disputaient, mais toutes reverraient un Empereur régnant depuis 500 ans, et qui, dans le ton employé par nos hôtes, est vraisemblablement considéré comme un Dieu.
La planète qui allait nous accueillir était une planète de classe M, mais d’une taille proche de celle de Jupiter, dans le système Sol. La densité de sa matière créait cependant une gravité légèrement inférieure a celle de la terre, et donc de Vulcain. L’ensemble de la planète est recouvert par une immense cité. Une simple évaluation de l’ensemble de la population, laisse apparaître des nombres immenses, de l’ordre de 50 milliards d’individus pour cette seule planète
Le signal de détresse provenait d’une planète interdite depuis 30 ans. Selon toute vraisemblance, l’accident du vaisseau pourrait avoir causé une catastrophe planétaire.
Arrivée sur la planète, des serviteurs chargèrent notre vaisseau de son ravitaillement, dûment inspecté par nos équipes scientifiques et techniques, pendant que nous faisions connaissance avec nos hôtes.
Nos hôtes appartiennent à la famille Seloth, et c’est son chef en personne, Tseren, portant le titre de Gouverneur, qui nous accueillit et répondit à nos questions. La seule manière d’accéder à la planète interdite était d’en obtenir l’autorisation du conseil. Or le chef de la famille Ezhasi , le Général Saven, s’opposait a tout contact avec des êtres venus d’en dehors de l’Empire. Cependant, je demandais l’organisation d’une rencontre avec le Général, dans le but d’apaiser nos différents.
Nous fûmes alors menés dans nos quartiers. Bien que nos chambres fussent fermer à clef, nous pouvions nous téléporter jusqu’au Butterfly. Nous ne pouvions donc nous considérer comme prisonnier. Nous étions par contre surveillés par d’étranges artefacts qui surveillait aussi bien nos faits et gestes que nos états mentaux. La manipulation de ces artefacts, sorte de sphères de petite taille, ne fit qu’entraîner leur remplacement. Le Lt Xena, notre Chef Ingénieur, se résolut cependant de comprendre leur fonctionnement. Une collation nous fut servie. Le Lt Pullo refusant par méfiance de se nourrir, je lui en donnais l’ordre, dans un souci logique de ne pas offenser nos hôtes dans un Premier Contact. Puis, une chose étrange se produisit quand des serviteurs apportèrent des sphères translucides. Après plusieurs expériences, nous comprîmes que ces sphères se mettaient en phase avec les émanations psychiques des personnes se concentrant sur elles. Je pus ainsi m’en servir comme focalisation lors de mes exercices de méditations, retrouvant facilement grâce à elle la paix du grand monastère de Kolinharu. Les autres officiers, soumis à leurs émotions, et dans leur futilité ludique devant les possibilités offertes par ces sphères, firent alors apparaître dans l’une d’elle des images de destructions d’échelle planétaire à la suite d’une unique explosion. Cette sphère nous aurait elle montrée les événements vieux de trente ans ?
Apres avoir vu cette image, je demandais au Butterfly de me donner la composition de l’atmosphère de la planète interdite. L’analyse confirma les images de destruction aperçues dans la sphère : une atmosphère composée de monoxyde de carbone, où régnaient de violent orages électromagnétiques.
May 09 Last TrainSalut, patron… Si je pouvais avoir une lichette de votre bourbon, ça ne sera pas de refus… Bien sur que j’ai de quoi payer, je vous en demanderai pas si j’avais pas du foutu dinero ! Aaah, merci… ça fait du bien par ou ça passe ? La ville a changé depuis la dernière fois ou je suis venu… Quand ça ? En 76, je crois… Juste après ce qui s’est passé a Las Cruces… Las Cruces ? T’en as jamais entendu parler ? Normal, remarque, pas de doute que les foutus Pinkerton ou les Texas Rangers soient passés par la depuis… Qu’est ce qui s’est passé la bas ?
Ben va falloir que je t’explique tout, donc pose donc la bouteille là et on cause…
Tu te souviens de la Grande Guerre du Rail ? Hellstromme ? Ok… Ben ce gars avait un type qui bossait pour lui et qui avait décidé de faire cavalier seul, tu vois… Ouais, t’as compris, le mec était un mort en sursis. Et le mec se barrait par le train, pour voir un de ses potes à Las Cruces. Il s’appelait Wilder.
Il était pas le seul dans le foutu wagon. Y’avait deux mineurs qui allaient essayer de trouver fortune a Tombstone, une jeune femme amoureuse qui venait enfin rejoindre son légitime, et un joueur de carte un peu charlatan, si vous voulez mon avis… (Pas mauvais, ce bourbon, patron… Laissez donc la bouteille, et servez vous…)
Mais ceux qui ont fait parler d’eux c’est un trio de gars, enfin un gars et deux femelles, qui n’avaient pas grand chose en commun. Eux aussi, ils étaient du voyage. Cato Lynch était un pasteur, mais du genre a te faire rentrer les paroles de Dieu à coups de poings dans la cabèche. Et il avait des gros poings… Il allait à Tombstone pour convertir l’incroyant et ramener la vertu dans cette ville du péché… Tout un programme… Philly, elle, tu l’aurais vu, tu l’aurai pris pour la poivrotte du coin, toujours a biberonner ou a jurer entre ses dents. Mais c’était aussi une joueuse de poker de première, prête a te plumer… il paraît même qu’elle pouvait jeter des sorts avec ses cartes… Tu secoue la tête, patron ? T’y crois pas ? Et ben t’as tort. Elle aussi allait à Tombstone, pour chercher le pigeon. Et la dernière, Mei-Mei… Ouais, t’as entendu, une putain de céleste. Elle payait pas de mine, du haut de ses 4 pieds et demi, mais je pense que c’était elle la plus mortelle de tous… Elle fuyait, Mei-Mei… Alors sa destination importait peu.
Bref, ils étaient donc dans ce foutu train, et venait de sympathiser avec les autres passagers, sauf Wilder, le mec qui se barrait de chez Hellstromme. Mei Mei aussi était en retrait, mais bon, quand on sait ce qui lui était arrivé, on comprend qu’elle se méfie… Et là, vla t’y pas que le train s’arrête net, au milieu de la cambrousse. Le gars qui jouait avec ses cartes, il se lève et dit que ce sont des brigands… Il n’aurait pas eu tort, quelques heures avant. C’est ce que leur a dit le chauffeur, en tout cas. Apparemment, des brigands avaient fait une mauvaise rencontre… En allant voir, le révérend et la joueuse de cartes sont tombés sur un carnage. Une vraie saloperie, crois moi… ça t’aurai fait revoir ton repas de midi. Les corps avaient été massacrés, une vraie boucherie… Sauf un. Tu vois, en regardant de plus prêt, y’avait un corps bizarre, à la peau cireuse, et truffé de plus de balle qu’un soldat de Custer sur la Horn… Y’avait la moitié de son crane qui avait dégusté, et son bide, aussi. Mais le plus zarbi, c’est le morceau de roche fantôme qu’il avait d’incrusté dans le front. Sur l’un des autres, enfin sur ses restes, ils ont trouvé un télégramme parlant d’un certain Wilder que les mecs morts devaient ramener a SLC… Ils ont finalement pensé à Salt Lake City… Ouais, patron, niveau comprenette, ce n’était parfois pas des brutes. Mais qui était ce Wilder ? Je vois que toi t’as compris, patron, mais eux, ils n’avaient aucun moyen de le savoir. C’est là qu’ils ont entendu un cri qui venait de l’arrière du train. Ils se sont mis à courir. Nan, pas a fuir, mais en direction du cri !
Parce que pendant ce temps là, tu vois, y’a une bande de mecs morts qui étaient montés a bord… Ouais, des foutus zombis, mais version zarbi, tu vois… T’as lu Shelley ? Nan, pas Ozymandias, mais le Nouveau Prométhée, écris par sa nana ? Ben c’était ça qui montait dans le wagon. Et ils ont trouvé Mei-Mei… Les autres, ils faisaient pas trop gaffe à la petite jaune, mais quand ils sont arrivés, ils l’ont vu en train de mettre une dérouillée a un des cadavres, genre une mitrailleuse avec des poings, tu vois… Mais c’est quand elle a traversé le wagon d’un seul saut pour encastrer sa godasse dans la gueule d’un des Zed qu’ils ont pigé qu’il ne fallait pas emmerder la naine. Bref, ils se sont débarrassés des zombis, mais en dérouillant méchamment dans la bataille. Le révérend et Mei-Mei y allaient aux poings, aux pieds, et ça cognait dur. Dehors, Philly beuglait des insultes en jouant avec ses cartes, et des zombis tombaient. Quand le calme est revenu, y’avait plus qu’eux de vivant dans les passagers, sauf deux disparus. Le révérend a essayé de soigner les blessures de la jaune, mais ça lui est revenu dans la gueule. Donc ils ont récupérés leurs chevaux, et sont partis vers Las Cruces, histoire de se soigner et de prévenir de l’attaque. Coup de chance pour eux, ils ont croisé le sheriff de la ville, Phelps, qui leur a fait des bandages de fortune, mais leur a demandé de l’aide pour aller voir ce qui se passait à la mine de Doc Hodges, un gars du coin. Sur le chemin, ils ont rencontré une main qui les suivait depuis quelque temps. Ouais, t’as bien entendu, une main ! Et arrête de me regarder comme ça ! C’te main, c’était Wilder qui l’avait crée, comme animal de compagnie, presque ! C’était un savant fou, Wilder.
Arrivé la bas, ils ont compris que tout était lié : l’attaque du train, l’absence de Doc Hodges en ville, l’enlèvement des passagers, le télégramme de SLC…
En fait, tu vois, le mec qui fuyait Hellstromme, c’était le gars Wilder, un des deux passagers manquant, et il pensait se réfugier chez son pote, Radcliffe, connu dans le coin sous le nom de Doc Hodges. Sauf que celui là, il voulait seulement lui soutirer des secrets et le buter. Dans la mine, ils ont buté a tout va, des zombis, des coyotes zombis, Radcliffe… Et ils ont libéré Wilder. Un gars bizarre, ce Wilder… Il avait un troisième œil… Ben arrête de me regarder comme ça, j’ai bien qu’une couille, moi ! Bon, ok, j’ai perdu l’autre pendant la guerre, mais ça arrive des choses comme ça ! Et ce troisième œil, la soularde a voulu lui crever, pensant que c’était pas naturel. T’aurai vu comme il l’a engueulé… Et le révérend qui le traitait d’engeance du démon. Apres, ils ont pu se reposer à Las Cruces…
J’vois dans ton regard que tu me crois pas trop… T’es qu’un abruti, patron… Jamais j’ai menti de ma vie, sauf au poker, et j’vais pas commencer maintenant ! Bon, c’est combien la chatte ici ?
Deadlands : Philadelphia L'Ange« Hein… quoi ! Va te faire foutre, enculé ! Je chie sur ta mère et toute ta foutue famille !! » « Du calme Phyllis, c’est moi, Jack… Jack Hawthorne, tu te souviens ? le patron » « Bloody Hell ! Jack, tu pouvais pas me laisser avoir une putain de vraie nuit de sommeil ! » « Tu sais comment ça se passe, Phyllis… tu joues, tu gagnes, tu biberonnes et après je dois te virer… Mais cette fois, tu remets plus tes foutus pieds de pochetron ici. » « Nom de Dieu, Jack, qu’est ce que tu dégoises ? » « Passe encore que tu tiennes plus debout, ou que t’insultes la foutue clientèle… mais hier, t’as essayé de tirer sur un gars juste parce qu’il te regardait… Je bénit le ciel que t’es été bourrée hier. T’es devenu incontrôlable, Phyllis, et moi, j’ai pas envie d’avoir un putain de cadavre dans mon foutu saloon. Donc tu dégages… et je te conseille de quitter la ville. Même si tu l’as pas touché, le branleur est rancunier, et il a plein d’amis. « Et merde… Ok, Jack, t’as raison… j’vais m’tirer de c’te ville de merde »
Et c’est reparti… De nouveau sur les routes… C’est toujours comme ça… J’arrive quelque part, je m’y sens bien. Je joue, après tout, c’est comme ça que je gagne ma foutue vie ; je gagne et je biberonne… Et je suis obligé de partir, soit parce que je gagne trop, soit parce que je biberonne trop… Si mon père me voyait, le pauvre en aurait une jaunisse.
Mon père… William Horatio L’Ange… Homme de bien, homme de foi, homme de pouvoir, là bas, dans l’Est. Une belle plantation de coton, plus de 500 esclaves, avant l’abolition confédérée de ’64. Et après, toujours la même plantation, mais avec 500 employés payés au lance pierre. Une belle demeure où les palétuviers se mêlent aux saules pour créer une atmosphère de verdure et de fraîcheur au milieu des bayous de Louisiane. Un bel endroit pour vivre, quand on est blanche et riche. Un bel endroit pour mourir à petit feu, aussi… Quand j’y réfléchis.
J’avais un bel avenir, d’après mon père : entrée dans le monde, bals divers et variés, fiancée a 20 ans, mariée a 21, certainement avec un des fils des plantations avoisinantes… Quel autre avenir pour une fille de roi du coton au physique quelconque ? Oh oui, je sais me regarder dans une glace. Je n’ai pas la beauté d’une Lola Montes… trop grande, trop solide… et trop maligne, aussi. Tellement maligne que mon père s’amusait de m’apprendre à compter, à me lire des livres d’histoire… Il a engagé un précepteur, aussi, jusqu’à la guerre. J’avais douze ans quand la guerre a éclaté. Mon père est aussitôt parti se battre, levant un régiment de ses voisins. Je me suis retrouvé seul avec ma mère, pauvre femme effacée qui ne comprenait rien à la tourmente qui s’était abattue sur le Sud. Notre contremaître commença à nous voler. Je le voyais, mais qui va écouter une petite fille ? La plantation commença à souffrir des effets du blocus yankee… des esclaves s’enfuyaient. Tout allait mal. Je continuais a surveiller le contremaître, jusqu’au jour ou, excédée, je lui dit que j’étais au courant de ses malversations et que dés le retour de mon père, celui ci le châtierait dés son retour. L’homme devint livide, puis se reprit, et commença a ricaner. « Et tu crois qu’il reviendra quand, ton père ? Tu crois que tu peux faire quelque chose, tant qu’il n’est pas là, petite salope ? » Jamais un homme n’avait osé me parler ainsi… Mon père éloigné, cet homme se permettait de me traiter comme quantité négligeable. De ce jour, une guerre larvée eut lieu entre nous. Mon père ne revenait pas et ses rares lettres ne nous parlaient jamais de son retour. Ma mère mourut dans l’intervalle, me laissant seule avec cet ignoble individu. Un soir, je l’entendis rentrer dans la demeure, il hurlait, visiblement saoul… Il… Bref, il suffit de dire que je m’enfuis le lendemain, en pleurs, déshonorée à jamais, en le laissant derrière moi, mort. Aucun homme ne m’a touché depuis… Et, comme le pauvre connard d’hier, aucun ne m’a plus jamais regardé d’une manière insultante. J’ai tué d’autres hommes, depuis…
J’avais 19 ans, je ne connaissais rien de la vie, protégée par ma naissance et la richesse de mon père. Et j’arpentais une nation déchirée par la guerre. Que peut faire une jeune fille, seule, sans argent, dans un pays qu’elle ne connaît pas ? Et bien, au début, elle se fait passer pour un homme. Histoire qu’on lui fiche la paix. Je n’étais pas très douée dans ce rôle, mais ça m’a permis de me faire des amis, des compagnons de route. Un vieux manchot, le vieil Achab m’a pris sous son aile. Il avait un regard qui perçait le moindre déguisement. Ce n’est qu’après deux ans de voyage dans toutes les terres contestées qu’il me dit qu’il m’avait percé a jour depuis le début. C’est lui qui m’a appris que si l’on est une femme, on a que deux armes : son cerveau ou son corps. Et comme le dernier n’était pas terrible, autant faire avec le premier !
Il m’appris d’abord à jouer au poker, a faire monter les mises en jouant de manière médiocre, puis a tout rafler sur la fin, avant de se carapater ventre a terre, poursuivi par le pigeon. C’est lui qui m’a tout appris de l’arnaque, du bluff, des coups bas à l’adversaire, et du tir vicieux sous la table quand ça commençait a sentir le roussi.
Mais toujours j’avais ces images qui revenaient… celle du contremaître sur moi… de moi qui le frappais et de lui qui riait… Un ou deux verre de bourbon, et les images disparaissaient… puis, il m’en fallut trois, puis quatre… Maintenant, le bourbon est la seule chose qui empêche les images de revenir… ça et le jeu…
Et puis, il y a quatre ans, il est mort… en me laissant un livre de jeu. J’ai perdu ce livre, au jeu, justement, mais j’y ai quand même appris deux trois trucs, qui aide une joueuse comme moi. Et moi voilà, Philadelphia « Phyllis » L’Ange, arpentant les saloons de l’ouest, acceptée et rejetée. Mais au moins, je suis libre. Et non, je ne suis pas retournée à la plantation… Je ne sais même pas si mon père est vivant. Deadlands : Reverend Cato Lynch« Dieu est là, il vous écoute ! Il entend vos paroles, voit vos actes, pleure devant vos péchés ! Rien n’échappe à la vigilance du Seigneur ! Ô Seigneur !! Ô Seigneur !!! Contemple ton faible serviteur et donne lui la force d’agir en ton nom ! Oui Seigneur, tu es la vie, tu es l’espoir, mais tu es aussi la colère, la divine colère qui s’est abattue sur les marchands du Temple ! et c’est toi, O Christ Roi, O Christ Vengeur qui m’aidera ce jour » « Mais ferme ta gueule ! » BLAM ! « Ouch ! » « Tais toi, impie ! Ne l’écoute pas, Ô seigneur ! Arme mon bras pour qu’il châtie l’incroyant ! Donne moi la force de purger le mal de cet homme possédé par le démon » BLAM ! « Agh… tu payera ça, prêcheur » « Que mon bras s’abatte sur les créatures qui hantent la nuit ! » BLAM ! « eurk… » « Que ta divine colère repousse les horreurs démoniaques !! » « BLAM ! » « … » « Répète, Etre Impie ! Alors que je marche dans la vallée de la mort… » « va… te… faire… foutre… » BLAM ! « hin… » « Répète ! » BLAM ! « mmm…. » « Alors que je marche dans la Vallée de l’ombre de la mort… » « Alors… que… je… aaahhnnn… marche… dans… la vallée… de l’ombre de la mort… » « Je n’aurai pas peur ! » « Je… n’aurai… pas… peur » « Car Tu es avec moi ! » « Car Tu es avec moi… pitié… » « N’ai pas peur, mon fils, n’ai pas peur !! Dieu va t’accueillir en son sein, Dieu va te pardonner tes péchés, car ton repentir est sincère ! » PAN !
« gloire à Toi, Seigneur, qui apporte Justice et Rédemption dans le monde. »
Sachez le, mes frères et sœurs, il y a des choses qui se cachent dans les recoins sombres, des choses qu’il vaut mieux ignorer, des choses qui glaceraient vos cœurs, si vous n’en aperceviez que l’ombre. J’ai vu des choses… j’ai vu une chose… et depuis je traque sans pitié les engeances du démon, qu’ils soient humains ou…
Révérend ? oui, tu peux m’appeler Révérend, mon fils. Car je suis prêtre, prêtre au service de Dieu. Et Dieu est venu a moi après une vie de péchés. Dieu m’a pardonné mes errances, Dieu pardonne tout, mon fils !
Dieu avait choisi de m’éprouver. Dieu avait choisi de me fortifier dans l’épreuve et la tentation. Et j’ai cédé, oh oui, j’ai cédé a la colère, a l’envie, a la cupidité, jusqu'à ce que Dieu me montre mes erreurs.
Mon nom est Lynch, Caton Lynch. Je porte le nom de mon ancien maître, et le prénom qu’il m’a choisi a ma naissance. Caton… J’espère être un orateur aussi brillant au service de Dieu que Caton l’a été au service de Rome ! Oui… Mon maître… Je suis né en Louisiane, dans une plantation de tabac. Oh, oui, je me souviens encore des contremaître, des punitions. Notre maître était dur, très dur, et c’est la première épreuve que m’a imposé Dieu. La servitude, comme il l’a imposé a son peuple en Egypte ! A huit ans, j’aidais a porter les balles de tabac, j’aidais a rouler les cigares, accompagné par les chants de mes camarades ! Certains s’enfuyaient, la plupart étaient repris et battus. Le nord était pour nous un pays de cocagne, un paradis, un Israël ou coulait le lait et le miel. J’ai vu le nord, depuis, et il y a autant de mauvais hommes que dans le sud… Et aussi peu d’hommes bons. Je me suis enfui, moi aussi, à l’age de 10 ans, quand ma mère a été vendue dans un autre état. Je voulais la retrouver. Je suis parti comme ça, sur un coup de tête, sans réfléchir… sans même savoir ou elle était. J’étais un enfant, je n’avais pas encore rencontré Dieu. Je fus rattrapé par les traqueurs de mon maître, qui se mirent a me battre sous les yeux d’un pasteur baptiste, le Révérend Jamie, qui les arrêta et m’acheta à mon maître, heureux de se débarrasser de moi. Il habitait dans le Missouri, et il m’a emmené la bas.
On pourrait croire, mon fils, que ce pasteur fut ma rencontre avec Dieu. Mais il n’en fut rien. Oh, je n’étais plus esclave, je ne travaillais plus dans les champs. Mon nouveau maître, car même si il m’avait émancipé, il restait mon maître, m’apprit à lire, à écrire, il m’apprit l’Histoire, le calcul, la bible. Et il me battait quand mes leçons étaient mal apprise, quand je jurait, quand je manquais de respect envers la sainte bible. J’en vint à détester Dieu. Oui, mon fils, cet homme, ce prêtre, me fit détester Dieu. A cette époque, je n’avais pas compris que les meilleures leçons s’apprennent dans la douleur, dans l’épreuve. Je n’avais pas saisi le bien fondé de ses méthodes. Je ne voyais que la souffrance que je recevais, et non pas l’amour qui etait derriere chaque lecon. J’assimilais Dieu aux coups. Ce prêtre que je détestait cherchait a m’améliorer, ses coups étaient là pour me forcer a atteindre l’excellence. Mais qu’en savais je ? que peut comprendre un enfant devant la bonté cachée d’un homme. Je suis retourné voir ce prêtre, après… Il a pleuré de voir en moi un homme de Dieu. Nous avons parlé et je lui ai demandé pardon de l’avoir hait… et de m’être enfui.
Car je me suis de nouveau enfui. Non pas pour retrouver ma mère. Mais pour fuir cette vie austère faite de leçons et de coup. A quinze ans, on veut vivre, et l’Amour de Dieu ne peut que difficilement refréner les assauts de la jeunesse.
J’avais pris soin de prendre mes papiers d’émancipation. C’était avant l’acte d’émancipation de Davis. On devait être en 51 ou 52. Je suis parti vers le nord ou, m’avait on dit, les hommes noirs étaient libres. Et oui, ils étaient libres… libres de creuser les latrines, de travailler comme des bêtes dans des usines pour des salaires de misère. Libre, mais pas vivant. Et j’avais envie de vie.
Je suis parti là ou tout est encore a faire, à l’Ouest. En chemin, je faisais toute sorte de boulot : manutentionnaire, courrier, larbin de toute sorte. J’ai aussi appris a me servir de mes poings, dans des bagarres de saloon. Oh oui, j’étais un pécheur, un vaurien.
Ca a duré jusqu’en… 58 ou 57. C’est là que j’ai rencontré Marcus Wainwright III… ou en tout cas, c’est comme cela qu’il se faisait appeler. C’était un genre de charlatan comme on en trouve plein a l’ouest. Tu sais… le genre qui va te vendre un mauvais tord boyaux parfumé aux herbes en te vantant ses vertus curatives, celui qui va réussir à vendre du matériel de tricot à la pire des brutes. J’avais jamais vu un homme parler comme lui. Oh, le pasteur qui m’a élevé était un homme éloquent. Mais là ou il s’adressait à l’esprit de sa congrégation, Marcus s’adressait a leur cœur, à leur tripes. En fait, Dieu a certainement mis Marcus sur mon chemin d’épines pour m’apprendre comment toucher le cœur des hommes. Si l’enfer est pavé de bonnes intentions, n’oublie pas que le Seigneur avance par des voies mystérieuses.
Et je me suis fait avoir… J’ai acheté son remède miracle. Et j’ai failli en crever. Vois tu, pour la plupart des gens, ce remède ne leur faisait rien. Mais moi, il devait y avoir quelque chose dans cette boisson qui me détruisait lentement. Une fois remis, je me suis mis au trousse de Marcus, histoire de lui mettre une dérouillée. Le pardon n’était pas alors une de mes qualités. Et le pardon ne peut intervenir que si l’impie a compris ses errements !
Je l’ai rattrapé prêt d’un patelin appelé Salvation, au Texas. Il était en plein dans son boniment, et je suis intervenu. Les gars du cru lui ont fait passer un sale quart d’heure, et moi, je jubilais dans mon coin. Apres s’être bien fait tabasser, Marcus m’a regardé en souriant… avec trois dents en moins. Imagine, mon fils, de voir ce pêcheur, cet homme qui ne vivait que de la crédulité des autres, sourire au responsable d’une des plus belles dérouillée de sa vie. Je me suis approché de lui, prêt a lui en mettre une. Et là, il s’est adressé a moi. « Du calme, mon gars… vu mon état, je sentirai pas ta beigne… Aide moi plutôt a me lever. » « J’vais vous laissez crever, oui ! » « Libre a toi… moi je t’en veux pas, c’est les risques du métier. Si on se fait chopper, faut payer les conséquences. Et là, crois moi, je préfère ça au goudron et au plumes… Allez, aide moi a me relever. » Je l’aidais, sans trop savoir pourquoi. « T’es le Negro a qui j’ai vendu mon remède y’a quinze jours, c’est ça ? » « Ouais, fils de putain ! » « Ah, mes erreurs me rattrapent… Ecoute petit, ça te dirai de m’aider ? Je me fait vieux, et j’aurai personne pour reprendre ma caravane » Je venais de faire donner une bonne leçon a ce type, et il me proposait une vraie situation… Si j’acceptais, fini les boulot mal payés, sous les ordres d’un patron… Je serai vraiment libre. Donc j’ai accepté.
Oui, je me suis enfoncé dans le péché et la tromperie. Notre accord était simple : il m’apprenait son métier, me formait dans sa branche de « commerce » et moi je le défendais contre les gars qui, comme moi, s’étaient fait rouler. Simple, non ? Et j’ai appris. Et d’ailleurs, sans lui, comment pourrais je m’adressait aux congrégations, comme je le fais, comment pourrais je dénoncer les engeances du malin qui se dresse sur notre route ? Marcus était un homme intéressant : menteur, escroc, et malhonnête, mais jamais dénué d’un certain sens moral. Il refusait de vendre sa camelote quand les gens étaient vraiment dans la peine. Il ne la vendait qu’aux trous du cul dans mon genre : ceux qui pensait qu’il fallait autre chose que l’Amour du Seigneur pour trouver du courage. Il chiquait en permanence, mais refusait de boire la moindre goutte d’alcool. Il allait voir les prostitués, mais les traitait toujours avec un respect rare. Crois moi mon fils, j’ai connu parmi ces pécheresses autant de bonté qu’ailleurs. Ce n’est pas notre métier qui fait de nous un homme plus ou moins bon… sauf les avocats, bien sur. Un an après, la guerre éclatait. Ni lui ni moi n’avions envi d’être recruté, alors on s’est taillé a l’ouest, encore plus a l’ouest. Jusqu’en Californie. On avait appris qu’on pouvait peut être arnaquer les chercheurs d’or. Ca marchait bien. Mais on continuait de bouger. Et encore une chance qu’on soit loin de la Californie quand il y a eu le Grand Tremblement. Tu sais, le truc qui a mis la moitié de l’Etat dans l’eau. Le révérend Grimme, le gars qui a fondé la Cité des Anges, dit que c’est en punition des péchés des habitants. Mais je ne pense pas. Oui, Dieu est vengeur, Dieu peut être colère. Mais Dieu aurait il en détruisant la Californie permit que le Mal se répande encore plus ? Non, mon fils, le Grand tremblement est l’œuvre du démon.
A partir de cette époque, tout a commencé a être plus dur pour nous. Les gens dans les ville que nous traversions étaient plus méfiants, quand nous campions au bord de la route, nous entendions des cris étranges, et nous trouvions, au matin, des traces immondes… Et en 70, Marcus est mort.
Il n’est pas mort de sa belle mort, non. Il a été tué par un groupe d’injuns. Des pawnees, je crois, mais je ne connais rien a ces sauvages sans Dieu, dans la nuit du 31 octobre. Les sauvages m’ont laissé, je ne sais pas pourquoi. Ils ont tirés leur volée de flèches, puis ils sont repartis dans la nuit. En y réfléchissant, je crois qu’il s’attendaient a autre chose qu’a des hommes… Le lendemain, je creusais la tombe de Marcus. Je l’enterrai l’après midi. Par respect, je me souvins d’une des prière que m’avais appris le Révérend Jamie, que je récitais sur sa tombe. Je décidais de veiller sa tombe, puis de partir au matin, maintenant maître de la caravane.
J’étais en train de remuer le feu quand j’ai entendu des craquements. J’ai cru au début que ces maudits païens étaient de retour, mais rien n’était visible sur la plaine, qu’une pleine lune blafarde éclairait. Je pris mon colt, et, me mit dos a la caravane. C’est là que je vis une chose qui fit se dresser les cheveux sur ma tête… et les fit blanchir prématurément… la tombe de Marcus s’agitait. La croix de bois que j’avais dressée tanguait comme si le vent la fouettait. Puis la terre remua et une main couverte de crasse en sortie. J’étais pétrifié, mes mains serraient mon colt nerveusement, sans croire mes sens. La tête de Marcus émergea. Ses yeux vides me fixèrent et sa bouche s’ouvrit dans un rictus immonde. Figé, je voyais la créature sortir de terre, se redresser et avancer vers moi, une faim étrange dans le regard. Tremblant, hurlant, je lui vidais mon chargeur dans le corps jusqu'à ce que j’entende le cliquetis du percuteur frapper a vide. Il était sur moi, je sentais la terre et la putréfaction. Je priai le Seigneur. Et le Seigneur m’entendit, et pardonna mes erreurs. L’image du Révérend Jamie s’imposa a moi. Et je commençais a chanter un cantique qui me revint dans l’esprit. Et, au son de ce cantique, la chose recula. Ma foi me transportai, je me sentais revivre a chaque parole de ce cantique, j’avançai. Pour chacun de mes pas, la chose recula.
Puis j’entendis les cris de guerre des païens, alors que la chose qui avait été Marcus tentait de s’approcher une nouvelle fois, et une nouvelle fois fut repoussée par la puissance de Dieu. L’un des indiens tira une balle dans la tête de Marcus, balle qui lui fit exploser la cervelle. La chose tomba, pour ne jamais se relever, l’ame de Marcus enfin en paix. Je tombais moi aussi, évanoui. Je me réveillai dans la demeure d’un indien. L’homme était vieux. Cela faisait trois jours que j’étais inanimé. Mes cheveux étaient devenus blanc comme neige. J’avais 34 ans. Les indiens m’ont soigné, puis j’ai repris ma route. Nous n’avons pas parlé. Ils m’avaient vu résister au monstre, et c’est ce qui m’avait sauvé.
Mais Dieu était avec moi, désormais. Dieu ne m’avait pas abandonné face a l’adversité. Allais je reprendre ma vie de péché ? Je décidais le contraire. Je rentrai dans l’Est ravagé par la guerre. Je rencontrai des pasteurs, des congrégations, je retournai voir le révérend Jamie, et lui racontait ma vie. Là, je fut baptisé de nouveau, immergé dans les eaux rédemptrices qui me lavèrent de mes péchés.
Et depuis, mon fils, je prêche la parole de Dieu, donnant aux incroyants une parcelle de l’Infini Pardon Divin… et punissant les incroyants et les blasphémateurs !! Deadlands : Mei-MeiVous savez mon oncle, cela fait des années que je n’ai pas vu la mer… Je me souviens du temps ou j’étais petite, quand mon père, votre frère, après sa journée de travail dans son atelier, me prenait par sa main sèche et, en souriant, m’emmenait sur les docks pour me montrer les navires. Il y en avait de tous les pays : anglais, français, russes, américains. Les jonques et voiliers côtoyaient les lourds navires a vapeur. Les marchandises s’entassaient sur les quais, avant d’être transportées dans les entrepôts de la ville. Mon père parlait souvent du temps d’avant, ou on voyait moins de bateaux européens. Il disait que le pays était fichu, que l’empereur avait perdu le mandat céleste. Mais il disait cela a voix basse. Moi, j’étais petite, et le monde était merveilleux à mes yeux. De temps en temps, vous arriviez de l’intérieur des terres, après avoir parcouru les campagnes. Je ne comprenait pas, à l ‘époque, ce que vous faisiez ; ce que cet homme, vêtu simplement, pouvait avoir d’important. Maintenant, je comprends… Depuis toute petite, vous m’avez façonnée, sans que je m’en rende compte. Vos exercices, ceux que vous demandiez a mon père de me faire faire, en les faisant passer pour des jeux…
Je devais me marier le jour de mes seize ans, avec un ami d’enfance. Vous vous souvenez ? Yu-Lang ? Nous jouions ensemble depuis tout petits… c’était mon ami… Il me manque, parfois. Il ne voudrait plus de moi, maintenant… Ses parents étaient marchands, avec deux entrepôts sur les quais de Shanghai. C’était eux qui vendaient les produits de mon père aux occidentaux. Ils étaient riches, et notre mariage avait été arrangé depuis notre naissance. Yu-Lang avait quatre ans de plus que moi ; il me rassurait par son sourire, me faisait rire par ses paroles. Puis il a changé.
Notre pays est ancien, très ancien. Et ses maux sont nombreux. Certains sont aussi anciens que lui, d’autres sont nouveaux. Vous combattiez les Qing… Et ceux-ci ont pourtant essayés de sauver Zhonghuo… Mais que pouvaient ils faire contre l’Opium. Mon ami a découvert l’opium et il a commencé à chevaucher le Dragon. Et le Dragon l’a avalé, laissant derrière lui une coquille vide, sans sourire sauf celui béat de l’homme rassasié par la drogue. Son regard se vida, il maigrit, commença à voler de l’argent a ses parents pour obtenir ses courts instants de bonheur factice. Un mort-vivant, plus préoccupé par sa prochaine pipe que par sa famille, sa vie… moi… Il est mort deux mois avant notre mariage. Nos deux familles furent déchirées, détruites par ce coup du sort. Il a été tué par un coup de couteau. Un matelot anglais, lui aussi ravagé par la drogue. Ce fut le déclic dans l’esprit de mon père. La Chine sombrait. Selon lui, les étrangers allaient bientôt s’en emparer et l’Empereur ne pourrait rien. Il voulait avoir un avenir pour sa famille. Je suis désolé de vous rappelez des choses que vous saviez déjà… mes épreuves me font parfois parler toute seule.
Il vendit son atelier, celui que votre père tenait déjà, et nous partîmes pour l’Amérique. Là-bas, ses cousins gagnaient beaucoup d’argent avec les chemins de fer. Juste avant notre départ, je me souviens de vous avoir vu, parler à mon père, en me regardant alors que je pleurais la mort de Yu-Lang.
Je me souviens du jour ou nous sommes arrivés à San Francisco en 1866. C’était le jour de mes seize ans, le jour ou j’aurai du épouser Yu-Lang… Au début, mon père avait voulu refaire de la céramique, mais il a vite compris qu’une usine pouvait faire la même chose. Moins bien, bien sur : moins bien fini, moins bien formé, mais beaucoup moins cher, aussi. Personne ne venait lui acheter ses produits. Alors il partit travailler sur les chemins de fer, en nous laissant à la garde de ses cousins, qui tenaient une blanchisserie. Nous les aidions, portions les lourds paquets de linge mouillés, vivions dans une atmosphère de chaleur humide parfois pénible. Mais nous vivions. J’oubliais Yu-Lang, dans les deux ans que nous passâmes dans cette laverie. Notre père nous faisait parvenir une partie de son salaire, et tout allait bien.
Je commençais à apprécier la vie en Californie. Je me forçais à apprendre l’anglais, langue que je trouvais barbare et inélégante, mais qui était nécessaire. Bien sur, j’aurai pu faire comme tous les autres chinois en exil et rester parmi les miens, mais j’étais curieuse de tout. Cela m’a donné mauvaise réputation… Vous m’aviez toujours dit qu’il fallait toujours apprendre de tout. Et je suivais vos conseils, mais les autres han me voyaient comme une étrangère, une fille maudite qui avait perdu son fiancé et qui oubliais la Chine… Parfois, je songeais a ce qu’aurai pu être la vie avec Yu-Lang, mais il n’était plus qu’une ombre. L’opium était là, aussi, en Amérique, mais c’était les blancs qui en étaient les victimes, après en avoir été les pourvoyeurs les plus acharnés dans mon pays. Au loin, à l’Est, une guerre faisait rage, mais la Californie était épargnée, loin de ces bains de sang continuels.
Jusqu’en 1868… Vous étiez déjà arrivé en Amérique, vous dites ? Vous étiez à la recherche de mon père dans les Rocheuse ? Il y a toujours eu des tremblements de terre… Nous y étions habitués, à San Francisco… Je n’étais pas à Chinatown ce jour là. J’accompagnais l’Empereur dans sa tournée habituelle. Nous avions pris l’habitude de discuter, lui et moi. Un des rares blancs à ne pas être condescendant envers les chinois, et à nous respecter. L’Empereur ? C’était un de ces fous que l’on croise parfois, plus gentille qu’autre chose. Mais sa folie était spéciale… On y croyait presque. Il ne réclamait rien, si ce n’est le respect du à son « rang ». Je l’aimais bien. Il m’a sauvé la vie ce jour là… Il m’a poussé alors qu’un bâtiment s’effondrait sur moi. Je me souviens de son visage apeuré, des gens qui hurlaient, courant en tout sens. Nulle part ou se réfugier, partout la mort et la désolation. Encore aujourd’hui, je me demande comment j’ai pu survivre… La chance, si l’on peut dire… Je me souviens avoir perdu connaissance, et m’être réveillé dans un abri précaire, avec une femme souriante qui me donnait à boire. Ma tête me faisait tellement mal que j’en pleurai. Le breuvage de la femme me fit dormir… C’était de l’opium liquide, mon oncle… On détruisait ma volonté… Je fut battue… violée… vendue a des hommes sur le trajet en direction de l’est. Quand je me rebiffais, on me battait de nouveau, m’assommait de coup, me droguait. Arrivée à Deadwood, je n’étais qu’une loque… j’avais oublié l’anglais, pleurait en permanence, cherchait ma mère, mon père… Et de nouveau les coups, de nouveau la peur, de nouveau les viols et la prostitution. J’avais sympathisée avec une autre femme, dans le même cas d’infortune que moi. Elle est morte de malnutrition. J’ai vu celui qui nous dirigeait, nous vendais, prendre son corps et la jeter dans des flammes. Un autre homme s’est interposé, mais il n’a rien pu faire. J’étais sans espoir. C’est là que je vous ai vu, mon oncle… et que vous m’avez vu.
Qu’avez-vous pensé, en contemplant ma déchéance ? Je me souviens que je ressentais plus de honte que de soulagement… J’avais peur, j’étais souillée, je le suis encore… Ce soir là, vous êtes venus me voir, en vous faisant passer pour un client. Et vous m’avez expliqué que je pouvais me libérer seule, avec votre enseignement. Alors j’ai réfléchi… Tout les jours je vous voyais, tous les jours je vous implorait de me libérer, et tout les jours vous me disiez que c’était a moi de le faire… Et un jour, vous avez disparu…
Et en disparaissant, vous m’avez réveillée.
Je ne vous raconterai pas comment je me suis enfuie, ni le nombre d’hommes que j’ai tué. Je recommencerai si il le faut. Je n’ai pas votre calme, votre sérénité. Peut être en vieillissant deviendrai je comme vous ? Mais pour l’instant, je veux oublier le passé, aller de l’avant, prouver au monde que j’existe et que plus personne ne pourra me forcer a quoi que ce soit. Au revoir mon Oncle… Je pars pour l’Ouest dés ce soir. Je veux voir le monde. Je reviendrai un jour dans la 37ème chambre. April 14 TurquerieIl advint donc que les sires Florimond-Antoine Hélion de Baranveil, et Henri Chasseloup de Vogüé, accompagné de Mademoiselle Blanche Donnadieu de la Guérroniere, et du soudard Perrinet d'Alreto, bâtard de Châtillon avait accompli les dernières volontés d’un mourant, en retrouvant son fils.
Ayant ainsi répondu aux désirs de Monseigneur de Guise, Cardinal de Lorraine, ils s’en revenaient vers Paris, afin de rejoindre l’Hôtel du père de la Baronne de Sanceny. Un froid glacial régnait alors sur le royaume, et c’est avec soulagement qu’ils parvinrent au couvent de Breuil-Benoit, où ils trouvèrent l’hospitalité. L’abbesse était une femme d’une grande religion, et qui la vivait grandement : sa table et sa mise étaient luxueuses, ce qui ne manqua pas d’étonner les compagnons, partisans quand a eux, à l’instar des disciples de Calvin, d’une plus grande rigueur dans la vie religieuse. Mais ils se comportèrent comme des gentilshommes et firent honneur à la table de leur hôtesse.
C’est là qu’ils firent la connaissance de Monsieur de Bettignies, noble catholique récemment parti de Paris, qui leur annonça que la ville avait été assiégée par les troupes de l’armée des Princes. Il avait d’ailleurs reçu une balle d’arquebuse lors de son départ. Condé et ses hommes voulant ainsi s’emparer de la personne du Roy.
Ils décidèrent alors de rejoindre l’armée catholique, contournant ainsi Paris. C’est alors que la mère abbesse leur fit part de son inquiétude pour l’un des siens amis, visitateur de la Compagnie de Jésus, le Père Peyretuse. Celui ci, parti de Paris dans les mêmes circonstances que Monsieur de Bettignies, n’était point arrivé au couvent.
Charmé de l’hospitalité de l’abbesse, les gentilshommes acceptèrent de mener cette recherche. Dans la nuit, malgré les injonctions salaces de ses compagnons, Monsieur de Vogüé ne tenta pas de rejoindre l’abbesse, qui montrait pourtant beaucoup de souplesse dans la pratique de la religion.
Le voyage du lendemain se fit sous un grésil rendu encore plus pénible par le vent glacial qui fouetta les compagnons jusqu’au tréfonds de leurs os. Dans chacun des villages qu’ils traversaient, nul parmi les paysans transis de froid n’avait vu ou entendu parler du passage d’un prêtre jésuite. Dans l’un de ses villages, assistant a une querelle entre le curé et un homme qui chassait le lapin dans le cimetière, Monsieur de Vogüé, n’écoutant que son bon cœur et sans saisir le ridicule et l’abaissement qui pouvait naître de son implication, essaya de calmer les esprits et proposa un compromis. Ses compagnons, rieurs et méprisant devant les discours de l’homme de loi, prirent de l’avance, se gaussant des plaidoiries lagomorphes de leur ami.
Celui ci ne tarda pas à les rejoindre en grommelant. C’est alors qu’une troupe d’une demi douzaine de cavalier se présenta devant eux. Fort bien vêtus, le visage caché par un masque de soie, le cavalier de tête se décoiffa. Mais, avant même d’avoir pu, a défaut de se présenter, faire montre de ses manières, il fut interrompu par Monsieur de Baranveil qui, fidèle à sa nature vive et querelleuse, le traita de brigand et de voleur. L’autre s’en offusqua, en gentilhomme qu’il était. Monsieur de Baranveil lui dit alors qu’un gentilhomme doit se présenter. L’autre lui rétorqua que si il portait un masque, cela était précisément pour que nul ne le reconnaisse, et que cette remarque témoignait de la sottise de son auteur. L’homme masqué proposa alors a Monsieur de Baranveil de croiser le fer à la première occasion, et qu’il porterait à cet effet une croix blanche sur son chapeau. Monsieur de Baranveil accepta, persuadé, en raison de cette référence a une croix blanche, d’avoir affaire à un huguenot. Les cavaliers s’enquirent alors d’un prêtre jésuite, mais les compagnons purent répondre de bonne foi qu’ils n’en avaient point vu. Chacun repartit donc de son coté, fort courroucé de la rencontre. Le cavalier masqué, cependant, loua fort courtoisement la beauté de Mademoiselle de la Guérroniere.
C’est dans le hameau de Saussay qu’ils retrouvèrent la trace du visitateur. Le curé du village avait en effet sous sa garde le serviteur de ce dernier, grièvement navré lors d’une rencontre avec des caïmans. Monsieur de Vogüé, examinant les blessures, infectées et purulentes, ne put que constater l’état d’agonie. Il parvint cependant à lui faire reprendre ses esprits. L’homme, rendu délirant par la fièvre qui provenait de sa blessure, leur dit que son maître était vraisemblablement mort, mais qu’il avait sur lui une lettre de la plus haute importance, qu’il appelait dans son délire « la Lettre du Grand Turc. » Il put cependant leur indiquer le lieu de l’attaque.
Dés le lendemain, les compagnons se retrouvèrent sur la scène de l’agression, simple chemin forestier au cœur du bois de Saussay. Apres moult atermoiements, ne voyant pas le corps du visitateur Peyretuse sur le chemin, il se résolurent, leur courage et leur sens retrouvés, à s’aventurer, Ô courage indicible, dans les sous bois proches. C’est là que, dissimulés par les fougères, ils retrouvèrent le malheureux. Monsieur de Baranveil, habitué des batailles, et Monsieur de Vogüé, carabin, essayèrent, chose étrange, de deviner depuis combien de temps avait eu lieu la mort, certainement peu confiant dans les paroles d’un serviteur lui même mourant, mais le froid, en s’emparant du cadavre, avait rendu les choses impossible. Monsieur de Baranveil parla alors, sous l’œil un peu perdu de ses camarades, de mouches, pestant contre la rigueur hivernale. Cependant, des traces s’éloignaient du cadavre, traces qu’ils se résolurent de suivre.
La piste les mena dans un hameau abandonné lors d’une peste. Les bâtiments, éventrés et en ruine, avaient depuis longtemps laissé place aux herbes folles, et seul le moulin, d’ou s’échappait un filet de fumée, montrait des signes d’une activité quelconque. Monsieur de Vogüé, et Mademoiselle de la Guérroniere, habituée à la discrétion lors des terribles conflits qui peuvent surgir à la cour, s’avancèrent dans le plus profond silence pour évaluer la menace des caïmans. Hélas, Dieu, ou la maladresse de Monsieur de Vogüé, firent que celui ci fit tant de bruit qu’on l’entendit jusqu’au moulin, d’ou sortirent deux hommes à la mine peu amène. Monsieur de Vogüé, une nouvelle fois la langue bien pendue, tenta, le croirez vous, de parler avec ces hommes, qui le dépouillèrent, sans que ses compagnons ne réagissent. Ce n’est que lorsque l’un d’eux s’avança, sortant son couteau dans le but évident de trancher la gorge du magistrat, que Perrinet D’Alreto fit feu de son arquebuse, atteignant le malandrin à la main. Mademoiselle de la Guérroniere, faisant de même feu de son pistolet, ne réussit cependant pas à atteindre sa cible. La vie de Monsieur de Vogüé était sauve.
Aussitôt, monsieur de Baranveil surgit des sous bois, courant en direction des deux hommes, et des nouveaux arrivants : deux autres hommes, ainsi qu’une femme, venait de sortir du moulin, attiré par le coup de feu. Une féroce bataille s’engagea. Mais que peuvent quelques caïmans contre deux hommes d’armes entraînés et féroces ? Monsieur de Vogüé, se saisissant du couteau destiné à l’abattre, acheva son adversaire à terre, tandis que monsieur de Baranveil expédiait le sien. La terrible zweihander de Perrinet tournoyait et tranchait têtes et membres. Ils réussirent à capturer la femme et l’interrogèrent. Pourquoi décidèrent ils en leur for intérieur qu’elle était parti prenante d’une conspiration visant a prendre une lettre ? Comme n’ont ils pas songé qu’une telle femme, ne sachant ni lire, ni écrire, ne saurait parler d’une lettre ? Ses réponses incohérentes les poussèrent néanmoins vers un coin du moulin, ou les brigands entreposaient leurs trésors.
Et quel trésor, car il y en avait pour plus de 200 Livres de rapines !! Bijoux, argent, armes ouvragées s’entassaient. Et au milieu, dans un maroquin au cuir rehaussé d’or, écrit dans une écriture sarrasine, la lettre du Grand Turc. Ils trouvèrent également, pendus à un crochet, un jeune enfant encore dans ses langes, hurlant à pleine voix. En sortant du moulin, ils eurent la surprise de voir arriver une cavalcade d’homme d’armes, dont l’officier portait le foulard rouge des officiers royaux. Se montrant peu menaçant, mais ferme, les cavaliers les entourèrent. Nul doute qu’ils n’aient été attirés par les coups de feu.
« Messires, au nom du Roy, je vous demande de me remettre immédiatement une certaine lettre en votre possession ». Les compagnons restèrent interloqués, visiblement peu au fait des implications politiques d’une lettre du Grand Turc. « Messires, je regretterait d’avoir a demander a mes compagnons de vous arracher cette lettre de force, mais je suis ici envoyé à la demande du connétable de Montmorency, et donc sous ordre du Roy. »
Ces paroles à peine prononcées, une nouvelle troupe fit son apparition. Ses visages masqués de velours furent immédiatement reconnus par les gentilshommes, qui, entre eux, dirent que les huguenots arrivaient, sans même que rien ne l’indique. D’un ton hautain, le nouveau venu prit la parole : « Messires, je suis fort aise de vous retrouver. Réfléchissez à ce que vous allez faire. Mon maître, Monseigneur le Duc de Guise, souhaite avoir cette lettre également. Aussi, ne prenez pas de décisions trop hâtives » « Monsieur, je ne vous connaît point, mais je suis ici sur ordre de la Royne Mère, Régente du Royaume. Ces personnes doivent me remettre cette lettre » « Par ma foi, Monsieur, si Monseigneur le Duc de Guise veut quelque chose, il l’obtient ! » L’officier du roi regarda alors de plus prêt l’homme masqué et sembla le reconnaître.
« Pierre ? Mon ami, est ce vous ? » « Pardieu, a quoi cela sert il de se déguiser comme une femme si chacun peut vous reconnaître ! Et bien soit, Philippe, c’est bien moi ! Messieurs, Mademoiselle, puisque le capitaine Strozzi m’a ainsi reconnu, je peux bien me présenter à vous. Pierre de Bourdeil, abbé commendataire de Brantôme et fidèle de Monseigneur le Duc de Guise. Alors, maintenant que je me suis présenté, pourriez vous, s’il vous plait, me remettre cette lettre. Je ne souhaite pas vous navrer » « Pierre, je n’aurai jamais du vous parler de cette lettre » « Mon cher Philippe, en politique comme en amour, on doit oublier l’amitié, et certains, et pas les plus malheureux, oublient parfois la fidélité. Mais pour t’apaiser, j’ai une proposition à vous faire. Pourquoi ne pas faire régler cette querelle par nos maîtres ? Retournons au camp du Roy, et demandons à Messeigneurs de Montmorency et de Guise ce qu’il convient de faire. » « Voilà qui est bien pensé, Pierre. Messieurs, vous êtes sous notre protection »
Et c’est ainsi qu’escorté par les gendarmes du Roy et ceux de Guise, nos compagnons avancèrent en direction de Dreux. La brume était épaisse, et le froid toujours aussi mordant. Mais la panique s’empara des compagnons, et de leur escorte, quand, la brume se levant, ils constatèrent qu’ils se trouvaient entre l’armée des Princes, et l’armée Royale. Aussitôt une féroce cavalcade s’engagea, en direction de l’armée catholique, sous les boulets et la mitraille des deux armées. La compagnie de gendarme fut décimée, mais nul, parmi les compagnons, ne souffrit de blessures.
Monsieur de Bourdeil, abbé de Brantôme, se tourna alors vers Messieurs de Baranveil et d’Alreto. « Messires, la bataille va s’engager. Suivez moi et rejoignons les troupes de Guise. » « Non, messires, vous pourrez mieux servir dans les troupes de Monsieur de Montmorency », leur indiqua le capitaine Strozzi.
Peu soucieux des implications politiques de leur geste, les deux combattants suivirent celui que la postérité connaîtra sous le nom de Brantôme, et parvinrent à la tente du Duc de Guise. Ce dernier, entourés de ses fidèles, se prélassait dans l’attente de la bataille. Au dehors, les évènements se précipitaient : les troupes de Monseigneur le Prince de Condé venait d’enfoncer les troupes suisses. Les estafettes allaient et venaient dans la tente du Duc de Guise, lui apportant les désastreuses nouvelles de la bataille, sans que celui ci ne s’en émeuve. Ce n’est que lorsque l’on apprit que les suisses, enragés par l’arrivée des lansquenets, s’étaient repris et relançaient une offensive, que Monseigneur de Guise décida de rejoindre la bataille. Les implications politiques d’un tel choix étaient évidentes, et nos compagnons les saisirent, mais sans saisir l’essentiel, a savoir que le camp catholique était divisé et que donner la lettre a l’un ou a l’autre revenait à choisir son camp de manière irrémédiable.
Pendant ce temps, Monsieur de Vogüé, horrifié et troublé par la bataille, première bataille réelle auquel il assistait, prenait seul la décision de se rendre chez la Royne Mère. Mademoiselle de la Guérroniere s’opposa à ce mouvement, en lui demandant ce qu’il comptait lui dire. Par une précaution étrange, il confia la lettre à la demoiselle, avant de rejoindre la reine.
Etant introduit en sa présence, il n’eut pas le temps d’articuler un mot qu’il se vit ordonner d’apporter immédiatement la lettre. Sans autre choix, il revint vers Mademoiselle de la Guérroniere, qui refusa de la lui remettre. Les palabres durèrent suffisamment pour que la Reine Mère, sortant de sa tente comme une furie, vienne se mêler à la conversation et appris la raison du délai. Regardant Mademoiselle de la Guérroniere, et gravant son visage dans son esprit, elle lui ordonna de lui remettre la lettre. L’hésitation de la demoiselle signa le destin de celle ci.
La bataille tournait de nouveau à l’avantage des catholiques. Monsieur de Baranveil réussit à capturer Monseigneur le Prince de Condé, lui infligeant ainsi une deuxième offense, mais confia celui ci à la garde de Monseigneur de Guise, qui lui en su gré. Cependant, Monsieur de Guise fut fort marri, tout comme Monsieur de Baranveil, d’apprendre que Monsieur de Vogüé avait donné la lettre à la Reine. Il se jura de récompenser ce dernier comme il se doit.
Et c’est ainsi qu’il fut que Monsieur de Vogüé, délaissant la clientèle de Monsieur de Sanceny, se plaça sous le patronage de la Royne Mère; C’est ainsi que Mademoiselle de la Guérroniere s’attira elle sa vindicte d’Italienne ; et c’est ainsi que Monsieur de Baranveil, par sa capture du Prince de Condé, attira l’attention du Duc de Guise mais, blessé pendant la bataille, ne pus immédiatement répondre a la promesse faite à l’abbé de Brantôme. Quand à Perrinet, ses liens avec Monseigneur de Châtillon ne sont plus à montrer. March 16 quand les souvenirs remontent aujourd'hui, alors que je regardais le 18e épisode de la saison 4 de Galactica, j'ai eu un gros flash souvenirs sur ma première année de fac. Cette année ou, sage comme une image, j'ai passé mon temps a étudier, sans jamais sortir quasiment de l'année. Je me souviens des choses simples que je faisais a l'époque, sans trop m'ennuyer (sauf les dimanches quand je décidais de rester pour travailler mes cours) : la journée, aller en cours (et oui, étonnant quand on connais la suite), le soir, manger au resto U, avec Max, Nassim, Vincent, Philippe, Julien, David, Manu; etc... quasiment des gens qui ont disparu de ma vie, a l'exception de Max, de Manu et parfois de Philippe, quand je le croise au hasard d'une déambulation parisienne. Puis, en général, nous allions dans l'une ou l'autre des résidences universitaire, regarder la TV, ou bien nous allions finir de causer chez Max ou Philippe. Pas de TV dans mon appart, pas d'ordinateur non plus, juste des livres pour m'occuper. Livres que je recuperai chaque semaine a la bibliotheque municipale de Macon. Je me souviens d'un apres midi d'été, d'une soirée post partiel, ou, assis sur la minuscule terrasse qui abrita apres nos débauches alcooliques et urinaires, j'avais lu la Chanson des Nibelungen, Bathory dans la platine de ma chaine, regardant de temps en temps le ciel bleu de Dijon. Peu de jeux de roles : aucun joueurs connu. Manu, peut etre, mais une ou deux partie dans l'année a Dijon. L'année suivante, je commencais a sortir, a aller en boite, ou je retrouvais parfois mon frère, et Mercedes... C'est en deuxieme année que je fis la rencontre de certaines personnes qui sont maintenant toujours mes amis : Ben, tout d'abord, chevelu et blondinet, puis Samuel, Nils... et Loic, bien sur. Là, le JdR explosa : INS/MV, shadowrun, Vampire, Werewolf. C'est là que j'appris rééllement a jouer, a reflechir sur un personnage. Et l'année d'apres naissait Lonch' : fetard, buveur, seducteur malheureux, gros lourd, avec un taux d'absenteisme en cours avoisinant le 80%. C'est là que je fis la connaissance de ceux qui allait etre mes compagnons de débauches pendant ces années. Pierre-Stéphane, perdu de vue depuis, Alexis, idem... En fait, tout ceux avec qui je faisait la chouille a cette époque ont disparu, eparpillé au quatre coins de France, ou simplement apres une discussion malheureuse, seuls sont restés les compagnons de JdR. La suite ne montra pas d'évolution sensible jusqu'a mon départ de Dijon. Voila, juste un revival de souvenir, des images qui m'ont traversé l'esprit ce soir. March 10 ouakances time !!Le moins que l'on puisse dire, c'est que les vacances, ça fait du bien !! Se lever a des heures indues, ne rien foutre de la journée, se contenter d'apprécier les instants qui passent, c'est pas donné a tout le monde. Combien ont besoin de faire absolument quelque chose, de rester actifs en permanence, sans prendre le temps de vivre, de rêver, de stagner lamentablement dans l'eau chaude d'un bain rempli de mousse, ressentant les affres du sachet de thé en train d'infuser, alors qu'un soupir d'aise s'échappe de lèvres tordues par un rictus de plaisir ? Et bien pas moi ! Je suis resté une heure dans le bain ce matin, me contentant de rajouter de l'eau chaude a intervalle régulier, lisant le splendide Preacher de Garth Ennis, avant de fermer les yeux et de rêver un peu. Et c'est géant, ca !!! A part ça, j'ai quand même activé mes muscles aujourd'hui : mangeaille avec des collègues de taf. J'ai appris deux trois choses qui me font penser que ma boite a encore trouver un nouveau moyen de faire de la sodomie a sec. Ma boite, c'est un peu la gerbille citée dans la préface de preacher : sociopathe, obsédée, équipée d'un casque de mineur et d'une lampe torche, et avec une vue direct sur mon trou de balle. Pour résumer, ils vont nous rajouter des objectifs qui, auparavant, n'étaient pas comptabilisés, dans le but quasi avoué de faire en sorte que nous ne remplissions plus nos anciens objectifs. En gros : adieu les primes, adieu les intéressements. Et la situation se corse, car il y a dégraissage dans la plupart des autres enseignes (chez nous, c'est l'inverse : tout le monde se casse volontairement). Déjà que ce boulot est quand même un peu stressant et avec des responsabilités certaines vis a vis des clients (ceux qui bougent, hein !!), on veut donc continuer a nous spolier de nos maigres revenus. Le bonheur, donc !! Mais je verrai ça a mon retour de vacances. Pour l'instant, c'est repos, repos, repos !!! Et preacher ! March 06 Update perso Ça faisait longtemps que je n'avais pas mis des choses sur moi sur
mon blog, me contentant de mettre mes nouvelles ou mes médiocres textes. Donc, petit update de ma situation perso. Après tout, ce blog est quand meme né d'un besoin de communiquer dans le vide, de vider mes entrailles et mon esprit, sans non plus tomber, comme j'aurai pu le faire a l'époque, dans l'auto apotoyement. Donc, bilan de l'année écoulé, avec un peu de retard : ce blog est né le 8 janvier 2008, et nous sommes le 6 mars 2009. Le bilan : année 2008 semi merdique. Merdique en raison de mes soucis perso, certes, aussi bien sentimentaux que professionnels (enfin mon manque de prsie de décision professionnelle). C'est pas facile d'oublier, de penser a autre chose quand on a aimé quelqu'un. Parfois, on crois que c'est passé, puis un regard d'une femme dans le metro, une odeur, ou juste un livre vont nous rappeler des souvenirs, ou pire, nous faire penser a ce qui aurait pu etre et n'a pas été. Et un an comme ca, c'est long. Alors, certes, au fur et a mesure du temps, ces sensations se font de plus en plus rare, de plus en plus dispersées, de plus en plus passagères. Jusqu'au jour ou l'on passe une semaine, puis un mois sans qu'elles ne reviennent. On oublie pas, mais les sentiments s'estompent, ne disparaissent pas tout a fait, mais deviennent supportables. Ca ne veut pas dire que l'on se sente encore pret a s'ouvrir au monde. J'ai pour ma part traversé, en décembre et janvier, une periode de repli sur moi, de perte massive de confiance. Heureusement, cette periode se finit, et j'ai une peche d'enfer, seulement temperée actuellement (je veux dire ce soir), par un sentiment de "et maintenant, je fais quoi ?", qui ne durera pas non plus. Mais pourquoi "semi" merdique. Et bien quand je regarde en arriere, je me rends compte que j'ai rencontré ou retrouvé, ou découvert des gens foncierement interessant autour de moi. Que cela soit au hasard du net, ou de la vie, j'ai fait des vrais rencontres authentiques avec des personnes formidables qui m'ont bien aidé, sans le savoir ou en le sachant, a me remettre d'aplomb. Maintenant, j'en suis au stade ou j'ai retrouvé une certaine confiance en moi, ou je me sens de nouveau bien avec moi meme. Je n'en suis pas encore au stade ou je suis pret a faire confiance de nouveau dans une femelle. Ouais, ce terme peut choquer, mais ca me passera et je retrouverai bien vite mon coeur d'artichaud qui, pour une fois, avait battu rééllement. Donc, merci a eux, a elles, et voila, voila... A part ca, je vous conseille la lecture du livre "La Vague". Il se lit tres vite et fait pas mal reflechir. February 23 Star trip IV : Rencontre de pleins de typesStar Trip IV : Unexpected Guests
Le capitaine Picrate se regarda une nouvelle fois devant son miroir, satisfait de ce qu’il voyait. Il y avait une femme à bord de ce vaisseau inconnu, on avait entendu sa voix et, si elle était bo… agréable à regarder, autant l’impressionner par son immense prestance dés le départ. Il avait donc mis sa tenue officielle, avec toutes les médailles reçues durant sa carrière : L’Aigle de la CUM, forme vaguement blanche jaillissant d’un vaisseau de forme phallique ; L’Etoile de Vulcain, sorte de sporran tombant entre les jambes et s’arrêtant au genoux et bien d’autres objets rutilants et exotiques qui lui couvraient la poitrine, les bras, l’abdomen et le crane. Seul souci : il avait la gerbe. Non pas en raison de l’abus de substances alcoolisées, ou bien parce qu’il avait chopé une gastro en goûtant les plats extraterrestres préparés par Sanlzed, le cuisinier du bord, mais en raison de la douche. Autrefois, se disait il avec nostalgie, autrefois, nos primitifs d’ancêtres projetaient de l’eau sur leur corps pour se nettoyer. D’accord, il fallait parfois frotter…Et le progrès était venu sous la forme de la douche sonique : une projection d’onde sonore inaudible (sauf par les chiens, d’où la quasi éradication de la race en raison d’un nombre énorme d’attaques frénétiques de nos soi-disant « meilleurs amis ». Les chats, eux, se contentaient de faire ce qu’ils savaient le mieux faire : rien foutre en vous regardant d’un air hautain). Les ondes enveloppaient le corps, vous lavant en 30 secondes mieux qu’une heure de douche, et faisaient vibrer et tomber le moindre truc pas propre, tout en vous laissant totalement sec. Et là, plus besoin de frotter. Sauf qu’en vous faisant vibrer, pour une part infime de la population, ça vous foutait aussi des nausées. Le vrai mal de mer, la gerbe absolue, pire qu’un lendemain de cuite accompagnée d’huîtres pas fraîches nappées de crème a la salmonelle sur un navire tentant de passer les 40ème rugissant en pleine tempête. Et oui, adieu la douche revigorant des lendemains de fête, adieu les jeux coquins, la vision de gouttes d’eau glissant lentement sur la courbe d’une poitrine rebondie, les mains caressants les multiples appâts d’une femme couverte de gel douche (une douche froide, je crois que j'en ai besoin, là...), bonjour la multiplication de la sensation de tournis et la revue de détail du repas de la veille. Et Picrate faisait partie de cette part infime de la population, bien sur.
Il ajusta sa cravate arc-en-ciel (en fait, le signe de reconnaissance de l’Ordre des officiers starfleet gays, qu’il avait fauché à l’Amiral Janepath lors de son retour miraculeux… Depuis il avait considérablement élargi son cercle d’amis, mais ne comprenaient pas pourquoi certains se montraient si familier avec lui, très tactiles.), puis, après un ultime regard, sorti de sa cabine, courbé par le poids des médailles. Il s’arrêta un instant, contempla ses pieds, puis rentra dans sa cabine, se défit de la moitié d’entre elle, et put enfin partir, les épaules seulement légèrement avachies par la masse métallique.
« HAAaaouuuuu !!! » hurla Dorf, ce qui signifie Garde à Vous dans le langage universel des sergents instructeurs. La moitié de l’équipage se figea, l’autre regarda Dorf ou l’entrée de la pièce. Picrate leva les yeux au ciel. La discipline militaire et son équipage, c’était l’alliance entre l’eau et un cachet d’aspirine. Sauf que l’effet était inverse et créait des maux de tête.
Il passa en revue ses hommes, de plus en plus désespéré. Leur tenue allait de l’impeccable (Files), au négligé (Rickard), en passant par le sale (Jeordi, mais il avait l’excuse de ne pas le voir), ou par l’exotique (Dorf, qui portait son costume de guerrier Klingon par dessous sa veste de cérémonie Starfleet). « Bon, nous allons accueillir des nouvelles formes de vie. C’est un Premier Contact, alors on va essayer de ne pas le foirer. » « Un Premier Contact qui commence par des tirs de laser, je me demande ce que dirai Starfleet » « Vous avez dit quoi, Rickard, j’ai pas entendu ! » « Sourd comme un pot en plus… Abus de pratiques onaniste….» « On en reparlera, Rickard ! Je n’aime pas que l’on tente de saper mon autorité »
« Alors, andouille, vous vous posez ? Ca fait trois fois que vous vous approchez et que vous dites que c’est pas bon ! », Hurla la princesse. « Attendez, princesse, c’est du travail de précision, je vous dit ! Et ça n’aide pas quand une poissonnière vous gueule dessus !! » « T’en veux une, ducon ? Le travail de précision, c’est surtout d’appuyer sur les boutons pas trop fort sinon ils se détachent, vu l’état de votre gourbi !! » « Mais vous allez me lâcher, à la fin ! C’est grâce a moi et mes tirs qu’on est pas atomisé, non ?! » « C’est plutôt grâce à Puke et son juju magique » Puke se sentit le devoir d’intervenir : « La Force n’est pas un juju magique, elle nous imprègne, nous entoure, nous… » « Ouais, c’est ça, et elle est dans mon trou de balle, aussi ? », demanda Han. « Et bien, elle est partout, donc je suppose… » « Quel monde merveilleux… », Murmura la princesse…
Le vaisseau commença ses manœuvres d’approche. La masse de l’étrange pelle à tarte ne tarda pas à emplir les hublots, cachant la faible lueur des lointaines étoiles. Puis un sas s’ouvrit, révélant les lumières artificielles de l’intérieur d’un hangar. « Puuutaaaiiiin !! », siffla Han « De quoi ? », demanda Puke, ne voyant rien d’exceptionnel dans ce hangar. « T’as vu ça ? Ce hangar, pas une poussière, pas une trace de cambouis, pas un tuyau, pas un outil, pas un câble !! Ca change du bordel des installations de la Rébellion, non ? » « L’Alliance », lâcha la princesse. « Pardon ? » « Faut dire l’Alliance… Si on dit rébellion, c’est qu’on pense que l’empereur est le dirigeant légitime, donc faut dire Alliance. C’est une question de vocabulaire. On ne va pas s’auto appeler les traîtres, non ? » « Ouais mais… le nom complet, c’est quoi déjà… » « L’Alliance Rebelle… » (Silence) « bon, ok, Mon Mothma est une idiote imbue d’elle même. » « J’en connais une autre… » « Plait il ?! »
Le vaisseau entra dans le hangar, tournant sur lui même afin de placer la rampe d’atterrissage devant le parterre du comité d’accueil. « Regardez ça, ils ont tous des pyjamas ?! », souffla Puke, amusé. « Je crois que c’est des uniformes… » « Vous êtes sur, princesse ? Non, parce que ça me fait penser aux pyjamas que je mettais quand j’étais petit sur Tataouine. » « Ouais, mais je pense que c’est des uniformes. Ces mecs sont des militaires, c’est clair. » Han soupira. « Fais chier les militaires. On a rien le droit de faire, en général, et leurs femmes ressemblent plus à des ours qu’autre ch…. Putain, regarde la meuf là bas !!!!! » Han désignait du doigt une jeune femme brune qui venait d’entrer. Si les autres portaient des pyjamas, celle là portait une nuisette cachant à peine ses formes. C’était la seule femme à s’habiller ainsi. « Oui, et bien ? » fit Puke, « le hangar doit être bien chauffé. » « Nan, mais… ça t’inspire pas. » « Tu sais, des hangars bien chauffés, c’est rare quand même. » « T’es zarbi, toi… Bon, on se pose, ça va me plaire, ici !!! »
L’étrange soucoupe tourna sur elle même, puis se posa. Picrate attendit, lorsque son attention fut détournée par l’arrivée de Deanna Illion. La tenue de cette dernière était habituellement courte, mais en l’honneur des invités et du premier contact, elle avait décidément fait les choses en grand… enfin en petit… en minuscule en fait… plus petit, et on commence a entrer dans la catégorie monokini ultra short qu’on ne voit que dans des films de genre. Picrate leva les yeux au ciel, puis regarda de nouveau le vaisseau. Des pistons venaient de se déclencher et une trappe commença à s’ouvrir. « GAREZ VOUS !!! », hurla il en désignant du doigt la passerelle, prête à les écraser. Picrate repoussa Rickard, fit tomber Leofourno au milieu d’un parterre de musicien et se carapata devant la masse menaçante. Rapidement, ce fut un joyeux boxon, chacun essayant de sauver sa peau. Seul Files resta de marbre et regarda d’un air stoïque l’engin lui broyer le pied. « Cela est fâcheux. Capitaine, puis je vous informer que le vaisseau étranger, bien que visiblement non habité d’intentions hostiles, vient de mettre à mal mes fonctions déambulatoires. » Mais seul lui répondirent des cris et des vociférations.
« Taisez vous, Rickard !! Le Capitaine est l’être le plus important du vaisseau ! C’est lui qui passe avant les autres en cas de naufrage ! » « C’est l’inverse, capitaine ! Vous êtes un lâche, capitaine !! » « Ah ouais !! Gardes, choppez Rickard ! Il est volontaire pour finir comme une crêpe sous le machin du vaisseau ! » « Capitaine… », Tenta de dire Files « On va voir ce que ça vaut le courage quand on est réduit en carpette !! » « Capitaine, c’est une mutinerie !!! », objecta Rickard. « Ah ouais ?! Un capitaine qui se mutine contre lui même, ça s’est déjà vu ça ?! Alors, gardes, vous choppez ce type !» Files l’interrompit : « Oui, Capitaine, en 2254, le capitaine Schlomo, affublé d’une double personnalité à la suite d’une liaison insoupçonnée et malheureuse avec des jumelles betazoids, se plaça lui même aux arrêts, avant de se condamner à mort par contumace. Mais la n’est pas le problème, capitaine. » « Vos gueules, Files ! Attendez… comment un mec peut s’auto condamner par contumace ? » « Une seule des personnalités était présente… Mais capitaine… »
« Qu’est ce que c’est que ce bordel ? », fit une voix inconnue de Picrate et qui fit se lever en lui une forte envie de poisson. Chacun se figea et regarda la jeune femme vêtue de blanc à la coiffure évoquant d’énormes écouteurs qui venait de descendre de la passerelle enfin ouverte du vaisseau inconnu. A ses cotés, deux hommes, un jeune adolescent à peine pubère et encore boutonneux, et un homme au regard tellement faux que le capitaine eut envie de vérifier si son portefeuille était toujours sur lui. Derrière eux, un robot doré se tournait en babillant vers une sorte de monstre velu affublé de nœuds rose et de collier à perle, tandis qu’une sorte de poubelle a roulette lançait des trilles frénétiques. Picrate se redressa, faisant signe aux gardes de relâcher Rickard. « On en reparlera, Rickard… », Puis, se tournant vers les nouveaux arrivants, « Au nom de la CUM, je vous souhaite la bienvenue à bord du CSS ‘Société Anonyme’. A qui est ce qu’on cause ? » « Je suis la Princesse Iala Clitora, ambassadrice d’Alanavrante, et plénipotentiaire de l’Alliance Rebelle. Mes compagnons sont Han, Sodo, contrebandier de bas niveau de Correlia, et Puke Skyflusher, bouseux de la planète Tataouine ; la boule de poil, c’est Chouchoubacca, et les robots, on s’en tape. » « Vot’altesse, je suis le capitaine Picrate. C’est toujours un plaisir d’avoir une nouvelle bonna… invitée a bord. Laissez moi vous présenter mes officiers : le futur ex commandant Rickard, devant bientôt passer devant le conseil de discipline avant son exécution, mais toujours second de ce bâtiment » « C’est un honneur, Votre Altesse, de faire la connaissance d’une femme aussi charmante dans un lieu aussi reculé de la Galaxie. Je tiens cependant à ajouter que mon exécution n’aura pas lieu, la CUM ayant banni la peine de mort depuis 126 ans, à mon grand regret ». Rickard fit une révérence impeccable, suivi d’un baise main humide (à l’américaine, donc… Si si, regardez les films ou les séries TV US : aucun baise main n’est bien fait !), le tout accompagné d’un sourire colgate éclatant. « Enchanté, Commandant, il est bon de rencontrer enfin un gentleman après avoir passé tant de temps avec des rustres obsédés ou à l’hygiène douteuse » « C’est pour nous qu’elle dit ça ? » demanda Han en se tournant vers Puke. « Nan, mais c’est pour nous qu’elle dit ça ? » « Oui, Han, mais la Force m’enseigne de chercher la paix ». Picrate reprit la parole : « Oui, bon… très intéressant… je peux continuer ? Merci ! Mr Dorf, off icier tacticien » « Q’PLAAAAHHH !!! » « Euh…oui ? » « Non, il vous saluait dans son langage. » « Ah… kapla, alors… » « Notre ingénieur, Jeordi Leofourno… par ici, Jeordi… non, là… » « Mais, il est aveugle ?! » « Ah oui, mais très compétent, si on oublie ce détail. Et ses assistants l’empêche d’appuyer n’importe où ! Notre officier scientifique est là bas, votre passerelle lui écrase le pied. « Mais il a pas mal ? » « Pensez vous ? C’est un robot ! Une boite en fer blanc ! Il sera sur pied en rien de temps… enfin pas sur le même pied, mais il sera debout ! » « Et enfin, nos officiers médicaux : la rouquine, c’est le Dr Breaker, elle est frigide… et vous ? » Devant le regard noir de la princesse, le capitaine continua, après s’être raclé la gorge. « Et notre psychiatre, Deanna Illion. » « Enchanté de vous rencontrer, Princesse, bien que la présence d’une femme aussi belle ne fasse qu’attiser les tensions et frustrations sexuelles intenses de ce vaisseau. Et je tiens a préciser que le Dr Breaker, j’en ai la preuve, n’est pas frigide, mais le capitaine la répugne.» « Comment ça, vous avez la preuve ? » s’étrangla le capitaine avant de sentir la sueur lui dégouliner de tous les pores de la peau devant le sourire partagé des deux femmes. La princesse se racla la gorge. « Euh… oui… enchanté aussi… vous êtes pas mal non plus.. Toutes les deux, je veux dire…» « Bon, c’est pas tout ça, mais on vous a préparé un raout du diable : bouffe venue des quatre coins de la CUM, drogue, alcool, et tout ce qu’il faut pour accueillir des invités aussi distingués. On vous a aussi préparé des quartiers. J’vais vous y conduire, faut pas que vous vous perdiez, hein !!! » Fit le capitaine, en assortissant sa dernière phrase d’une légère tape sur le postérieur de la princesse. A cette vue, Puke et Han détournèrent le regard devant les scènes de violence inouïes qui allaient certainement se dérouler. Jetons également un voile pudique et projetons nous quinze minutes plus tard, alors que le capitaine, transféré à l’infirmerie, doit affronter la colère d’un médecin selon lui frigide et qui considère qu’une coloscopie s’impose, alors que tous les coups reçus étaient au visage.
Le lendemain, 1500, salle de Briefing de l’USS « Société Anonyme »
« Booon… Le docteur refuse de me donner de l’aspirine tant que je ne me serai pas rétracté de ce que j’ai dit hier, donc on va parler doucement, lentement et dans le calme, ok ? J’ai une légion de Ferengi en train de hurler dans mon crane, accompagné par des chœurs klingons… Donc briefing simple… Files, statut sur nos invites ?” « Ils semblent qu’ils apprécient leur séjour à bord, commandant. Cependant leur vaisseau, que j’ai pu examiner lors des réparations de mon pied, présente des signes d’impact d’armes a énergie. » « Ça pourrait être les nôtres ? » « Non, Commandant, nous ne l’avons pas touché une seule fois. Je n’ai pas pu accéder à la mémoire de leur engin, sinon j’aurai pu avoir plus d’information. » « Que pensez vous du nom de leur groupe ? L’Alliance Rebelle ? Dorf ? » « Un tel nom suggère qu’il y a un pouvoir légitime et que ces personnes sont en rébellion contre lui. » « C’est aussi ce que je pense… Et les raisons de cette rébellion ? Files ? Des idées ? » « La présence à bord du vaisseau d’un membre de la noblesse et d’un paysan pourrait laisser penser à une sorte de révolte agraire, la petite noblesse peu éduquée, comme en témoigne son vocabulaire, désireuse de conserver son pouvoir et ses privilèges, se servant des paysans comme chair à canon dans une guerre où quel que soit le vainqueur, ils continueront à être exploités. Le but de cette basse noblesse étant souvent de résister à une modernisation forcée d’une société arriérée. » « De toute façon, j’ai jamais pu piffer les gens qui se présente sous le nom de princesse et autre… » « Dites surtout que vous lui en voulez de vous avoir massacré la tronche… » « J’ai entendu Rickard… Et au lieu de vous mutiner, si vous aviez des suggestions ? » « Et bien surveillance rapprochée, bien sur, afin d’apprendre le maximum de ces personnes et de leur galaxie, méfiance et prudence. Ne nous laissons pas entraîner dans un conflit qui ne nous concerne pas ! Je propose que chaque officier se charge de la surveillance d’un des leurs. » « Une bonne idée… Je me charge de la princesse. » « Est ce bien indiqué, capitaine ? » « Mouais… bon… Surveillez là, vous… Jeordi, vous surveillerez le bouseux, vous avez beaucoup en commun… une mauvaise peau, déjà…. Lianna, a vous le pilote, il bave tellement en vous voyant qu’on a été obligé d’éponger trois fois le mess ; Files, a vous les robots, et Dorf la boule de poil… »
Cabine de la princesse, au même moment.
« Han, si vous ne lâchez pas cette culotte tout de suite, je vous jure qu’on vous retrouvera pendu par l’appendice qui vous sert pas souvent !! » Han rougit, éloigna la culotte de son visage et la jeta sur le sol. « Si vous les laissiez pas traîner partout aussi… » « C’est ma cabine, donc je fais ce que je veux, et je vous emmerde !!! » Puke intervint. « Calmez vous… Ce vaisseau semble amical, mais je sens une méfiance de leur part. » « Et de la notre, aussi, tiens, banane !! C’est qui ces gens… En tout cas, avec leur puissance de feu, ça pourrait être utile dans notre lutte. Donc, en tant que diplomate… » « plomate… », fit Han avant de ricaner bêtement, accompagné par Chouchoubacca et Puke. « A ça, c’est malin, Han !! On régresse : après la période je renifle les petites culottes, on passe aux jeux de mots digne du primaire ?! DONC !!! En tant que plénipotentiaire, je me dois de trouver des nouveaux alliés pour la Rébellion » « L’Alliance… » « Quoi. ? » « Faut dire l’Alliance, vous m’avez emmerdé avec çà hier, donc on dit l’Alliance. » « Bon dieux… Bon, trouver des alliés pour nous est mon job ! » « Et vous allez faire comment ? » « Déjà on va prendre la température, savoir comment les amadouer, et ensuite on verra… »
January 12 un peu de serieux, que diable !!!J’ai un poil réfléchi a une reforme possible des institutions. Il faut réussir a combiner diverses choses : une démocratie plus exemplaire et plus proche du peuple, tout en évitant les écueils de l’instabilité ministérielle propre à certains pays (comme l’Italie) ; une classe politique assainie et travaillant pour la Res Publica, pour l’intérêt public, et non pas pour des intérêts privés ; un arrêt à la monarchisation du régime.
Déjà, on peut dire que cette monarchisation, existant dés les premiers temps, était tempérée par l’existence d’élections législatives divergentes des élections présidentielles. Le fait d’avoir accourci le mandat a 5 ans, et d’avoir synchronisé les élections législatives et présidentielles a totalement changé le régime politique français, ceci rajouté a l’élection au suffrage universel direct. La quasi-unanimité des hommes politiques lors du referendum à ce sujet, et la quasi-unanimité du oui (73% d’après mes souvenirs), montre avant tout une incompréhension totale des conséquences, incompréhension due avant tout au manque d’information et d’analyse de la part des journalistes. J’ai, personnellement, à l’époque, voté non. On a, à cette époque, beaucoup évoqué les USA et leur mandat de 4 ans. Mais aux USA, il y a des élections de mi-mandat, qui sont là soit pour conforter un président agissant en accord avec les aspirations du peuple américain, soit pour le sanctionner et limiter son pouvoir en cas d’action en désaccord avec ces mêmes aspirations. Rien de cela en France.
La 5e république n’est pas mauvaise en soit. C’est un régime qui a donné en France plus de stabilité qu’aucun des autres régimes républicains. En fait, c’est même le régime républicain le plus durable sans instabilité ministérielle (la 3e république s’enfonçant dans l’instabilité sans jamais en ressortir au lendemain de la guerre de 1914, poussant même le vice d’un remaniement ministériel en Mai 1940, alors que les allemands étaient en train d’écraser une armée dépassée en tout point.)
Alors pourquoi la réformer ? Cette république avait été conçue à une époque d’hommes d’exceptions, à une époque ou, bien que les calculs partisans soient toujours présents, aucun d’entre eux n’aurait imaginé agir en dehors de la constitution, en dehors de leurs attributions. Imaginer De Gaulle, Mitterrand ou Chirac agir comme le fait notre président actuel, c’est imaginer Napoléon agir comme Georges III d’Angleterre et se mettre a gambader avec un caleçon de nuit sur la tête dans les couloirs du Palais Royal en chantant à tue-tête une comptine pour enfant (« fais dodo, (ni) colas mon p’tit frère, etc »). A une époque de médiocre, il faut des gardes-fous.
Je ne pense pas, par contre, qu’il faille une 6e république. De simples changements pouvant réussir à changer le régime sans pour autant repasser par tout un processus fastidieux d’assemblée ou de comité constituant. Sans compter que certaines choses fonctionnent plutôt bien dans la constitution de 1958. Je suis toujours partisan d’un aménagement, plutôt que de faire table rase du passé. En général, dans l’Histoire, faire table rase du passé n’a que rarement donné quelque chose de bon et souvent plus souvent rimé avec règlements de compte et petits massacres politiques entre amis (je n’ai rien contre les exécutions politiques dans le principe, mais le massacre politique doit être bien fait, or a notre époque d’incompétence, je crains que l’on ne fasse un bide dans ce domaine. Il suffit de voir comment l’exécution de Saddam Hussein, pour nécessaire qu’elle soit, fut un cas d’exécution politique bâclé.)
Première chose à faire : assainir la classe politique. Pour cela, des mesures simples 1. Non-cumul strict des mandats : un député est un député. Il n’est pas député-maire, ou conseiller général ou quoi que ce soit d’autre. Il doit se consacrer uniquement à l’examen des lois proposées par le gouvernement, à leur amendement, à l’examen du budget de la France, et à la surveillance des actions du gouvernement. Un maire élu député doit faire un choix. De même, comment imaginer qu’un maire d’une grosse commune puisse se consacrer à celle ci si il doit également être conseiller général ou régional. 2. Intransigeance contre la corruption : tout élu de la nation, ou élu de circonscription, convaincu de détournement de fonds publics, ou de corruption, à des fins privées ou au profit de son parti politique doit être, dés sa condamnation définitive, inéligible à vie, déchu de ses mandats, de ses éventuelles décorations, et de ses droits civiques. Et, évidemment, cette décision doit être publiée dans les journaux, ajoutant ainsi à la sanction pénale l’opprobre publique. Quand on trahit la nation, celle ci doit être impitoyable. Un traître à la nation doit être condamné a la mort civique (et en cas de trahison en temps de guerre, à la mort physique). Evidemment, l’ex-élu devra également rembourser ce qu’il a perçu ou volé, assorti d’une amende du double de ce qui a été pris. Et qu’ils soient heureux de cette modération, le jacobin que je suis est presque prêt à ressortir la guillotine pour des trucs de ce style. Dans le cas de corruption, le corrupteur sera condamné de même, avec interdiction d’exercer les fonctions de chef d’entreprise ou de gérant de société (même peine, assortie d’une peine de prison ferme : le corrupteur est à mes yeux plus coupable que le corrompu, qui n’est qu’un humain). 3. Renouvellement de la classe politique : De même qu’un chef d’entreprise ne peut plus exercer après un certain age, les élus ne devraient plus pouvoir se présenter à une élection passer un certain âge. Pourquoi juge-t-on les chefs d’entreprise trop vieux pour diriger et pas les députés, présidents, sénateurs, etc ? Des dérogations exceptionnelles pourront être faites, par un vote de l’assemblée, afin de ne pas perdre certaines personnes de talents en raison de cela. Il aurait été dommage que pour cette raison, un Clemenceau se retrouve à la porte, quand on connaît son rôle politique dans la victoire de 1918 (ok, cela peut aussi apporter un Pétain, mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.)
Ensuite, il faut reformer le régime afin de le rendre plus démocratique. 1. Reforme du mode électoral. Même si je ferai tout pour me battre contre ses idées, il est anormal qu’un parti qui représentait 18% de l’opinion a un moment donné n’ai quasi jamais eu de représentation parlementaire. De même pour l’extrême gauche (qui m’insupporte également, mais pour d’autres raisons). Le parlement doit être le reflet des opinions de la nation à un instant donné. La proportionnelle présente des défauts, l’un d’entre eux étant de favoriser des tractations quasi mercantile entre les divers partis. Cependant, je ne vois pas d’autres solutions. Le danger de l’instabilité ministérielle étant partiellement réduit par les difficultés pour renverser un gouvernement. Ces dispositions rendant un gouvernement difficilement éjectable, sauf s’il décide de remettre sa confiance en jeu, doivent à mon avis être sauvegardée dans l’intérêt de la gouvernance logique du pays. Cela permettra également d’éviter d’avoir des députés accrochés tels des moules sur leur rocher à leur circonscription quasi héréditaire. 2. Mise en place d’un referendum d’origine populaire : si un certain nombre de citoyens, dans un certain nombre de département (ceci afin de montrer l’importance de la question au niveau national), souhaitent un referendum, sur des sujets au cadre strictement définis (à voir, cela), celui ci devra être organisé dans les 6 mois après le dépôt et la vérification des signatures par le conseil constitutionnel. Les signataires devront évidemment jouir de leurs droits civiques. 3. Élections nationales à mi-mandat présidentiel : le mandat présidentiel sera soit allongé à 6 ans, et les députés seront renouvelés par moitié tous les trois ans ; ou raccourci a 4 ans (mais pour moi, cela fait court pour une politique à long terme), et les députés renouvelés par moitié tous les 2 ans. Un nouveau Premier ministre peut alors être choisi en cas de changement de majorité. Cette élection à mi-mandat permettra de sanctionner ou de conforter la politique du Premier ministre désigné par le président de la République. Je préfère la première solution. S’il y a des élections partielles tous les deux ans, on risque d’entrer dans une campagne électorale permanente préjudiciable à la menée d’une politique gouvernementale efficace. 4. Suppression du Sénat : Cette chambre dite Haute, n’a absolument aucun, mais aucun intérêt actuellement. Le Bicamérisme est un héritage du conservatisme du 19e siècle, encore apeuré par les excès de la Convention de 1793 et de la Commune, et désireux d’avoir une chambre plus facile à contrôler qu’une chambre élue directement par la nation. De part son mode d’élection, il ne sert qu’a représenter les intérêts du monde rural, intérêts qui peuvent tout aussi bien être représentés à l’assemblée nationale. Les excès redoutés par les constituants depuis le 19e siècle ne pourraient arriver que rarement de nos jours, l’article 34 de la constitution définissant de manière restrictive (et c’est une première), le domaine de la loi. 5. Mode d’amendements de la constitution : la constitution, ayant été approuvé par la nation par voie de referendum en 1958, ne pourra être modifiée que par la nation, par le biais d’un referendum. Cela permettra d’éviter la triste situation actuelle où un véritable déni de démocratie a été commis lors de l’adoption des modifications nécessaires a l’adoption du « nouveau » traité européen.
Voilà… Il n’y a donc pas besoin, selon moi, de nécessité de modifier outre mesure cette constitution. Je ne souhaite même pas de suppression de l’article 16 (sur les pleins pouvoirs), car je pense qu’en cas de crise extrêmement grave, il est bon de pouvoir avoir recours a des pouvoirs dictatoriaux (au sens romain du terme : Pouvoirs importants, mais strictement limités dans un temps assez court, et assorti d’une impossibilité de suspension ou modification des institutions déjà en place.) Vive la Mort, Vive la Guerre- Moi ce que j’aime bien dans les troquets, c’est que tu peux avoir des vraies conversations philosophiques avec plein de gens différents. Tu vois ce que je veux dire ? (Elle est bonne cette bibine, c’est quoi ?) - Euh… pas trop, là… (picon-bière) - Ben tu ne connais pas les gens autour. Le type dans le coin, ça peut être un chercheur ou un prof d’université super calé sur la culture des indiens arawak. (Je me disais bien qu’y avais kekchose dans la binouze) - Tu t’intéresses à la culture des indiens arawak ? - Naaan c’était un exemple. - Ils habitent ou les indiens arawak, d’ailleurs ? - C’est un exemple je te dis ! On s’en fout des Arawaks !!! Tu sais qu’ils remerciaient et demandaient le pardon aux animaux après les avoir tué ? Y’en a encore en Guyane Française, des arawaks. (burp !!) - Pas être pratique si l’un d’eux bosse dans un abattoir un jour. (oooh le poooorcc !!!) - Ouais, enfin bref, juste pour dire que dans un bar, tu peux discuter de tout et de rien. Par exemple, moi y’a un mois, je suis allé au musée des Invalides. Ca peut être un beau sujet de conversation, ça ! - Y’a quoi la bas ? - Des armes… des armes blanches, des armes a feu, mais ça je m’en fout, moi je préfère les épées, rapières, dagues, flamberge, glaive, masse d’armes, Morningstar, fléaux, main gauche, claymore, sabre, bâtarde, espadon, miséricorde… - C’est quoi, ça ? - Queudonc ? - Une miséricorde ? - Une dague très longue, conçue pour égorger les mecs en armure, ça passait sous le gorgerin de l’armure et couic !! On s’en servait aussi pour achever les mourants, d’où le nom. Génial, non ? Moi je te dis, tu me files un crochet pour faire tomber le gars, une miséricorde, et un coin où me cacher pour éviter la charge du début, et je t’aurai fait un massacre d’aristo, moi, au moyen age ! Azincourt à moi tout seul ! Du sang et des tripes (et du foutre aussi, tu crois quand même pas qu’après toutes ces émotions, les femmes des ennemis, elles vont pas passer à la casserole !! ) - Mais t’es un grand malade, toi !!! - Nan, la mort, ça fait partie de la vie, et faut quand même avouer que quand il s’agit de trucider son petit camarade, l’homme est plein d’inventivité. Ca m’a toujours halluciné ce truc. - Dommages que ça ne soit pas au niveau de la médecine, hein ?! - Ouais, ouais… et en même temps, si y’avait pas eu les guerres, la médecine aurait pas progressé autant. Enfin je parle de la manière de faire de la médecine. Tu sais, par exemple, que les premiers à avoir mis en place un service d’ambulance furent les suédois. Comme ils manquaient d’hommes, ils se sont dits qu’ils allaient rafistoler les gars sur place. (Passe les cacahuètes) - Tiens. Et chez les autres ? - Ben chez les autres, on crevait sur place. Et même encore, faut pas croire, mais la plupart des gars crevaient, même sans ça, ou bien perdaient des bouts. La guerre, c’est surtout pas mal de membres coupés, déchiquetés, de la bidoche, de l’urine et du sang. (Patron !!! La petit Sœur !!!!) Et l’aspirine ! - ‘tain t’es con, j’ai commandé un steak saignant ! Je vais pas pouvoir le bouffer maintenant ! (Ouais, la même chose pour moi aussi !!) Comment ça l’aspirine ? - ‘Chtite nature ! Ben dans le Traité de Versailles, on stipule que l’aspirine tombe dans le domaine public. Sans la guerre, y’aurai fallu attendre longtemps. Regarde ce qui se passe maintenant avec les médicaments que les grosses firmes pharmaceutiques vendent a prix d’or ! Tiens, tu sais la première cause de mortalité dans les guerres d’avant ? La maladie ! Pendant la guerre de sécession, pour un mort au feu, deux crevaient de maladies ! Sous Napoléon, c’était un pour 8 !! - Bon dieu…Mais t’aime la guerre ou quoi ? - ça va pas non ?!! Seul le dernier des crétins peut rêver d’une guerre et à des connerie comme Honneur et Patrie, partant se faire trucider pour la France Eternelle, ou un Lebensraum ou une Révolution Prolétarienne Universelle. Leur Grand Soir, ben je leur laisse. Non, moi je m’intéresse beaucoup à la guerre, paske selon moi, c’est la seule activité, avec le cul, que l’homme pratiquera toujours. - t’es optimiste, toi ! - nan, réaliste. On trouvera toujours des nouvelles raisons de se mettre sur la tronche. Et même si on vit dans une utopie sans aucune guerre, une véritable démocratie mondiale, il y aura toujours des groupuscules d’imbéciles prêt a tout foutre en l’air aux noms de leur idéaux périmés, ou bien pour libérer leur patelin pouilleux de « l’occupation étrangère », voulant l’indépendance de la Corse, de la Bretagne ou du bas limousin ! - mais si la terre est unifiée ils ne pourront pas dire ça ?!!! - bah, y’en aura d’autres qui diront que le vice sous ministre des affaires intérieures est de la religion qu’il faut pas et donc que c’est impossible de suivre les préceptes de Dieu et de le laisser vivre. Genre le mec il a osé manger de l’anchois un jour où c’était interdit et paf ! Il a une fatma sur la tête ! (j’vois que vous avez de la goutte, c’est de la quoi ? de la prune… ben faites péter le verre de prune alors !) - tu veux dire une fatwah ? Une fatma, ça risque d’être lourd, selon le gabarit. - comme tu dis ! Mais bref, y’a jamais eu besoin d’avoir des raisons pour se mettre sur la tête ! Plus c’est con, et meilleur c’est, pour l’humanité ! - mais… - prends du début, dans les cavernes ! Bon, t’es tranquille dans ton clan. On va l’appeler le clan de l’ours, velu comme t’es ! - sympa, merci ! - tu préfères le clan du Gorille ! Ok, donc t’es avec ton clan, le clan du gorille. T’es parti a la chasse pour deux raisons : faut bien bouffer et ensuite, bobonne à la caverne, elle commençait à te taper sur le système, mettant en doute tes performances sexuelles et prédatrices. Donc tu chasses, en te jurant de lui ramener un mammouth entier (ouais, t’es un peu présomptueux), pour lui faire voir et lui apprendre à cette conne ! - je vois pas où tu veux en venir, mis a part une certaine misogynie. - t’occupe, chuis aigri ! T’es avec tes potes, à l’affût, ayant repéré deux pauvres lapins en train de bouquiner. Tu te prépares à lancer ta sagaie, quand une flèche jaillit, avec des couleurs qui ne sont pas celle du clan du gorille. Un autre clan est entré sur votre territoire ! Là, faut lui mettre sur la tronche, c’est obligatoire !! - ben on peut causer quand même avant, non ? - A moins qu’ils décident de se barrer fissa, je ne vois pas. On est à la période glaciaire, la bouffe est limitée. C’est ton clan ou le leur. Et paf, première guerre. (ouahhh putain !!! la vache) - Escarmouche plutôt, non ? (aaarrhhhh….plutôt une boisson
d’homme, hein la prune) - (vous en mettez deux des prunes !!!) C’est clair ! Mourir de faim ou exploser le type en face, t’as pas le choix ! C’est le problème quand les ressources sont limitées ! - Ouais, et là, elles se limitent les ressources ! C’était facile, a l’époque, on se faisait la guerre pour de la bouffe, pour la survie, la vraie survie. Mais si le gars en face n’est pas de ta race, je ne parle pas de noir ou blanc, mais du Neandertal, ben tu le lattes de toute manière, même si il y a de la bouffe. - Et qu’est ce qui a changé ? - L’agriculture et le houblon, mais c’est personnel. - Hein ? - Bon… avant, on chasse on cueille pour la bouffe, ok ? On se fait massacrer par les animaux, par le froid, les intempéries, etc. - Ouais… - Ensuite, un petit malin se dit. Tiens, c’est marrant, mais mes graines de pastèques je les ai craché la bas et maintenant y’a un pastèquiers. - Ca s’appelle comme ça un arbre a pastèque ? - Je ne sais pas et je m’en fout, arrête de m’interrompre ! Bref, le mec il se dit « je vais essayer avec autre chose ». Et hop, il devient le premier cultivateur. Et si il n’est pas con, il se dit aussi que c’est débile de courir après les bestioles quand on peut les enfermer dans un enclos. Donc ce gars là, au lieu de faire comme les autres et de partir en voyage quand le gibier se fait rare, il sait ce qu’il peut attendre de l’avenir. Il ne vit plus au présent ou au court terme, il prévoit. Rapidement, d’autres vont faire comme lui, tandis que d’autres vont continuer comme avant, vivant de chasse et de cueillette. - Et il est ou le souci ? - Ben quand les seconds, les nomades, vont revenir, ils vont
se dire : « cool, de la bouffe, un supermarché, on y va, on leur pète la gueule
et on pique les vaches, on brûle les champs et on a de quoi donner de la viande
à bobonne pendant un an ! Et l’année prochaine, on remet ça !! » - Ouais. Et de ça vient la répartition des taches. Tu vois (passe le godet et recommande, tu veux… ouais, encore une prune… et mets en deux qu’il fasse pas tout le temps l’aller-retour), les mecs installés, les sédentaires ont de la bouffe en trop. Ils pourraient en donner aux nomades, mais franchement, ça leur rapporterait quoi ? Faut qu’il y ai un donnant-donnant, et le « file moi ta bouffe, sinon je te pète le crâne », ça va pas loin. - Donc… ? - Donc c’est le début de la merde. L’excès de bouffe crée la répartition des taches : au lieu que l’ensemble de la tribu se consacre a la bouffe, comme avant, on va repartir. Ceux qui vont produire, ceux qui vont les défendre contre les nomades, et ceux qui vont les défendre contre la nature. En gros : les bouseux, les bourrins et les charlatans ; paysans, guerriers, prêtres. Et là, la nature de la guerre et de ses raisons va changer. - Dans quel sens ? - Les guerriers vont prendre le pouvoir, avec les prêtres. Logique quand on y pense, car ce sont eux qui prennent le plus de risques (sauf les prêtres… enfin si on a pas la foi), et les prêtres vont dire que les Dieux sont ok, roule ma poule. Dans toutes les guerres passées, ce sont les nobles qui payèrent le prix fort. A Rome, par exemple, c’est la classe sénatoriale, classe dirigeante, qui fut décimée pendant les guerres puniques. - Pourtant en général, les classes dirigeantes sont celles qui prennent le moins. - Maintenant, oui, autrefois, non. Ils considéraient que le pouvoir venant de leur statut de défenseur des autres, ils ne pouvaient le garder si ils ne se battaient pas. - Mais là tu passe du néolithique a Rome, quand même. - Ouais, j’ai digressé. Mais à partir du moment ou la guerre devient la décision d’une poignée d’individu, et non plus de la nécessité, on change de nature. Regarde Rome, justement : ils n’ont que très très rarement déclarés de guerre. Au contraire, ils étaient souvent les agressés. Par contre, ils considéraient que le gars qui les avait attaqué ne devait pas être en état de se relever. Ils ont conquis la Méditerranée. Pourtant, des fois, même si ils ne déclaraient pas la guerre, ils faisaient tout pour que les autres le fasse, comme l’autre jour quand t’a cherché le mec de l’équipe de rugby - Mais c quoi pour toi une guerre nécessaire. (Merde,
j’étais bourré quand je l’ai traité de veau aux hormones ! ça compte pas !) - Et en 14 ? - Plus compliqué. Match nul : personne voulait la guerre et tout le monde la voulait. Mais donc ensuite, un individu seul va parfois décider de déclarer ou non la guerre, pour des raisons à la con. (5mn, j’vais au guogues…ahh ben on se sent plus léger !!!) - Comme ? - Comme une femme, par exemple ! T’imaginerais, toi, mettre à la flotte des milliers de navire pour l’amour d’une femme ?! - Ah oui, l’Iliade ! - Ouais, ouais, et Buckingham qui déclara la guerre à la France parce qu’il n’avait pas réussi a se taper Anne d’Autriche. Les raisons officielles étaient différentes, mais la réalité est comme ça. Ou bien ça va être simplement parce que le pré du voisin est plus vert, ou bien car ton ambassadeur a été souffleté par celui d’un autre et donc c’est une affaire d’honneur. Tiens, tu sais qu’une fois, sous Louis XIV, la France et l’Autriche (et donc l’Espagne aussi) ont failli se mettre sur la tête, simplement parce que l’Ambassadeur du Saint Empire Romain Germanique était entré avant l’ambassadeur de France devant le Saint Père. Il aurait du rentrer en même temps, l’insulte était délibérée (une histoire de gonzesse dans un bordel). Et après, une fois les classes dirigeantes différenciées des classes guerrières, ça va être pire : on se bat pour les autres, pour les intérêts des autres, en général des intérêts privés, de fric. Tu crois que le piou-piou US il a envie d’être a Bagdad pour protéger les revenus d’Exxon ? Mais il y va quand même ! - Putain ce que les hommes sont cons !!! - Tu l’as dit… tu comprends mon pessimisme ? - Ouais… - Quelle Connerie la Guerre ! - Ah, Prévert. - Ouais… mais je parie qu’il y a des millions de cons depuis que le monde est monde qui l’ont dit avant lui cette phrase… et qui eux, le nez dans la boue et les tripes de leurs potes, avaient de vrais raisons de la sortir, cette phrase, pas comme le poète… - Et les mecs eux même, pourquoi ils se battent ? Pourquoi ils acceptent de suivre ? j’veux dire, là tu parles des dirigeants, mais pourquoi les troufions continuent, eux ? - Ben j’vais t’expliquer, et c’est ce qui me donne un poil d’espoir. Donc les mecs se battent… - (on ferme messieurs !!! faut payer maintenant) - (merde, j’ai pas de monnaie, tu m’avances ?!!) - (enc… c’est toujours comme ça avec toi !!) January 09 D'Ombres et de Lumières (où le navire mérite d'être rebaptisé the vengeful mole)- Et alors il s’est passé quoi, chez le planteur ? - Ben je ne sais pas trop… Ils étaient que quatre à aller là-bas… Mais quand ils sont revenus, j’ai bien cru qu’ils avaient vu les Enfers ! Gueule d’Ange et le Second étaient mouillé de sueur, et ils zieutaient autour d’eux comme si des démons étaient a leur trousse. L’Aspic avait de la charpie sur la main, et l’toubib a bien cru qu’elle allait perdre un doigt. Y’avait un indien avec eux, l’même païen qu’ils devaient ramener sur Ginger Island. A peine arrivé a St Pierre, l’capitaine a foncé chez le gouverneur, avant d’ordonner qu’on prenne la mer le plus vite possible. Et lui et l’aspic sont restés a surveiller Gueule d’Ange et le Second, comme si ils étaient prisonniers. Aucun n’a jamais voulu parler de ce qui s’etait passé là bas… - Et bien moi, je le sais… Dans les papiers de ma grand-mère, j’ai retrouvé une lettre de De Kerlech et qui relate tout cela. - Par le diable, Monsieur, c’est une chose que j’aimerai bien entendre ! - A mon tour de devenir conteur, alors…
Ma Bien Chère Sœur,
Ma dernière lettre, laissée aux bons soins d’un marchand de passage à Saint Pierre, vous a appris les circonstances de mon renoncement au service du Roi pour la liberté de la vie de Pirate. Je sais que votre cœur se désole de me voir suivre cette voie, mais les vilenies dont nous avons, moi et mes camarades, été victimes nous y poussent. Sachez cependant que je ne suis toujours pas, au grand dam de mes hommes, sanguinaire. Mais je crains de perdre leur respect et leur obéissance si je n’applique pas bientôt la plus grande cruauté aussi bien sur ceux qui refuseraient mes ordres en bataille, que sur les infortunés que nous capturerons. Prie pour mon âme, ma sœur. Mais cela n’est pas ce qui me pousse à vous écrire séant, quelques dix jours après ma dernière missive. Alors même que j’écris, j’en viens à interroger ma raison et à mettre en doute mes sens. Ce que j’ai vu dans la plantation de Monsieur de Ronfleur aurait rendu fou le plus solide des hommes, et aurait poussé le meilleur des pasteurs a remettre sa foi en question. L’un de mes camarades, compagnon de cet expérience maudite, gémit encore dans son sommeil, agité par des cauchemars indicibles, tandis que ma chère Eglantine a manqué de perdre sa main, arrachée par une grenade mal conçue. Mais je me dois de relater ces événements depuis notre départ de Saint Pierre de la Martinique. Je ne vous l’avais pas raconté, mais nous devions, pour des raisons que je ne saurai vous expliquer, nous rendre sur une île appelée Ginger Island, et surnommée l’Ile de l’Enfer Vert en raison d’une tribu de féroces caraïbes cannibales et sanguinaires qui y avait trouvé refuge. Pour cela, il était nécessaire de retrouver un de ces sauvages, un dénommé Nanire, qui avait été enlevé par un pirate espagnol et revendu comme esclave sur une plantation de canne. Nous avions aussi décidé, afin de bénéficier de ses bonnes grâces, d’aider le Gouverneur de la Martinique, Monsieur de Hurault, a enquêter sur les récentes disparitions d’esclaves et d’engagés dans les plantations entourant celle où, par la grâce de Dieu, Nanire avait été vendu. Selon les planteurs, la raison en serait que son propriétaire, Monsieur de Rondlfeur, était sorcier, ce qui nous fit venir des sourires de dérision aux lèvres. Je dois t’avouer, ma chère sœur, que notre raison, égarée par l’appât du gain, nous fit négliger cette tache, et nul doute que si nous avions enquêté plus avant dans la direction des disparitions, nous aurions pu, a défaut de comprendre, à tout le moins mieux apprécier les événements de ces jours tragiques. Au lieu de cela, seul la recherche de Nanire nous tint à cœur.
J’avais décidé de me faire accompagner de mon second, Asper de Moulinsard, homme dont les remises en cause constantes de mon autorité me faisait soupçonner d’aspirer à ma position. Avec nous venait Mademoiselle Eglantine, dont les connaissances commerciales pouvaient nous aider à parler avec un planteur, et Gueule d’Ange, l’un de mes maîtres canonnier, dont la force pouvait nous être utile si l’indien se révélait récalcitrant. C’est en calèche, par une chaleur rendue encore plus pénible par les vrombissements de nuées d’insectes, que nous partîmes pour la plantation de Rondfleur. Le voyage se revela agréable, la beauté de la nature nous évoquant l’Eden perdu. Cependant, après quelques heures de trajet, nous commençâmes à entendre des coups venant de l’un des portes bagages situés sous les sièges. Mon second, se levant afin de regarder, fut surpris lorsqu’un être effrayant en jaillit. Sache, ma sœur, qu’aucune des légendes que se racontent les gens du peuple entre Crozon et Camaret, et que nous aimions que la vieille Anne nous raconte étant enfant, ne m’avait préparé à une telle vision. Une odeur de charogne, un regard vide, des ongles noirs et griffus fut tout ce qui m’assaillit lorsque cette chose apparut. J’avoue, à ma grande honte, que je m’enfuis alors, laissant mes compagnons affronter ce démon des enfers. Oui, je m’enfuis, craignant pour ma vie plus que pour mon honneur, accompagné par Asper de moulinsard qui, lui non plus, n’avait pu dominer ses faiblesses. Sache, ma sœur, que tu es la seule, avec les personnes présentes, qui connaît cette vérité. Nous courûmes dans la jungle épaisse de cette partie de l’île, échappant à cette vision infernale, mais nous égarant par là même. Quand à mes compagnons plus courageux, et bien ils firent face à la chose. Gueule d’Ange faillit perdre la jambe lorsque des griffes suintantes d’une humeur bilieuse le déchira, mais son sabre, un ancien sabre mexica trancha la jambe de la chose, qui se revela n’être qu’un homme sale et hirsute, me dit il par la suite.
Errant dans la jungle, Asper et moi même, nous ne dûmes notre survie qu’à l’arrivée d’un groupe d’hommes envoyé a notre recherche par Monsieur de Rondfleur, prévenu de notre arrivée par nos compagnons, qui avaient décidé de poursuivre leur route plutôt que de risquer également de se perdre dans l’étrange canopée. Un nègre gigantesque, Obutu, dirigeait le groupe, et nous accueillit avec une grande hostilité.
Nous les retrouvâmes donc sous le porche de la demeure de Monsieur de Rondfleur. La jambe de gueule d’Ange avait été bandée et monsieur de Rondfleur nous acceuillit avec amabilité, demandant à l’une de ses esclaves de nous apporter de la limonade afin de nous rafraîchir. Il nous fit ensuite visiter une partie de sa propriété. C’est au dîner que nous pûmes lui parler des raisons de notre visite : Nanire et les disparitions. Ces dernières ne semblaient pas le préoccuper. Selon lui, si ses collègues planteurs traitaient mieux leurs esclaves et leurs engagés, ceci n’arriverait pas. De nombreuses bandes d’esclaves marron vivaient sur l’île, et nul doute que les disparus en faisaient partis. Quand à Nanire, il nous indiqua que celui ci s’était enfui à plusieurs reprises, et qu’il avait du abandonner sa bienveillance et lui trancher un pied afin de l’en empêcher. Peine perdue : à peine remis de sa blessure, Nanire avait de nouveau disparu, cette fois ci sans laisser de trace. Il nous expliqua la jalousie des autres planteurs, qui avaient lynché son père voici des années, au prétexte de sorcellerie. Cette perte semblait l’avoir beaucoup affecté. Notre soirée s’acheva dans la bibliothèque, fort bien pourvue, que nul livre occulte ne ternissait. Oui, ma cher sœur, nous avons regardé, inquiet malgré tout de ces rumeurs. Mais Monsieur de Rondfleur ne semblait être rien d’autre qu’un planteur très prospère.
Durant la nuit, mon second, homme pourtant fort laid, fit venir à lui la jeune négresse qui nous avait servi la limonade, Tani. Celle ci lui fit des avances, que l’homme, à la triste figure, comme je te l’ai déjà dit, pris pour argent content. Or, tu le sais, toi qui porte la fausse douceur de ton sexe, que lorsqu’une belle femme, fut elle négresse, attire de ses appâts un homme d’une grande laideur, c’est qu’elle y a un intérêt autre que l’assouvissement du péché de chair. Etant mariée, ma sœur, mon discours ne saurait t’être inconnu. Il passa donc la nuit avec cette jeune esclave, en profitant pour l’interroger avec la subtilité d’une brique, tandis que Gueule d’Ange se faisait changer son bandage par Oudné, un esclave nègre qui était le médecin et rebouteux de la plantation. Oudné… Cela doit être la seule personne a qui nous n’avons pas parlé durant ce séjour maudit. Je ne sais pourquoi. Quand à moi, et bien je fut témoin d’une étrange scène.
Décidé à explorer les lieux plus avant, je fus attiré par une musique sauvage et barbare vers le village des esclaves. Mes compagnons, qui avaient pu découvrir la plantation lors de la journée, m’avaient dit que, chose étrange, nombre d’esclaves semblaient ne rien faire, ne participant pas aux travaux des champs. La musique provenait d’une case située au centre de ce qui semblait être le cimetière de la plantation. J’entendais des ahanements, des cris quasi animaux, des gémissements et des soupirs ; le bruit des tambours, frappant en rythme, et des calebasses résonnaient dans ma tête. Je vis l’ensemble des nègres danser autour d’un poteau, certaines négresses à moitié nues s’agrippant à lui dans des poses obscènes. Chacun se frottait, dansait, étirait son corps ; certains tombaient au sol, tremblant tel des malades du Haut Mal, avant de se relever, le regard vide, leur gestes différents, alors qu’on les revêtaient d’habits étranges… Mais plus étonnant, je vis Monsieur de Rondfleur se prêter à ces pratiques impies. Je revins dormir dans la chambre que nous avait préparée Tani, l’esprit fort troublé.
Le lendemain, nous explorâmes plus avant la plantation. Nous pûmes constater une grande différence entre deux parties du village. A l’est, aucun négrillon n’était visible, contrairement à la partie ouest. Bien plus étrange étaient les pyramides qui ornaient cette même partie ouest. Cinq pyramides avaient en effet été construites en bois peint. A plus grande, de couleur jaune, faisant 4 mètres de haut et les autres, placée au nord, au sud, a l’est et a l’ouest, c’est a dire, comme le fit remarquer avec étonnement le second, au quatre points cardinaux, faisant 3 mètres de hauteur. Lorsque nous interrogeâmes les habitants de cette partie du village, nous n’entendîmes rien à leur babillage de sauvage. Ils prétendaient être « zombi », quoi que cela puisse être, mais que Nanire les avait sauvé. Nous nous lançâmes dans des spéculations étranges sur le terme qu’ils avaient employés, certains d’entre nous, visiblement touché par le démon, semblant en savoir plus que de raison sur ces « zombis », mais la Sainte Parole du Seigneur, dans une grande Ire, nous ramenât a la raison (là, c’était une PUTAIN de BOURDE au niveau rp, les gars, vos discussions sur les zombis…et ça a pas été la seule de la partie… en fait, y’a eu QUE ça !!! je suis colère)
Evidemment, aucun ne savait où était Nanire. Nous avons cependant appris que l’étrange case ou les nègres se livraient a leurs rites s’appelaient un « Hounfor ». Quand aux pyramides, c’était les symboles de leurs Dieux. Je désignais à mes camarades le « Hounfor ». Là encore, dans cette partie du village, aucune des personnes interrogées ne savaient ou était Nanire. Et quand nous leur demandâmes ce qu’était les « Zombis », aucun ne pu nous répondre. Seul un enfant, que mon second questionna, lui répondit que si il n’était pas sage, les zombis allaient venir le prendre. Mon second sembla un instant prendre cette information pour argent content, avant de comprendre, devant notre regard navré, que cela n’était rien de plus qu’une histoire de croquemitaine comme les parents en racontent aux enfants depuis la Création.
C’est là que nous vîmes également un nègre de haute stature se poser au milieu du village, et annoncer, comme si il connaissait les desseins de Dieu, le temps du reste de la semaine. Ainsi, selon lui, il pleuvrait chaque nuit. Lorsqu’un nègre lui dit qu’il préférait qu’il pleuve la journée, il répondit qu’il devait en référer au maître. Tu comprendras que nous étions perplexe. Nous avons donc décidé de refaire la même visite, mais cette fois ci de nuit. Dans un premier temps, nous fûmes surpris de voir des esclaves travailler dans les champs par la nuit. Leur gestes étaient lents, leur regards vide, et cela nous causa grande frayeur, mais des hommes abrutis par un travail répétitif peuvent parfois ressembler a cela. Monsieur de Rondfleur nous dit plus tard que certains de ses esclaves préféraient travailler la nuit, plus agréable selon eux.
Alors que nous nous dirigions vers le « Hounfor », nous vîmes une jeune femme d’une grande beauté en train de laver son linge. Comme elle ne semblait pas participer aux rites, nous décidâmes de lui parler. C’était une simplette, par le fait, et en raison de cela, elle n’avait pas été autorisé a se joindre aux autres. Elle répondit à nos questions avec candeur, se moquant gentiment de nous lorsque nous disions, et cela arrivait souvent, quelques paroles de grandes bêtises. Elle nous a dit s’appeler Brigitte et que les personnes dans les champs étaient les serviteurs de la Grande Brigitte, qu’ils aidaient les esclaves et les défendaient des blancs. Elle nous dit également que Nanire était en grand danger, et qu’il fallait que nous le retrouvions vite. Puis elle retourna à son lavoir. [1]
L’esprit troublé, nous retournâmes nous coucher.
La journée du lendemain fut stérile. Poussé par une idée subite et que j’avoue moi-même, stupide, nous avons erré dans la jungle, en appelant Nanire et en hurlant que nous souhaitions le ramener chez lui. Oui, ma sœur, j’étais tel ces fous qui errent sur la lande en parlant aux animaux. J’en blâme le soleil infernal de ces contrées. Cependant, vers midi, un spectacle étrange eut lieu. Le même nègre qui avait annoncé la pluie et le beau temps grimpa au sommet de la « Grande » pyramide, et mesura la hauteur du soleil avec une sorte d’astrolabe, puis retourna un grand sablier.
Ce n’est qu’en revenant de la jungle qu’un esclave vint vers nous en pleurant. Il clamait être un bon chrétien et ne voulait pas que les démons prennent son âme. Il nous prévint qu’un rite, qu’il appelait « Mange le mo » allait avoir lieu le soir même. Il nous donna rendez vous a la minuit afin de nous indiquer le lieu de ce rite. Il nous indiqua aussi qu’il avait pris contact avec l’un des voisins de Monsieur de Rondfleur, Monsieur de Lamarque, qui voulait faire une expédition punitive sur la plantation. Le soir même, nous l’accompagnâmes jusqu’à une grotte, assez loin de la plantation.
C’est là que notre raison a commencé de vaciller, bien que je sache que certaines drogues peuvent annihiler tout sentiment de douleur chez un homme.
Dans la lueur vacillante et fantomatique de torche, allongé sur une table en pierre, gisait un nègre, entièrement nu. Monsieur de Rondfleur, Obutu, et un dernier nègre, d’une grande beauté, étaient présent, vêtus de violet. A la grande surprise de mon second, Tani était là, également habillée de violet. Oudné frappait des tambours. A leur pied, un bouc et une poule, tous deux noirs, déambulait librement. Dans le vacarme assourdissant des tambours, les personnes présentes s’inclinèrent, comme pour l’honorer, devant un citronnier, puis tous se mirent à danser. La danse dura plusieurs dizaines de minutes, avant que Tani ne commence a tracer sur le sol des signes démoniaques, fait de croix inversée ou se finissant par un point d’interrogation. Tout cela se faisait durant des danses et des hurlements. Une fois les signes impies tracés sur le sol, Tani se remit à danser, son corps a moitié nu luisant a la lueur des torches. Puis sa danse changea, devint plus frénétique, plus folle. On lui apporta un collier d’os, une robe violette, une dent d’agouti et une scie. Elle se dirigea vers l’homme allongé et commença… je te jure ma sœur, que cela et vrai. Elle commença a lui trancher la boite crânienne, sans que celui ci ne fasse un mouvement. Nous pensions au début que cela était un cadavre. Mais a ce moment là, alors que la scie était à la moitié de sa terrible besogne, il leva un bras et désigna l’endroit où, cachés, nous attendions. En rugissant, d’autres hommes sortirent alors de la grotte, semblant des barbares des temps anciens, nous regardant avec leurs yeux vides et effrayants, et, une nouvelle fois, nous preferames la fuite.
C’est durant cette fuite que je chus. L’un des « morts », car je ne trouve pas d’autres mots pour les décrire, allait se jeter sur moi quand une ombre surgit et le frappa, murmurant des mots que je compris mal, mais qui me furent répété par la suite : « mapoya luüechekébouli ioeüani », et qui signifiait « Mabouya, recrache l’esprit ». Je ne sais ce qu’est Mabouya, ne l’ayant pas demandé. Je sais, ma sœur, mon manque de curiosité sera ma perte, et, en cette occasion, elle le fut presque. Le mort qui allait m’assaillir était visiblement en train de reprendre ses esprits, mais j’étais déjà reparti. J’entends encore ses cris déchirant quand d’autres sont arrivés. Aurais je du le sauver ?
De retour à la demeure de Monsieur de Rondfleur, nous partimes nous coucher. Seule exception, le second de mon bâtiment décida d’aller visiter les champs. Ces mêmes champs où certains esclaves travaillaient la nuit. Il en revint atrocement blessé, la jambe déchirée, frappé, selon ses dires, par un mort qui marche. Il raconta lui avoir percé le poumon sans que celui-ci ne s’arrête. Nous n’y prêtâmes pas attention… ou plutôt, pris dans mon idée, tu connais mon caractère têtu qui me vient de nos ancêtres bretons, je n’y prêtais aucune attention. Cela a toujours été mon souci, tu en conviendras : je n’écoute que rarement les autres.
Le lendemain, le même nègre qui était monté au sommet de la Pyramide s’en revint. En regardant le sablier, puis en prenant de nouveau les mesures solaires, nous vîmes son visage se décomposer. Il leva les bras au ciel de désespoir, puis retourna dans sa case, le visage désespéré. Nous n’apprîmes le pourquoi que plus tard, car nul ne songea sur le moment à lui demander les raisons de sa tristesse. Je sais, ma sœur, je sais… Une nouvelle fois, je montre la curiosité d’un paysan. La vie de pirate me convient elle ? Car j’avoue avoir du mal à comprendre cet idéal de liberté, cette volonté de n’obéir a personne qu’ont la plupart de mes hommes. Je me prends parfois à les diriger comme lorsque j’étais officier, et je sais que cela les exaspère de plus en plus.
L’après midi, nous avions décidé de nous rendre dans la plantation voisine, afin de rencontrer Monsieur de Lamarque. Nous avons pu voir, à cette occasion, que les dires de Monsieur de Rondfleur sur la brutalité de ses confrères n’étaient pas exagérés, lorsqu’une jeune négresse, tremblant de peur devant son maître, manqua de renverser de la limonade. Celui-ci la battit terriblement, frappant son visage de sa cravache. Alors que je t’écris, je me demande comment nous avons pu considérer Monsieur de Rondfleur comme un homme maléfique. Repenser aux cris de cette jeune négresse me renvoie toujours à la bonté que Monsieur de Rondfleur manifestait envers tous. Il doit être mort, maintenant, et ses esclaves vendus a ses concurrents, car lorsque… mais je m’embrouille…
Monsieur de Lamarque nous appris que le père de Monsieur de Rondfleur était un sorcier, et que son fils suit ses traces. L’un de ses engagés l’avait vu, alors qu’il tentait de s’enfuir de sa plantation. De peur pour son âme, il avait préféré revenir servir son maître cruel plutot que de la voir damnée. Ma sœur… Je regrette parfois ne pas avoir tué cet homme, ce Lamarque… Et j’espère qu’aucun de mes hommes n’apprendra que nous ne l’avons pas fait. Cet homme est la négation de l’idéal de la piraterie, idéal que, comme tu dois le savoir, je n’appréhende toujours pas. Lamarque nous demanda, par courtoisie, de l’aider a retrouver trois engagés qui avaient disparus lors des jours précédents, en allant chercher de l’eau au puits. Il n’était pas difficile de suivre leur trace, et nous nous enfonçâmes dans la jungle, au grand dam de Gueule d’Ange et de Mr de Moulinsard. Car, chose étrange, tous deux étaient devenus réticents à cela. Nul doute que leurs expériences passées soient la cause de cette phobie. C’est a quelques centaines de mètre de l’orée de la foret que nous aperçûmes un corps, pendu au branche d’un arbre. Son cou avait été écrasé, comme par l’un de ces serpents constrictors que l’on trouve, dit on, dans les terres portugaises du sud, au Brésil. Son corps avaient été lacérés et massacrés. Mais des engagés, nous ne trouvâmes point trace, et nos talents, plus adaptés à la vie marine, nous servait bien peu pour pister des hommes visiblement désireux de fuir un mauvais maître. A notre retour à la plantation Lamarque, nous entendîmes les cris de stupeur et de frayeur des autres engagés, attroupés autour d’un spectacle que nous ne pûmes apercevoir. Monsieur de Lamarque, à coups de cravache, s’empressa de les écarter et c’est avec horreur que nous vîmes les corps des trois disparus. S’ensuivit une discussion entre les hommes de monsieur de Lamarque, qui voulaient que les cadavres soient brûlés, afin qu’ils ne reviennent pas les hanter et leur maître qui souhaitait les enterrer chrétiennement. Ce dernier donna ses ordres, et les trois malheureux furent mis en terre. Bien que rien ne nous permette de soupçonner que les morts revenaient à la vie, si ce n’est la parole de Moulinsard, nous décidâmes de surveiller leurs tombes. Là encore, ma chère sœur, je te prie de croire mes écrits, bien que je ne me demande parfois si je n’ai pas cauchemardé.
Au cours de la nuit, les trois hommes sortirent de leurs tombes et revinrent à la vie. Je te jure que je l’ai vu, aussi vrai que je vois de là où je t’écris la demeure du gouverneur de la Martinique ! Cette fois ci, notre courage ne nous manqua pas, et nous pûmes les suivre alors qu’ils entraient sous la canopée. Ils nous menèrent jusqu’à une grotte. De crainte de ce que nous pourrions y trouver, nous repartîmes. Hélas, les morts nous repérèrent et nous donnèrent la chasse, de leur démarche chancelante et maladroite. Incapable, en raison de nos blessures, de nous réfugier dans les arbres, c’est sous les hautes feuilles que nous nous réfugiâmes, attendant de les perdre. Cependant, l’un d’eux me repéra, et c’est avec frayeur que je levais ma rapière.
C’est alors que, pour la deuxième fois, je fus sauvé par l’intervention d’un inconnu. Une fiole s’écrasa sur mon agresseur, et celui-ci sembla reprendre ses esprits. Sans réfléchir, je l’empêchai de hurler sa frayeur, alors que d’autres morts passaient autour de nous.
Apres cette nuit, le repos fut le bienvenue lorsque nous rentrâmes a la plantation de Monsieur de Rondfleur.
Nous étions toujours à la recherche de Nanire, et nous continuions de nous soucier comme d’une guigne de ces disparitions. Je suis persuadé, maintenant que tout ceci est derrière nous, que si nous avions parlé à Oudné, si nous avions essayé de comprendre les deux aspect de cette étrange plantation, nous aurions compris ces événements et nous arrêterions d’en hurler la nuit. Au matin, le village hurlait de douleur, alors que trois nègres avaient été massacrés avec ce que je jugeais être une hache grossière. Evidemment, ma sœur, nous ne posâmes AUCUNE question sur ces meurtres…
Tout se précipita le lendemain.
Dieu décida de nous aider, devant notre incapacité à trouver Nanire, ou à nous interroger sur les événements réels dans cette plantation. Sache, ma sœur, que pris dans notre frayeur, nous n’avons jamais songé a discuter avec Oudné.
De retour dans le village des pyramides, nous vîmes l’étrange forme d’une jeune négresse dont la peau était couverte de poussière d’or. En la questionnant, nous comprîmes que cette jeune femme allait être sacrifiée aux Dieux. Cela ne nous choqua pas. Et oui, ma sœur : nous étions choqués de voir des morts se lever, mais le sacrifice humain, la mort d’une jeune négresse innocente nous laissa de marbre. Etrange, ne trouve tu pas ? Peut être que le sacrifice symbolique de Notre Seigneur lors de la Communion nous avait préparé à cette idée ? (Ou peut être que vous jouiez comme des brèles ?). Elle portait une tunique ocre, avec le dessin d’une maison blanche. Eglantine se souvint alors que l’un des disques d’or que nous avions récupéré portait également ce dessin. Un nègre put alors répondre a nos questions sur les pyramides. Il était gras, suffisant, et portait une tunique avec le dessin d’un lapin indigo, semblable à la sculpture du deuxième disque d’or.
Les pyramides représentaient les dieux païens des anciens Aztèques, conquis voici deux siècles par les Espagnols. Il nous dit qu’un Grand Aztèque était venu et les avait libérés, en leur montrant la voie du Soleil. La grande pyramide, de couleur jaune, était celle de Tonatiuh Ollin, le Cinquième Soleil ; elle était entourée, au nord, de la pyramide noire de Tezcatlipoca, le roseau noir ; au sud, de la pyramide bleue de Huitzilopochtlui, dieu de la Guerre ; de la pyramide rouge de Tlaloc, dieu de la pluie, a l’Est ; et enfin de la pyramide blanche de Quetzalcóatl. Boundé était le prêtre de Huitzilopochtlui, et grâce a lui nous pûmes parler à Désirée, prêtresse de Tezcatlipoca, et à Mogutu, prêtre de Tlaloc. Ce dernier nous permit de faire passer un message à Nanire, qu’il était le seul a voir régulièrement. Il eut également un geste bizarre lorsque nous lui demandâmes les raisons de sa tristesse des jours précédents : il désigna le soleil en disant « il se meurt ».
Heureux de voir enfin notre affaire avancer, et toujours aussi peu curieux de connaître le point de vue des personnes de l’autre coté du village, nous partîmes nous coucher. C’est cette nuit là que je fus réveillé par Obutu. Le contremaître de la plantation ne nous avait pas caché son hostilité, et il était en train de fouiller mes affaires. En me voyant éveillé, il s’enfuit, et je le poursuivi. Je tombais né a né avec deux « morts qui marchent » (excuse moi, ma sœur de ne pas avoir trouvé de terme plus court). Mes chances étaient minces, mais je me préparai a me battre. C’est alors que Tani sortit de la chambre de Moulinsard pour toucher les deux adversaires, qui s’effondrèrent. Avec une grande arrogance et une violence contenue, je lui demandai des explications. J’étais aveuglé par la colère, ma sœur, et, en ce moment, je compris que si elle avait voulu me tuer, elle aurait pu le faire d’un geste. Oui, ma sœur, je menaçais cette femme qui venait, d’un geste, de faire disparaître deux êtres qui avait malmené les deux meilleurs combattant de mon équipage, que j’avais vu trancher facilement le crâne d’un homme. Oui, ma sœur, ton frère est parfois un imbécile impulsif.
Me jetant un regard dédaigneux, elle partit en direction de la case d’Obutu, située a coté de la demeure du maître. Nous entendîmes alors le contremaître se faire rudement tancer. En effet, aucun d’entre nous, malgré les évidences, n’avait cru penser que Tani put etre autre chose qu’une simple servante. Le dialogue qu’ils tinrent fut étrange. « Mambo, je m’excuse devant toi et devant l’éternelle Lissa, mais Oudné a prédit me danger que représentait les sales blancs que le maître a invité » « Oudné n’a fait aucune prédiction depuis la mort du vieux maître » « Si, Ô Mambo ! Il m’a fait cette prédiction lorsque je suis allé le voir comme a mon habitude le jour de Baron Samedi. Et on dit qu’il a aussi prédit que le baron samedi et la Grande Brigitte feront pleuvoir des torrents de sang et de mort sur le village ! » « Que t’as t’il prédit, Obutu ? » « Il a dit qu’ils étaient un danger pour le Grand Mystère » « Tu mens Mal ! Si tu cherche a leur faire du mal, c’est parce que tu as peur de perdre ta place, Obutu ! » « Mambo, je ne veux prendre aucun risque. Je ferai mon possible pour les éliminer et le plus tôt possible. » « Il n’en est pas question. Le maître et Lissa ne le veulent pas ! Tu seras choisi si tu en es digne, pas si tu tues pour ça ! Fais comme le Bon Maître » « Il est trop faible pour être l’Elu, je ne suis pas un mouton, moi ! » « Tu oublie à qui tu parles ! Rentre dans le rang ou tu finiras serviteur de l’Ombre » « J’implore ton pardon. Je te jure que je ne recommencerai pas ! » « Ne confonds pas force et violence, car la violence témoigne de ton manque de confiance en toi, mais aussi en moi » Cette dernière phrase, ma sœur, était dite avec une voix plus douce, totalement différente. « Oui, éternelle Lissa. »
Je t’imagine lisant ma lettre, ma sœur, et te disant : « cette fois ci, ils vont enfin aller voir Oudné » Et non… Nous n’y sommes pas allé, en dépit du fait que ses prophéties soit la cause de l’hostilité d’Obutu à notre égard.
Et oui, ma sœur, trop obnubilés par le fait de retrouver Nanire, nous n’avions pas prêté un seul instant d’attention a la dispute entre Tani et Obutu, et nous repartîmes nous coucher, dormant comme des loirs. Cependant, je fus réveillé par Gueule d’Ange. Je le vis marcher tel un somnambule en direction de la case de Désirée, la prêtresse de Tezcatlipoca. Malgré mes effort pour l’en empêcher, je la vis la massacrer avec cette lame aztèque qu’il avait trouvé dans le trésor de Vane. Au matin, il n’en avait aucun souvenir, si ce n’est un reve etrange, cauchemardesque.
Le lendemain soir, nous pûmes voir Nanire, mais sans Gueule d’Ange ou Moulinsard, qui, selon Mogutu, le prêtre de Tlaloc, étaient sous l’influence de Lissa. Afin de ne pas prendre de risque, et comprenant les enjeux, ils acceptèrent de rester attachés durant la nuit. Celui-ci nous dit qu’il ne partirait pas sans avoir tué Lissa, mais que celle-ci ne quittait jamais son repaire, la crevasse que nous avions déjà repérée. Il avait un plan pour la tuer, a l’aide du javelot sacré de Huitzilopochtlui. Mais il n’avait aucun plan pour s’échapper. Avec notre aide, il put préparer un plan de sortie.
De retour à la plantation, je donnais mes ordres, sans même une explication à mes hommes. Je sais, ma sœur, j’aurai d’abord du leur expliquer ce qui s’était passé, quitte a mentir, avant d’ordonner. Mais les vieilles habitudes de la Royale sont dures à perdre. Mon second se livra cependant a un interrogatoire en regle, me coupant la parole plusieurs fois de suite, comme a son habitude. Je lui expliquais que des esclaves marron s’étaient réfugiés dans une grotte et que, pour aider les planteurs, nous allions les déloger. Il ne comprit pas, mais obéit. Gueule d’Ange nous prépara a tous des grenades, et des bouteilles de rhum nous fournirent des moyens de mettre le feu. Nous devions passer à l’action le lendemain soir. Tu te dis que durant ces deux jours, nous aurions pu continuer de nous renseigner, mais non, tel était notre aveuglement. Mais bref, je ne vais pas continuer a me morigéner.
Le lendemain soir fut assez rude. Seul Eglantine vit l’intérieur de la grotte, car elle était beaucoup plus fine et discrète que nous le fûmes. Et, à ce jour, elle refuse de nous parler de ce qu’elle vit. Nanire tua Lissa, cette femme mystérieuse dont nous ne savions rien faute de nous être renseigné. Eglantine revint atrocement blessée, la grenade confectionnée par Gueule d’Ange lui ayant sauté dans la main. Utilisant grenade et bouteilles enflammées, nous repoussâmes les hordes de mort, fuyant plus que combattant, et repartant dés notre retour a la plantation en direction de Saint Pierre. C’est de là que je t’écris, ma chère sœur. Je viens de rencontrer le gouverneur, qui a décidé d’envoyer la troupe chez Monsieur de Rondfleur. Nul doute que sa plantation ne soit détruite et ses esclaves vendus. Cela me laisse un goût de cendre dans la bouche, ma sœur, que ces braves nègres ne tombent dans les griffes d’un Lamarque… Suis-je devenu pirate pour laisser d’autres hommes êtres asservis ? Si l’équipage l’apprend, je risque de perdre leur confiance… encore plus… Je crois que je n’ai rien compris à l’idéal pirate… Que vais-je devenir ?
Fait à Saint Pierre de la Martinique, le jeudi 1er septembre de l’An de Grâce 1718.
« La lettre s’arrête là » « Ben par le cul du diable, messire, c’est une foutue histoire que vous me racontez là… quand on a vu débarquer le capitaine et les autres, avec l’Aspic qui avait failli perdre ses doigts, on s’est demandé ce qui s’était passé ! Et je vous dit, Monsieur, si on avait su que le capitaine avait laissé vivre un homme comme Lamarque, on aurai refusé de continuer a lui obéir !! Moi je vous le dis !!! Les nègres, passe encore, mais ce gars là avait des engagés !! Des blancs ! » « Je vois… Et après » « Apres ? » « Que s’est il passé après votre départ de Saint Pierre ? » « Ben on est retourné sur l’Ile de l’Enfer Vert ou les sauvages étaient foutrement content de retrouver leur ami ! Parait que c’était un prêtre, chez eux ! On a pu trouver le trésor de ce couard de Laserna. L’Indien nous a aussi donné son javelot, qui était pareil a celui de la tenture qu’on avait acheté, et un disque en or, avec le centre en onyx avec un roseau sculpté dessus. Ca nous en faisait trois, si on compte bien. Mais surtout, on a trouvé le deuxième morceau de la lettre. » « Et ça vous a mené ou ? » « Ben au début, on savais pas trop… » [1] Une note griffonnée nerveusement en marge de la lettre, de la main même du capitaine, révèle ceci : « par le Diable… Eglantine vient de me dire, elle qui est seule entrée dans cette grotte maudite, que la jeune simplette et la terrible Lissa ne faisait qu’une !!! Pourquoi ne nous a t’elle pas tué à ce moment là ? Y’avait il encore de l’Humanité en Elle ? Avons nous fait le bon choix en aidant Nanire ?!!! Aurions nous pu la sauver ?!! » November 26 Star Trip III : Battle of the MoleSTAR TRIP III : Battle of the Mole !!! « T’as vu la taille de ce truc ? », chuchote Puke, impressionné. « De quoi ? De la pelle a tarte ? », lui demanda Han Sodo. « Évidemment, de la pelle à tarte, crétin, il allait pas parler de la taille de votre engin !! », maugréa la Princesse. « Quel engin ? Le Pigeon ? » « Non mais quel abruti… »
A bord du vaisseau du Capitaine Picrate, l’hystérie collective désespérée et violente avait dégénéré en une hystérie collective jubilatoire et défoulante. Le capitaine et son second, encore occupé a s’étrangler mutuellement quelques secondes auparavant dansaient maintenant un mélange de valse lambadesque matinée de tango carioquesque en hurlant « on est vivant !! Vivaaaaaannnt ». Dans la salle des machines, la liesse régnait également presque partout. Alors que les ingénieurs dansaient une farandole endiablée (à peine handicapée par le fait que Geordi se cassait la figure toute les trois seconde), seul l’enseigne Wilkins, l’auteur du GCPAHDB se lamentait : sa cheville brisée allait lui valoir de recevoir les soins du médecin du bord, chaude partisane des soins sans anesthésie (« c’est pas un vaisseau de tarlouze, ici, alors j’ai pas fait embarquer ces conneries de tranquillisants ! »). Le calme ne revint que lorsque la voix froide du lieutenant Files emplit les hauts parleurs (nécessaires pour se faire entendre quand un équipage de 2000 personnes se met a hurler au même moment sa joie de vivre). « Vaisseau de type inconnu à portée de nos senseurs. » « Bon, tout le monde à son poste, on est vivant, mais si on fait pas gaffe, on va pas le rester. Mr Files, rapport ! », dit le capitaine en saisissant une bouteille de Merlot. « Un vaisseau de type inconnu se trouvait à la sortie du vortex, capitaine. Il peut s’agir des responsables, bien que les probabilités soient en faveur de l’action de Mr Leofourno comme d’un vaisseau arrivé la par hasard. J’ai également lancé un diagnostique pour connaître notre position exacte, en se basant sur la position relative des corps stellaires proches. Je devrai recevoir une extrapolation précise d’ici quelq… » Pop !! « Aahhh putain, récalcitrant le bouchon !! Ok, j’ai compris : on sais pas ou on est, ni qui sont ces types. Une seule question : ils sont gros comment ? Nan, paske si ils ne sont pas gros, on les explose, histoire de se calmer les nerfs, d’alléger la tension et de se défouler après le stress post vortex. Si il est trop gros, on cause. Déjà, il nous a pas tiré dessus, donc il est pas hostile, et on pourra lui tirer dessus par surprise sans qu’il se doute de rien. Pas mal, hein conseillère, comme idée pour détresser l’équipage ? » Deanna Illion, psychologue du bord, regarda le capitaine en souriant et en croisant et décroisant ses jambes tellement longues qu’elles touchaient le sol. « Très bonne idée capitaine, même si c’est la tension sexuelle de l’équipage qui me préoccupe. Cependant, comme on me l’a expliqué dans les cours de psychologie par correspondance que j’ai suivi après ma formation de coiffeuse, ‘faites l’amour, pas la guerre ; mais si tu ne peux faire l’amour, alors explose leur la tronche’. » « Parfait ! Alors, Mr Files, on a quoi ? » « Simple éclaireur, vu sa taille, capitaine. Pas plus d’une dizaine de personnes à bord. Par contre, ses boucliers m’empêchent de lire le nombre exact de signe de vie ou leur armement. » « Ca va donner… Alerte rouge ! Tout le monde à son poste, chargez les lasers, on va se détendre un coup ! »
« A votre avis, Princesse, c’est un nouveau type de vaisseau de l’Empire Galactique™ ? », demanda Han. « Non, les vaisseaux impériaux sont battis sur le modèle du fer a repasser. Celui là ressemble clairement a une poêle a frire avec deux fourchettes dans le cul, rien a voir…. Non, là, c’est autre chose… » « Les Mon Calamari, peut être ? » « non plus… Ces foutus sushis ambulants savent pas faire de vaisseaux sans mettre des blobs ou des bubons immondes. » « Hostile ou pas ? » « Ben… les instruments montrent rien : pas d’armes connues en tout cas. Mais vu qu’ils nous ont pas encore éparpillé dans l’espace, on peut supposer qu’ils sont pas trop hostiles… » « FONCE !!!! »
Puke bourra Han en hurlant et en commençant a tripoter frénétiquement les boutons de commandes. Il enfonça apparemment au hasard une série de boutons ce qui eut pour effet de projeter le Pigeon dans une série de tour sur lui-même, tel une patineuse artistique sous acide, au moment même ou l’étrange poêle a frire cosmique tirait un trait de lumière dans leur direction. La série de looping fit revenir son repas (salade légère, avec des légumes et des fruits, bref, un repas de gonzesses) à Chouchoubacca, mais le vaisseau parvint grâce a cela a éviter une nouvelle série de tir. « Ils sont putains d’hostile, oui !!! », hurla la princesse, griffant le bras de Sodo tel la panthère psychopathe. « Et vous, restez pas comme un con !! A la tourelle et ripostez, merde !! » Sodo ouvrit la bouche pour répondre, mais une embardée brutale fut de nouveau accomplie par Puke afin d’éviter un tir franchement agressif. « Putain, mais comment il fait pour esquiver comme ca ?!! » Puke lui répondit d’une voix neutre, différente de la voix de paysan idiot qu’il avait habituellement. « La Force me guide. Mettez votre confiance dans la Force, et nous serons sauvés. » Han et la princesse se regardèrent. Cette dernière, en faisant tourner son doigt vers sa tempe, résuma leurs sentiments a tous deux, pour une fois accordés. Han hocha la tête et se dirigea vers la tourelle, avant de commencer a riposter aux tirs ennemis, et avec plus de succès, vu la taille de la cible.
« Pourquoi on les touches pas ?!! Nan, mais pourquoi on les touches pas ?!! Dorf, vous êtes bourré ou quoi ?! » « Capitaine, leur bouclier est… étrange et brouille nos ordinateurs de visées. Je suis obliger de tirer manuellement ! », répondit l’intéressé. « ça vous change pas », souffla le capitaine dans un murmure a peine audible (c’est pas qu’il avait peur, mais il tenait pas trop à se faire arracher la tête). Le lieutenant Files, son visage toujours aussi inexpressif qu’un grille-pain rajouta son grain de sel : « leur pilote est un virtuose, bien meilleur que le meilleur de nos ordinateurs. Il réussit à éviter chacun de nos tirs, à la dernière seconde, comme si il devinait quasiment là ou Mr Dorf avait choisit de tirer. » « Vous voulez dire que c’est un putain de devin qui pilote cette bouse ? » « Hautement improbable, Capitaine, les cas de prescience étant extrêmement rare dans la galaxie. En fait, on ne dénombre que… » « Ou alors c’est un foutu télépathe, qui lit les pensées de Dorf » « Malgré la distance entre nos vaisseaux, c’est plus probable qu’un cas de prescience. » « Bon… on va faire un test. Un tir toute les quart de seconde, de manière aléatoire, dans la direction du vaisseau. Si il évite, c’est qu’il est prescient et qu’on est pas dans la merde. Sinon, on se posera plus la question. Dorf, reconfigurez les ordinateurs ! » « A vos ordre, capitaine, mais cela me prendra plusieurs minutes. » « Alors magnez vous le train. »
C’est alors que le vaisseau trembla légèrement, renversant une goûte de vin sur le sol. « c’était quoi ça ?! Files, pilotez un peu mieux, merde ! » « Capitaine, notre cible riposte, et ses tirs n’affectent pas nos boucliers, bien que les dégâts qu’elle inflige soient minimaux » « Comment ça, ça passe les boucliers ? » « Leurs armes ne sont pas basées sur les mêmes principes que les nôtres, et nos boucliers sont inopérants. » « rapport d’avaries ? » « comme je le disais, des dégâts minimums sur la coque, mais un tir bien placé pourrait toucher nos moteurs de distorsion. » « Bravo les mecs, je suis fier de vous, on se fait ridiculiser par un moustique… »
Puke avait les yeux fermés, les doigts volants sur les contrôles de l’appareil de manière instinctive. Il sentait autour de lui vibrer les deux vaisseaux, percevaient la moindre émotion ou étincelle de vie chez leur adversaire ; il sentait l’anxiété de ses camarades, la tension qui régnait entre eux ; il était un avec la Galaxie, la Force était avec lui. Il se souvenait des leçons de son mentor, Hobby Vent Kavomi, vieux sage de sa planète natale, Tataouine les Bains de Sable. « Tu va la sentir, la Force, petit con !!! » « Ferme les yeux et évite mes baffes ! » Les tirs devinrent plus frénétique, plus aléatoires, mais Puke parvenait toujours a les éviter. Han, a la tourelle, s’amusait comme un petit fou, hurlant d’une voix hystérique des obscénités. La Princesse, aidées de Chouchoubacca et des deux robots, se démenait pour réparer les diverses avaries dues au pilotage musclé et apparemment sans logique de Puke, passant autant de temps a éructer des jurons bien déplacés dans la bouche d’une jeune fille de bonne famille qu’a manier tournevis, maillets et truelle. « Mais c’est qui ces types, bordel. Au moins les impériaux nous demandent de nous rendre avant de nous canarder comme des cons ! Han, si vous avez une idée, c’est le moment ! » « Yaaaahhhh !! Tora, Tora, Tora !!! J’te nique ta race, Poêle a frire !! » « Han… » (La voix de puke résonna dans son crane) « Tacatacatacatacatacataaaaaaa !!! » « Han » « Piou, piou, piou, shhhhh grrrrraaaaahhhh le pieeed !! » « Han, bordel, tu va écouter !!! » « Hein.. oh putain, j’arrête la picole demain, moi ! » « Han, c’est Puke ! La Force me permet de te parler alors tu va écouter car ça me déconcentre pour éviter les tirs. Tu va viser le bidule rouge qui clignote juste en dessous de la fourchette de gauche ! Allez, crétin, feu !!! » Han appuya comme un cinglé sur la gâchette, déclenchant une série de tirs en direction d’un point qu’il avait pris jusqu'à maintenant pour une jolie décoration, un peu comme une lumière clignotante. Evidemment, il fit le bruitage en même temps.
« Capitaine ! », lança la voix plate de Files, « ils visent notre central d’hyper ventilation synthoréplicante d’antimatière ! » « Ah… euh… c’est grave ? » « Si ils nous touchent, on explose lentement » « Comment ça, lentement ? » « Et bien plutôt, on se consume, mais en moins de 5 minutes. » « Donc c’est grave… ok, les mecs » « Ahem… », grogna Illion. « Oui, pardon Conseillère…Donc, les connards et les poufs, on change de plan. On est defoulé, là, tranquille, donc vu qu’on arrive pas à les toucher, on va revenir à la glorieuse tradition de la CUM ! » « LA fuite ? », dit Files. « L’extermination bactériologique ! », affirma Dorf, « Q’Plah ! » « le viol collectif ? », supputa Illion. « Nan, bande d’andouille, souvenez vous : rechercher des nouvelles formes de vie et de civilisation, blahblahblah… » « vous voulez dire… » « On va parlementer et dire qu’on vient en paix !! Files, ouvrez une communication ! »
A bord du Pigeon, Han exultait, prenant la princesse à témoin. « J’ai failli l’avoir !!! Nan, mais z’avez vu ?!! Un poil de mollet de wookie prêt !! » « Ben ca fait long, donc… » « Nan, mais un wookie imberbe… » La conversation stoppa nette en même temps que le vaisseau, qui devint aussi immobile qu’un cerveau de midinette. « Puke, continue de bouger, on va se faire dézinguer !!! » « Non… je ne perçois plus de tension dans la Force… Ils ne veulent plus nous tuer… Il y a de l’hostilité, mais rien dirigé contre nous… Je ne perçois que de l’incompréhension et une immense bêtise… et la Force est faible, chez eux… » Piuoufuiiiiifiuoouisieiiiiie « Oui, R3 ? » « Maître Puke, R3 signale que nous recevons une communication de la part de l’étrange vaisseau en forme de poêle a frire. Cependant, je n’arrive pas a le comprendre. Leur langue n’est pas répertoriée parmi les 3954615645, 5 formes de communication que je pratique. » « virgule cinq ? » « Le vouloulou, une planète reculé n’ayant qu’une centaine d’habitant et qui s’exprime par toucher rectal. Leur poésie est l’une des plus pénétrante qui existe. » « Et ben voilà, Princesse, vous savez ou aller pour vous faire lire de la poésie si vous avez chaud au c… » Une voix retentit dans la cabine, pâteuse et incompréhensible, avant que la princesse ne réponde, même pour les linguistes distingués qui se trouvaient là. « Y dit quoi ? », fit Han. « Il est pas hostile, c’est clair, mais je pige queue dalle… », répondit Puke. « Poussez vous les guignols », fit la princesse, couverte de cambouis, « On va leur répondre. » se saisissant d’un micro, elle commença a transmettre. « Ici le Pigeon Centenaire ! Pourquoi nous avez vous attaquez, microcéphales ! » « Et vous êtes censées être une diplomate, une plénipotentiaire de l’Alliance Rebelle,, c’est ça ? », murmura Han. « (bruits immondes ressemblant à une voix) » « J’ai rien pané, répétez ! » « Fromage ? commande dans le trou de la cathédrale ! » « Vous êtes bourrés ou quoi ? » « sucre traducteur fonctionne ou pas ! » Une autre voix « Oui, capitaine, à partir des paroles de l’alien nous avons pu extrapoler, et. » « Vous traitez qui d’alien !! » « Ahh, ben vous nous comprenez enfin. Pas trop tôt ! On a eu des problèmes avec notre communicateur universel » « votre quoi ?! » « Ben le communicateur universel. vous allez voir que c’est des primitifs qui n’en ont même pas ! la machine qui traduit instantanément les langues exotiques connues et inconnues, comme ça pas besoin de les apprendre. » « Euh… on a pas ça, nous. On doit apprendre les langues des autres pour se parler, mais on a un robot traducteur. » « des primitifs, je vous dit… » « capitaine, je crois qu’ils vous entendent » « ah ouais… Bon, reprenons. Je suis les capitaine Picrate, du CSS SA. Nous venons en paix, nous sommes des explorateurs ! » « En paix ? » hurlèrent de concert la princesse et Han. La voix de la princesse vira a l’aiguë. « En paix ?! Vous nous avez carrément tiré dessus sans sommation, bande de cons !! » « oula, ma petite dame, je me suis pas retrouvé dans un coin paumé de la galaxie (on est ou d’ailleurs, Files ? vous avez les résultats ?) pour m’engueuler avec une poissonnière. » « Qui tu traite de poissonnière, ducon ?! » « Bon, avec une lavandière, si vous préférez ! Désolé pour vous avoir tiré dessus, on vous a perçu comme une menace. C’est arrangé maintenant, hein, mégadésol’, donc on peut causer de manière calme, non ? Et au fait, pourquoi vous branchez pas vos écrans, qu’on se voit pour causer, quand même ? » « brancher nos écrans ? » « ben, vos écrans, quoi…(« capitaine, apparemment, leur technologie ne leur permet peut être que des transmissions audios… »), ok, putains de primitifs… Bon, laissez tomber, je vous invite a bord de notre vaisseau, on va causer en vrai, ça sera mieux ! Vous n’avez qu’a poser votre vaisseau a l’intérieur du notre, on prépare le comité d’accueil ! », conclut Picrate, arrêtant la communication. « Puke ? », la princesse se tourna vers lui. « Des intentions hostiles ? » « Non, aucune… il est sincère. » « Alors, allons y, ça pourra pas être pire, et ça nous cacheras des vaisseaux de l’Empire. Et pas un mot sur le fait qu’on est pourchassés, hein !! »
« Bon, les gars, on va avoir des invités ! Les officiers en tenue dans 10 minutes ! Files, vous avez les résultats de votre diagnostique pour notre position ? on est dans quel quadrant ? Alpha, Gamma ? » « Et bien capitaine, il semblerait que le vortex ne nous ai pas seulement transporté dans l’espace mais aussi dans le temps. » « Comment ca ?! » « Et bien c’est assez imprécis : nous sommes il y a longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine. »
November 15 Voyage dans les Caraïbes« Dites voir monseigneur, si vous voulez que je continue de vous parler du capitaine, je serai pas contre un coup de tafia » « Tavernier, sers cet homme jusqu’à ce que je te dise d’arrêter » « Vous êtes foutrement généreux, ma parole, des foutus aristos comme vous, on devrait en trouver plus souvent ! » « Continue ton histoire… Vous êtes partis pour Ginger Island ? »
Ouais, après avoir refait des vivres et de l’eau a Basse-Terre. L’Aspic est devenue officiellement not’cambusier a cet occasion. Ca lui permettait d’avoir sa prop’cabine, et puis c’est la seule qui savait compter dans ce foutu rafiot. Faut dire qu’elle avait tenu une taverne a Madrid. On a aussi tenu une assemblée pour dire au capitaine ce qu’on pensait de lui. Il a promis de s’amender et nous a expliqué cette histoire de cartes. En fait, on n’est pas allé tout de suite sur Ginger Island, vu qu’on ne savait pas exactement ou le foutu rafiot de ce bâtard de Cosme de Laserna avait coulé. Donc on est parti pour une île juste a coté, ou il y avait une colonie anglaise, Anguilla. On a mis une quinzaine de jour pour y arriver et en chemin, on a pris une flute de commerce française, l’Orient, je crois. Ca a failli dégénérer entre le capitaine et le second, vu que celui-ci avait contesté ses ordres. Mais faut dire que le capitaine, avec ses idées de vouloir épargner la vie des gens sur les autres rafiots, il commençait tous a nous faire regretter notre choix. La seule chose qui nous retenait de le maronner et de demander au second de nous diriger, c’est qu’on se méfiait encore de lui avec son passage dans l’équipage de ce foutu Vane. On espérait tous que le capitaine allait enfin comprendre, mais il n’en prenait pas le chemin. Le second, lui, a montré qu’il était foutre bon combattant, mais pas doué dans le commerce : il savait même pas combien on tirait des clous de girofles ! On avait qu’une tonne, mais foutre, ça nous a bien fait plaisir. Mais comme il croyait que le capitaine de l’Orient lui mentait quand il disait transporter des clous de Girofles, il lui a coupé l’oreille. C’est là que le capitaine et l’Aspic lui ont expliqué combien ça coûtait. Il avait un air assez stupide aussi. Depuis, avec les hommes, on le surnommait Clou de Girofle. Har !! A Anguilla, les gens étaient un peu tendus comme des boutes, vu qu’on avait signalé le navire d’un nommé Davies dans les parages. Mais franchement, ils avaient rien a craindre : le port étaient trop pauvre pour intéresser même le plus désespéré des forbans du coin. Mais c’est là qu’on a récupéré le Vieux Ben, un foutu bon pilote qui aurait raconté cette histoire bien mieux que moi. Il était bon qu’a trois choses, le vieux Ben : raconter des histoires, mais faut dire qu’il avait navigué avec ce traître de Hornigold, il avait même participé à l’attaque de Panama de Morgan, en 1671 ! Il savait aussi être bon pilote, foutre dieu, ce qui était étonnant chez un ivrogne pareil ! Parce que la troisième chose qu’il savait faire, c’était boire le rhum ! Bref, le Vieux Ben, qui avait pourtant accepté la grâce de Woodes Rogers, est revenu dans la flibuste : si il était pris, c’était la corde assurée ! Mais comme il s’ennuyait, et qu’il n’avait plus assez de pièces pour payer son rhum, il est parti avec nous. Et en plus, il savait où était le navire de Cosme. C’est lui qui nous a appris que Cosme avait touché terre sur Ginger Island, qu’on appelait l’Ile de l’Enfer Vert, pour cacher son foutu trésor. Sur cinquante hommes qui ont débarqués, seuls quinze sont revenus, en ramenant un caraïbe prisonnier.
En fait, l’Ile était assez petite, et le navire de Cosme était a 20 m de fond. On voyait encore le squelette de Cosme sur le pont, attaché à la barre. Y’avait des foutus requins partout, ce qui a pas retenu le capitaine, qui voulait qu’on plonge quand même ! Gueule d’Ange, lui, était partisan de débarquer sur l’Ile pour capturer un des païens qui y vivaient. J’dois vous dire qu’on n’était pas chaud pour plonger ou aller sur l’Ile. Dés qu’on a foutu un canot pour y aller, on s’est pris une volée de flèches, et vu le truc noir qui dégoulinait, elles devaient être empoisonnées. Et, pour sur, impossible de voir un seul de ces foutus indiens dans la jungle ! Le Vieux Ben nous a alors dit que si on retrouvait celui qui avait été emmené par les hommes de Cosme, ptete que les autres nous laisseraient aller sur l’Ile et ptete même qu’ils nous montreraient où le trésor est planqué ! Mais pour ça, fallait retrouver des marins de Cosme. Par la grâce du Diable, y’en avait deux dans l’équipage de Davies, qui était dans les parages. On a commencé à aller de mouillage en mouillage, et on l’a trouvé à Saint Christophe. En fait, quand on est arrivé, on a vu trois navires nous foncer dessus, comme s’ils voulaient nous aborder. Alors on s’est mis a chanter On the Sea, et v’la t’y pas que ça chante aussi de l’autre coté et qu’on tire treize coups de canons pour nous saluer. Nous on fait pareil et on se retrouve cul et chemise avec Davies et ses gars. Ce foutu Davies avait réussi a prendre deux navires plus gros que lui ! Avec son sloop de 6 canons, il avait pris un navire de 24 !! Un foutu type comme ça, on l’a dans sa pogne ou bien on est mort ! Davies nous a appris que Vane cherchait a attaquer une grosse ville espagnole, Porto Bello ou Vera Cruz selon lui, mais qu’il avait refusé, car les associés de Vane ne lui inspirait pas confiance. Faut dire que c’était Teach, ce foutu Barbe Noire, et le pirate sans nom. Donc il était pas tenté et allait bientôt partir pour la Guinée. On a aussi trouvé deux hommes de Cosme de Laserna, deux Italiens, mais ces foutus menteurs voulaient pas qu’on le sache, rapport a ce qu’ils lui avaient fait. On en a parlé à Davies, qui les a convoqué devant son conseil, devant ces Lords, comme ils disaient dans l’équipage de Davies. Bien sur, d’abord, le capitaine, le second et gueule d’ange voulait en tabasser un, voir le torturer… je sais, des fois, votre ancêtre était pas très intelligent… Les deux italiens mentirent devant eux, et accusèrent le capitaine de mensonge. Ce qui enragea le conseil de Davies. « Federico », qu’il a dit, Davies, « tu es en train de me dire que ces gens là sont des menteurs. » « Tripes du Diable, oui, mon capitaine ! » « Et vous », qu’il nous demande, « vous dites que ces hommes ont fait partis de l’équipage de ce Cosme de Laserna. N’est ce pas ? Sauf votre respect a tous, il y a au moins deux damnés fils de putains qui me prennent pour un imbécile, moi et le gentlemen ici présents ! » « Tripes du diable, le premier qui se moquera de moi sans être châtié n’est pas né ! Qu’on les abatte tous pour être sur de ne pas les manquer », qu’a hurlé Milord Kennedy. « Ne nous emballons pas, Milord Kennedy, des damnés menteurs, il n’y en a que deux ici, et comme nos invités ne sont pas de notre équipage, laissons les regler ca entre eux. » qu’il a dit, Davies. Apres, c’est Anstis, Milord Anstis, je veux dire, qu’a donné une idée : un duel entre notre capitaine et Frederico, ce foutu chien d’Italien. Evidemment, l’italien n’a pas eu une chance, et l’autre a été obligé de parler. L’indien avait été vendu comme esclave a un planteur de la Martinique, Monsieur de Ronfleur. Donc, après avoir fait bamboche avec Davies et ses gars, on est reparti pour la Martinique.
L’Aspic connaissait le gouverneur, qui était un ami de son père. Donc on a pu vendre nos clous de girofle. Mais comme on l’avait fait avant de voir le gouverneur, il nous a demandé 1/5ème du prix de la vente, pour qu’il ne dise pas que des mutins étaient là. Le gouverneur a pu nous parler de Monsieur de Ronfleur. Y’avait des choses bizarre qui se passaient a la Martinique en ce moment, pour sur. Les plantations du nord de l’île avaient toutes du mal a produire autant qu’avant, rapport que leurs esclaves et leurs engagés disparaissaient. Y’avait que celle de de Ronfleur qui avait aucun mal, vu que celui-ci traitait ses gens plus humainement qu’il disait. Donc le gouverneur acceptait de nous laisser utiliser son port pour vendre nos marchandises, mais seulement si on allait voir ce qui se passait là bas. Comme de toute manière fallait qu’on retrouve l’Indien, ça dérangeait pas le capitaine. Le gouverneur a aussi parlé d’un prêtre qui était parti pour la plantation, et qui était revenu fou. Donc, quand ils sont partis de chez le gouverneur, le capitaine a essayé de trouver le prêtre. Quand il l’a retrouvé, y’a eu un accident, et le prêtre est mort écrasé par une calèche. L’Aspic, en fouillant un peu le corps, a trouvé une patte de poulet sur lui, ce qui a effrayé les nègres qu’on avait dans l’équipage. Y’avait une boutique, au marché, qui était tenu par un vieil indien, mais pas un indien comme ceux du coin, vous voyez ? Il avait des objets païens dans son échoppe, et y’avait même un foutu disque comme celui qu’on avait retrouvé dans le trésor de Vane. Il a expliqué au capitaine ce que c’était, rapport aux superstitions de ces païens, et le capitaine a voulu l’acheter, avec une vieille tenture montrant un roi païen habillé avec le même vêtement qu’on avait trouvé chez Vane. Vu qu’on était d’accord pour acheter tout ça, vu que c’était lié au trésor, ben le capitaine l’a acheté. Et après, le capitaine, l’Aspic, le Second, et Gueule d’Ange sont parti pour la plantation de De Ronfleur.
October 27 Le Salut du CoadjuteurLe Royaume s’enfonce dans la guerre civile : en Provence, les troupes protestantes s’emparent d’Orange, Sisteron, Nîmes et Montpellier, mais ne peuvent s’emparer d’Aix en Provence. Orange est reprise par les Catholiques le 6 juin, au prix d’un terrible massacre, Sisteron en septembre et Montpellier est assiégée au cours des mois de septembre et octobre.
Dans le Sud-Ouest, les protestants se heurte a un vieil officier, Blaise de Monluc, qui a 62 ans. A la tête de 300 hommes seulement, il affronte l’insurrection générale. En mai, les protestants tentent de s’emparer de Toulouse à la faveur d’une insurrection, mais dés que la nouvelle de l’arrivée de Monluc leur parvient, ils s’enfuient. Monluc les poursuit jusqu'à Montauban, devant qui il met le siège alors même que la garnison est supérieure a ses troupes. Bordeaux est menacée. Aussitôt, Monluc lève le siège de Montauban, fait avancer ses troupes à marche forcé, dépasse l’infanterie et la cavalerie catholique et charge l’ennemi a un contre dix, les forçant à battre en retraite. Rejoint par les troupes catholiques, il reprend toutes les forteresses protestantes qui tenaient la Garonne, faisant régner une politique de terreur, pendant tout les protestants qui tombent sous sa main. Le 9 octobre, les troupes catholiques affrontent les protestants à Vergt. C’est une victoire éclatante de Monluc.
La vallée du Rhône, elle, est soumise a une tornade protestante, dirigée par François de Beaumont, Baron des Adrets. Il a 49 ans. Avec ses 8000 hommes, il prend Valence fin avril 1562, puis se dirige sur Lyon, déjà au main des protestants, y installe une garnison et part vers Grenoble, qu’il prend sans coup férir début mai. Le 15 mai, il prend Vienne. Au mois de Juin, la guerre dans le sud-est devient tragique : Orange, relevant des domaines pontificaux, se déclare pour Condé. Les armées papales, aidées par des mercenaires italiens, et grossies par des troupes catholiques françaises, s’emparent de la ville le 5 juin, massacrant les habitants, catholiques et protestants confondus, se livrant a des actes de sadismes atroces. Le baron des Adrets, apprenant la chute d’Orange, quitte le Dauphiné « la Vengeance au Cœur ». Il prend Pierrelatte et massacre ses prisonniers, de même a Avignon, Bollène. Grenoble reprise par sa population catholique, il y retourne, s’empare en route de St Marcellin, massacre sa garnison, ce qui conduit les grenoblois, épouvantés a se rendre. Il retourne a Lyon, prend Montbrison et massacre la garnison, qui s’était pourtant rendue, et ordonne le pillage de la ville. Horrifiés par ses atrocités, le Prince de Condé le destitue et le remplace par le Baron de Soubise. Il se lance dans des action de guerre d’usure, sans renoncer a ses méthodes atroces.
En juin, cependant, des pourparlers avaient été engagés entre la Reine-Mère et le Prince de Condé. Malgré les fraternisations entre parents de confessions différentes, les discussions échouent. Mais ces pourparlers ont permis au catholiques de gagner du temps : l’armée royale est a quelques heures de marche d’Orléans, 6000 suisses ont été recrutés, ainsi que plusieurs milliers de lansquenets allemands. Philippe II d’Espagne envois également des tercios en renforts a Blaise de Monluc. L’armée catholique atteint presque 40 000 hommes ; les protestants ont 4 à 5000 cavaliers, et une dizaine de gens de pied. De surcroît, une peste se déclare a Orléans, tuant 10 000 personnes. A la fin de l’été, les forces de Condé sont de 5000 piétons et de 1500 cavaliers. Les huguenots se décident alors à contacter des mercenaires allemands, ainsi qu’Elisabeth d’Angleterre. Cette dernière accepte d’envoyer 100 000 couronnes et 6000 hommes a Condé, en échange d’une garantie : la ville du Havre. Le but de la reine est de récupérer Calais, reprise par la France en 1558. En septembre, les envoyés de Condé acceptent le traité. Début octobre, 3000 anglais entrent au Havre ; le même jour, Warwick arrive à Dieppe avec 3000 hommes. Pendant ce temps, d’Andelot, grâce a l’argent anglais, paye 3500 reîtres et 4000 lansquenets. La guerre civile devient internationale.
Le 1er août, Poitiers est reprise au Huguenots. Le but est d’encercler Orléans, ou se trouve l’état-major protestant, pour le forcer a se rendre. Puis le siège est mis devant Bourges, qui capitule le 31 août, aussitôt mise au pillage par les mercenaires allemands. Les triumvirs, se doutant d’une future intervention anglaise, décident de s’emparer de la Normandie. Ils se dirigent vers Rouen à la tête de 22 000 hommes et 6000 cavaliers. D’autres colonnes partent en direction de Lyon, pour reprendre la ville, et de la frontière est, pour empêcher la jonction entre Andelot et Condé. Lyon résiste et Andelot réussit a arriver a Orléans. Fin septembre, Rouen est assiégée. Pendant un mois, les 800 hommes de la garnison vont résister aux 28 000 hommes des triumvirs. Antoine de Navarre est grièvement blessé durant le siège. La ville tombe le 26 octobre, et est aussitôt soumise a un pillage en règle. Le carnage devient incontrôlable, plus de 4000 personnes sont massacrées.
C’est alors, début novembre, que l’Armée des Princes, l’armée protestante, tente un coup de dés inattendu : sortant d’Orléans, malgré la saison froide, ils se dirigent à marche forcé vers l’Ile de France.
La panique gagne aussitôt le camp catholique.
En ces temps troublés, la route menant à Corbeil se voyait emplie de nombreuses familles et gens du peuple, fuyant les exactions de la soldatesque protestante. L’approche des troupes de l’armée des Princes avait crée un vent de panique chez la populace, et les rumeurs voyageaient plus vite que le plus rapide coursiers. On annonçait au détour de chaque coteau l’arrivée des Enfants Perdus de Monsieur le Prince de Condé. Corbeil était loin d’être prise, mais Etampes était déjà, de source sure, aux mains de l’armée rebelle. C’est sur cette route que cheminaient d’un air sombre quatre cavaliers, menant leurs montures d’une main sure en direction de Corbeil. Il ne s’agissaient d’autres que de Luc, Perrinet d’Alretto, Blanche Donnadieu de la Guerroniere et Florimond-Antoine Helion de Baranveil, fidèles de Monsieur de Sanceny, lui même fidèle du Duc de Guise. En mission commandée, on leur avait donné l’ordre de se rendre a Corbeil pour y assurer la protection de Monsieur Jean d’Aigremont, chanoine du chapitre de la cathédrale de la sainte Croix et coadjuteur d’Orléans. Celui ci, après avoir fuit la ville lors de sa prise par les troupes protestantes, avait trouvé refuge auprès de son neveu, Edmond de Ginvilliers, écuyer à Corbeil. Devant les remparts décrépis de la ville, la compagnie comprit que celle ci était, a terme, condamnée. Leurs ordres impliquant de ramener le coadjuteur auprès de l’armée catholique, ils s’en soucièrent peu. Hélas, les desseins de Dieu, impénétrable pour les mortels, allaient leur rendre la tache plus complexe qu’ils ne l’auraient cru d’abord. A leur arrivée, fort tard dans la nuit, ils furent logés à l’auberge des Bateliers, où, de nouveau, les rumeurs allaient bon train. Ce ne fut qu’à l’aube qu’ils purent se rendre décemment à l’Hôtel de Ginvilliers. Novembre était fort avancé, et le froid glaçait jusqu’aux os des hommes les plus robustes. L’Hôtel de Ginvilliers était une fort belle bâtisse, non loin de la porte d’Etampes, porte qui verrait les troupes protestantes arriver, selon toute logique. Monsieur de Vogué s’enquit d’abord de Monsieur de Ginvilliers, à la surprise de ses camarades, leur charge leur enjoignant de demander après monsieur d’Aigremont. Le valet de la demeure leur indiqua donc de se rendre à la porte d’Etampes, où son maître se trouvait. Ce ne fut que lorsque Henri Chasseloup de Vogüé abandonna ses habitudes d’avocat a la cour, préférant les circonvolutions et discours fuyants à l’approche simple et honnête des soldats, et s’enquit de Monsieur d’Aigremont, que le valet, d’un air contrit, se dirigea vers la poterne, afin d’y quérir l’écuyer. Monsieur de Ginvilliers arriva céans et fit introduire les gentilshommes en son hôtel, où ils leur présenta le père Galuret, Vicaire de Saint Spire, et Armand Paludier, un médecin. Les visages défaits des deux hommes, ainsi que leur professions conjointes, ne laissait que peu de doute quand à l’état de la santé du coadjuteur. Les saints sacrements venaient d’être donnés, et Monsieur d’Aigremont se préparait a rejoindre son Créateur. Cependant, en apprenant que les nouveaux venus étaient de la clientèle de Monsieur de Guise, le prêtre indiqua que le mourant avait expressément demandé à ce que les envoyés du Cardinal de Lorraine soit menés jusqu’à lui, ce qui fut fait, non sans quelques réticences de la part de Monsieur de Ginvilliers, peu désireux de voir son oncle importunés par le siècle alors que les Cieux étaient si proches. Une odeur pestilentielle due à la longue agonie emplissait la pièce, horrible brassage entre la pourriture, les déjections et la charogne. Mademoiselle de la Guerronière se trouva fort mal de cette horreur, et faillit défaillir, faible créature que sont les femmes, mais sa volonté lui permit de rester. La souffrance du coadjuteur, visible sur son visage tordu de douleur et sur ses draps griffés, devait être terrible, mais il réussit néanmoins à parler, non sans pousser d’affreux gémissements. L’on comprit qu’il voulait faire part de ses dernières volontés aux envoyés du Cardinal.
« Je ne veux point rejoindre le Seigneur Mon Dieu en état de péché mortel. Je souhaite me confesser d’une faute que je ne me suis jamais pardonné, et, avant de mourir, réparer l’une de mes erreurs passées. Voici 20 ans, j’avais à mon service une gouvernante, une fille de la campagne, Cathau Langer. La concupiscence me prit. J’étais jeune alors, et ma chair était faible. Elle fut vite enceinte de mes œuvres. Par peur du scandale, et pour mon malheur, je la chassais de ma maison. J’ai depuis appris qu’elle était retournée dans son village natal de Mennecy, ou elle avait mit au monde un garçon. Je ne peut m’empêcher de songer a lui, qui n’a jamais connu son père, et qui a du vivre avec la honte de la bâtardise. Quand j’eu compris que le Seigneur avait décidé de me rappeler à lui, j’ai résolu de le retrouver. Je désire voir mon fils, devant moi, avant de rendre mon âme à Dieu, pour le bénir et en faire mon héritier. Au nom de la charité, messieurs, mademoiselle, un mourant vous demande de retrouver son fils, et de le lui ramener. Vous en serez grandement récompensés. »
Devant les dernières volontés d’un mourant, quel autre choix que de s’incliner et de tenter de l’accomplir. Une fois leur résolution prises, Henri Chasseloup de Vogüé, Perrinet d’Alretto, Blanche Donnadieu de la Guerroniere et Florimond-Antoine Helion de Baranveil enfourchèrent leurs montures et prirent le chemin de Mennecy, non sans s’être enquit de la route auprès de Monsieur de Ginvilliers. Mennecy se trouvait à quelques lieues de là, sur la route d’Etampes, et donc en direction de l’armée huguenote. Au moment de leur départ, un grand tumulte eu lieu dans la ville, alors qu’une cornette de chevau-légers faisait son apparition, prise par erreur pour l’avant garde de l’armée protestante. Mais il ne s’agissait que de l’enseigne de cavalerie de Monsieur Claude de Ginvilliers, frère d’Edmond de Ginvilliers, qui venait renforcer la défense de Corbeil. Les deux frères s’étreignaient alors que la compagnie franchissait la porte d’Etampes.
Le spectacle désolant d’une colonne de pauvres gens fuyant devant eux, leurs pas lourds de l’accablement qui les saisissait, vint à se présenter a eux alors qu’ils venaient de quitter Corbeil. Il s’agissait des habitants de La Ferté-Alais, accompagnant une dizaine de religieuses. Menés par un grainetier et par la Révérende Mère Immaculée de l’Enfant Jésus, ils avaient marché la nuit durant. La nouvelle de la proximité de Corbeil raviva leur force. Ils apprirent aux gentilshommes que la Ferté-Allais s’était rendue aux huguenots, et que ceux-ci étaient non loin derrière eux. Nouvelle horrible, le baron de Saint Vrain, qui protégeait alors la vallée de l’Essonne, était passé aux hérétiques. Mais Mennecy n’avait pas encore été attaqué lors de leur passage.
C’est donc le cœur rassuré qu’ils continuèrent leurs recherches. Grande fut leur surprise de se voir accueilli dans le village aux cris de « vive les princes ! » « Vive monsieur de Condé », pathétique tentatives des paysans, les prenant pour l’avant-garde protestante, de se garder du pillage et du massacre. Ils jouèrent tout d’abord de cette crainte en ne répondant pas par des dénégations, mais en interrogeant immédiatement les paysans sur Louiset. Apprenant que seul le prêtre connaissait l’endroit ou était parti Louiset, ils dirent enfin la vérité, peu désireux de forcer la porte de l’église. Sitôt leur véritable identité connue, ce ne fut que pleurs et supplication, demande de protection et affreuses plaintes. Les vilains, effrayés, les percevaient comme les envoyés du Seigneur, venu les sauver des griffes des hérétiques. Le prêtre, une fois convaincu de l’identité de nos amis, leur appris donc que l’enfant, maintenant âgé de 20 ans, avait été confié aux bons soins du Baron de Saint Vrain. Devant la mine déconfite de ses interlocuteurs, et la rumeur de trahison qu’ils avaient entendue, il leur apprit que le comte n’avait pas trahi, et que c’était son capitaine, Blaumann, qui avait choisi de suivre l’armée des Princes. Il leur fit également maints reproches d’avoir abusé de la crainte des habitants du village en se faisant passer pour l’avant-garde de Condé. Il est vrai que leur tromperie, certes par omission, a causé grande peur chez les villageois.
La route était de plus en plus lugubre, une brume épaisse et le froid mordant leur évoquaient les régions les plus noires de l’Hadès. Au détour d’un chemin tortueux, deux silhouette se découpèrent, fantomatiques figure dans l’épais brouillard. Les nerfs tendus par cette atmosphère lugubre, ils approchèrent, pistoles en main, des deux ombres. Les deux cavaliers, fort bien mis, se découvrirent et saluèrent de manière fort civile. « Bien le bonjour, Messires et Mademoiselle », dit l’un d’eux avec un très léger accent anglais, « il semblerait que la brume nous ait égaré, mon compagnon et moi même. Je suis Sir Cecil Riverhall, envoyé par sa Très Gracieuse Majesté Elisabeth, Reine d’Angleterre et d’Irlande, et voici le lieutenant Pierce Harrow, mon garde du corps. Je vous serais reconnaissant de m’indiquer la voie pour rejoindre votre armée, car j’ai là un message de ma Reine pour Lord Throckmorton, qui est actuellement en compagnie de Monseigneur le Prince de Condé. » Une nouvelle fois, tel les paysans de Mennecy, les compagnons furent pris pour des huguenots. Et une nouvelle fois, ils choisirent d’aller sous des atours qui n’étaient pas les leurs, abusant de la confiance des deux sujets d’Angleterre. Après un court palabre, les anglais décidèrent de voyager de concert jusqu'à Betancourt, où leurs chemins se sépareront. Nos amis échangeaient des regards de connivence : dés que Dieu leur en donnerait l’occasion, les envoyés de la putain rousse d’Angleterre allait rejoindre l’Enfer des Hérétiques, et la missive adressée a l’ambassadeur pourrait être remise au Monseigneur le Cardinal de Guise. Une conversation agréable et courtoise endormait la méfiance des deux anglais, évoquant des sujets de religion, ainsi que du triste état du royaume. C’est lors de l’arrivée a Betancourt que, tel les serpents, les gentilshommes catholiques agirent. Perrinet d’Alreto, dégainant avec célérité sa Tueuse de Chat, frappa Harrow, mais celui ci, vieux briscard des campagnes contre les Irlandais, réussit à parer le coup. Un féroce combat a cheval commença. Voyant cela, Sir Riverhall piqua des deux, adoptant un galop propice à la fuite, sa mission étant plus importante que tout le reste. Les trois autres compagnons, dont Mademoiselle de la Guerronniere, se lancèrent à sa poursuite. L’affrontement entre deux hommes d’armes aussi aguerris que Perrinet et Harrow fut en tout point fameux, tant les coups échangés furent nombreux et bien assenés. Mais la lame de Perrinet ne laissa aucune chance a l’anglais, qui chut dans l’épaisse neige de la route. Un véritable combat de seigneur méritant de rentrer dans les annales du genre. La chevauchée mériterait par contre de rentrer dans les annales du plus haut ridicule, même si personne n’assista à l’épisode cocasse qui eut pour infortuné protagoniste Monsieur de Baranveil. Celui-ci, sur sa superbe monture, perdant l’équilibre, alla s’affaler tel un paquet de linge humide sur le sol gelé. C’est clopin-clopant, l’épaule déboîtée, la mine basse et l’orgueil rabaissé qu’il rejoignit Perrinet, grommelant et maudissant sa monture enfuie. Les autres, moins habiles aux sports équestres, ne purent rattraper l’envoyé anglais, et furent distancé facilement.
Passé ce moment d’action, les alentours se révélèrent, la brume se levant légèrement. Un charnier se présenta devant eux.
Un quinzaines de cadavres se balançaient mollement aux branches d’un arbre, un collier de chanvre autour du cou, le visage tordu et violacé, leurs corps marqués par les tortures qu’ils avaient du subir avant que l’on ne les pendent : brûlures et mutilations les ornaient, macabres décorations sur les chairs noircies par la mort. Des corps jonchaient le bourg, celui des femmes parfois mutilé et ouvert de l’entrejambe à la poitrine, sinistre présent de leurs tortionnaires après leur atroce plaisir.
Au moment de leur entrée silencieuse et horrifiée dans le village, ponctuée par les gémissements d’horreur de Mademoiselle de la Guéronniere, une partie du toit de l’église en flamme s’effondra, projetant scories et étincelles sur la silhouette crucifiée du prêtre du village, cloué tel un pantin désarticulé à la porte même de la maison de Dieu.
De rares survivants, apercevant les nouveaux venus, prirent peur et s’enfuirent dans les bois. Il fallut toute la diplomatie de Monsieur de Vogue pour les faire revenir, dans les lamentations et les prières. Selon leurs dires, le démon a forme humaine ayant perpétré ces atrocités contre ces bons catholiques n’était autre que le capitaine Blaumann, et qu’il avait depuis emprunté la route de Saint Vrain, dont le baron défend toujours la cause royale.
Délaissant une fois de plus les villageois affligés, la compagnie repartit pour Saint Vrain, repérant au passage les traces d’une forte troupe les précèdent. Dans le lointain, des arquebusades indiquaient le lieu de quelque combat. Saint Vrain étant le lieu ou le jeune Louiset avait été placé, le risque de le voir passer de vie a trépas se faisait plus grand.
C’est alors qu’au détour du chemin, trois cavaliers, galopant comme si le diable était à leurs trousses, donnèrent des coups de pistoles sur les gentilshommes surpris, avant de disparaître dans la brume. Ils n’eurent que le temps de reconnaître Monsieur de Ginvilliers, l’un des deux neveux du coadjuteur. Alors que certains, aveuglés par le fanatisme, et a l’esprit un peu lent, étaient persuadé de la trahison de Ginvilliers, croyant que celui-ci avait rejoint les rangs de l’armée de Monseigneur de Condé, d’autres, plus pragmatiques ou plus intelligent, avaient fort bien compris que l’arrivée d’un héritier a Monsieur le Coadjuteur ne pouvait que faire naître l’inquiétude chez ses neveux, soudainement dépossédé d’une fortune. Vengeance au cœur, persuadé de les trouver a Saint Vrain, c’est avec une nouvelle résolution qu’ils reprirent la route.
Si le village de Saint Vrain semblait épargné par la guerre, le château, quand à lui, connaissait l’agitation et la panique. Des villageois apeurés se lamentaient dans la cour ouverte, tandis qu’une compagnie hétéroclite de hallebardiers tentait maladroitement de s’organiser pour le cas où une troupe armée déboucherait. Un jeune enseigne, François de Bruyères, était à leur tête, mais sa jeunesse et son inexpérience le rendait incapable de toute décision utile. Rapidement, la mort du baron de Saint Vrain parvint aux oreilles des nouveaux arrivants, qui décidèrent de rencontrer la baronne, afin de l’assurer de leur foi et de leur volonté de l’aider.
La veuve éplorée, agrippée au cadavre sanglant de son époux, était au bord de l’hystérie ; Elle lançait des tirades enflammées de douleur conjugale et, maudissant le nom de Blaumann, jurait de le voir pendu au balcon de son château. A peine introduit en sa présence, les gentilshommes furent mis a partis, recrutés dans sa quête de vengeance qu’avec l’aide de Dieu elle se préparait à accomplir.
C’est lors d’une brève accalmie dans la furie de la veuve que se présenta Pierre de Chamarande, lieutenant de la compagnie de Saint Vrain, qui, aussitôt, reconnu les personnes présentes auprès de la baronne. En effet, ayant croisé sur la route Monsieur de Ginvilliers, celui ci l’avait mis en garde contre une troupe d’espion de Monseigneur de Condé qui se déplaçaient en se faisant passer pour des envoyés du Cardinal de Lorraine. Grand fut leur péril, car la Baronne, dont la douleur avait aveuglé l’esprit, réclamait déjà a corps et a cris que l’on les pendit. Puis, s’emparant d’une arme, elle fit feu sur la compagnie, ne réussissant fort heureusement qu’à toucher le linteau de la cheminée ancestrale. Les hommes d’armes présents, quand à eux, menaçaient déjà de leurs piques et épées les prétendus huguenots, les poussant vers la fenêtre d’où ils allaient choir, malgré les protestations et jérémiades de Monsieur de Vogüé. Fort heureusement pour eux, une véritable troupe de protestants attaqua a ce moment le château. Les hommes d’armes les délaissèrent afin de défendre tant bien que mal la place. Il s’agissait d’une cornette de cavalerie qui, attaquant tel l’éclair, tentait de reproduire une des tactiques favorite de Monseigneur de Condé.
Monsieur de Baranveil et Monsieur d’Alretto, dégainant leurs armes, les accompagnèrent, et, bientôt, la terrible zweihander de Perrinet décrivait ses sanglants tourbillons dans la cour du château. Monsieur de Vogué, lui, se saisissant d’une arquebuse, tirai maladroitement dans la troupe ennemie. Ainsi, la rapière de Monsieur de Baranveil et l’atroce tranchoir de Monsieur d’Alretto firent plus pour défendre leur cause que la voix de monsieur de Vogué. Une fois repoussée la camisade, ils purent enfin apprendre le destin de Louiset. Celui ci, après une aventure innocente avec la fille du baron, avait été jugé persona non grata dans l’enceinte du château, et avait été engagé comme tambour dans une enseigne de lansquenets. Evidemment, les voies du Seigneur, impénétrables, sont retorses, car c’est de l’enseigne du capitaine Blaumann, depuis passée aux protestants, dont il s’agissait.
Repartant sur les routes tout en échafaudant un plan leur permettant d’arracher Louiset, dans leur esprit prisonnier d’une horde de mercenaires sodomites, ils furent surpris par une troupe d’enfants perdus aux ordres de l’armée des Princes. Encerclé, ils acceptèrent de ne pas tenter de s’enfuir ou de navrer leurs ravisseurs.
Chemin faisant, ils croisèrent nombre de cornettes de cavalerie, gens de pieds, lansquenets et reîtres, soudards si marchant. On les conduisait visiblement vers le gros de l’armée de Condé. C’est là qu’ils comprirent qu’on les menait, en leur qualité d’envoyés du Cardinal de Lorraine, dont Monsieur de Vogüé d’était imprudemment vanté, auprès de Monseigneur Gaspard de Chatillon-Coligny, Amiral de France.
Celui ci, homme d’une grande courtoisie, s’excusa d’abord de la manière cavalière avec laquelle ils furent capturés et proposa à Mademoiselle de la Guerroniere de se retirer pour se reposer, chose qu’elle refusa. Apres leur avoir demandé si l’armée royale était proche, question a laquelle ils purent répondre sans mentir qu’ils l’ignoraient, l’ayant quitté alors même qu’elle n’avait point encore quittée Rouen, ils s’enquit de leur présence en ces lieux. Les gentilshommes, devant un tel homme, réputé pour sa justice, décidèrent de lui narrer toute l’histoire, sans rien omettre. Durant le récit, le regard de l’amiral les scrutait, essayant de jauger de leur sincérité ; on put cependant remarquer que ses yeux s’arrêtaient plus que de coutumes sur le visage de Perrinet d’Alretto. Une fois leur récit achevé, Monsieur de Chatillon-Coligny décida que, fut il un ennemi de sa foi, les dernières volontés d’un mourant ne pouvaient pas être ignorée, a fortiori si ses propres neveux usaient de manœuvres retorses pour y faire obstacle. Il fit donc mander le capitaine Blaumann.
Avant l’arrivée de celui ci, il se tourna vers Perrinet et s’enquit du nom de sa mère, qui lui rappelait quelque chose. Près de vingt ans auparavant, lors d’un séjour en Italie, son frère, François d'Andelot de Coligny-Levieux, avait eu de tendres sentiments pour une habitante de Sienne, une Dame d’Alretto, avant la bataille de Cerisolles. Mais les affaires de l’Etat, ainsi que les obligations de son rang, le firent rentrer inopinément dans le Royaume, puis en direction de l’Ecosse, la délaissant brutalement. Perrinet confirma que sa mère et l’ancienne maîtresse de Monsieur d’Andelot ne faisait qu’une. L’amiral fut attristé de savoir que son neveu, même bâtard, servit la cause du papisme et de ses ennemis, mais il fit néanmoins également prévenir son frère, François d’Andelot. Les retrouvailles entre le père et le fils dont il ignorait l’existence furent difficiles et dénuées de chaleur, à défaut de courtoisie. Déplorant également le choix de son fils de servir les Guise, mais le respectant néanmoins, d’Andelot décida son frère de les relâcher, sous le serment de ne pas participer aux combats pour Corbeil le lendemain. Il remit également a Perrinet une chevalière, en lui faisant promettre, si Dieu leur prêtait vie a tous deux, de se rendre en son hôtel une fois les troubles passés.
Le capitaine Blaumann, féroce lansquenet aux manières doucereuses, fut alors introduit. Par courtoisie et discrétion, les deux frères de Chatillon se retirèrent, laissant les gentilshommes deviser avec le lansquenet.
Ayant constaté que, parfois, la franchise était plus efficace qu’un long discours alambiqué, ils laissèrent Perrinet, lui même ancien membre d’une compagnie de lansquenets allemands, négocier avec le capitaine. Mis devant la soudaine fortune de son tambour, le capitaine négocia âprement : soit il lui donnait un tiers de la fortune du coadjuteur, et permettait à Louiset de les rejoindre, soit il se battrait le lendemain, menant son tambour en première ligne, où un coup malheureux pouvait fort bien survenir. Les négociations durèrent longuement, jusqu'à ce que l’homme se retire, laissant en suspend sa réponse jusqu’au lendemain, acceptant 15% de cette fortune soudaine.
Un plan retors germa alors dans l’esprit de Monsieur de Baranveil qui, noble d’esprit, se refusait a rompre son serment, mais, farouchement anti huguenot, ne souhaitait pas les voir vaincre. Le lendemain, dés la nouvelle rencontre avec le capitaine Blaumann, il lui fut proposé un quart de la fortune du coadjuteur, si non seulement il remettait Louiset en leur garde, mais aussi si il retournait une nouvelle fois sa compagnie contre les huguenots. Celui ci accepta, scellant le destin de l’armée de Coligny pour cette journée, poussée à la retraite. Nul doute que l’Amiral, homme d’une grande intelligence, ne comprit d’où venait le brusque retournement de Blaumann et n’en tiennent rigeur à nos amis. Ainsi la compagnie s’était attirée l’inimitié de l’Amiral de Coligny. Leurs noms commençaient a être murmuré de manière fort peu amène au sein des dirigeants protestants, le Prince de Condé n’ayant pas oublié que Monsieur de Baranveil avait tué son ami, Monsieur de Charosse.
Mais, avec l’aide de Dieu, Louiset parmi eux, ils purent enfin atteindre Corbeil et la demeure du coadjuteur. Celui-ci bénit son enfant abasourdi, et, dans son testament, demanda a ce que des messes d’intercession furent dites pour les personnes responsable de cette rencontre. Le salut de l’Ame
est plus important que le salut matériel. C’est ce que retinrent nos amis, qui
partirent pour rejoindre l’armée royale.
October 20 Episode II Star Trip : Into the VaccumLe CSS « Société
Anonyme » dérivait depuis déjà deux mois dans l’espace infini, paumé entre
une étoile naine rachitique et lointaine et une vague nébuleuse à la forme
ressemblant de loin et dans le brouillard à un lapin. Le capitaine Picrate, ébloui
par tant de beauté, mais à l’esprit pratique, l’avait d’ailleurs appelée le
« tas de gaz en forme de civet ».
D’ailleurs, le Capitaine s’emmerdait ferme, car le vaisseau était bloqué depuis pas mal de temps. Déjà presque 3 semaines, et il faut bien le dire, les réserves de vin s’amenuisait. Certes, des réplicateurs auraient pu reproduire avec une précision quasi parfaite un Chassagne-Montrachet, mais les fabricants, tous issu d’une industrie américaine implantée dans la Bible Belt, en plus de continuer à croire, malgré l’existence de nombreuses races extraterrestres, que le soleil tournait autour de la terre et que Dieu avait crée l’homme en six jours ouvrés, considéraient qu’un bon vin devait avoir des bulles. Et l’idée d’un Chassagne-Montrachet pétillant faisait frémir d’horreur le capitaine Picrate. Ca n’était certes pas la première fois que ce vieux tacot spatial dérivait tel un hollandais volant ayant abusé de l’herbe vendue dans le Red light district de Q’onos, mais là, c’était franchement long. De toute façon, le vaisseau était totalement déglingué : à l’extérieur ça allait, mais l’intérieur, tout tenait avec des bouts de ficelles. Tant que le vaisseau passait bien à la TV, les gros pontes de la CUM étaient content : ils se faisaient prendre en photo devant, avec des poses martiales à l’occasion des élections, et pour le reste, ça pouvait bien péter en vol, c’était pas leur problème.
Retrouvons donc le Capitaine Picrate lors d’un briefing avec ses officiers pour discuter de leur encalminage (si vous réussissez à placer ce mot dans une conversation, vous êtes très très fort.) « Bon, les mecs et les gonzesses, la situation est putain de grave. Il ne me reste plus que dix cubis de 5 litres de vin des pays de l’Aude, de quoi tenir une semaine tout au plus. Et vous savez tous comment je suis quand je suis a jeun. Personne ne veut revivre la situation de Funtrajy, n’est ce pas ? » Les autres officiers se regardèrent, certains frémissant devant des souvenirs que l’Histoire ne retiendra pas (déjà en raison de la destruction totale de la planète, mais surtout en raison de la classification de l’affaire avec une accréditation tellement haute que même le président de la CUM n’y avait pas accès. Quand a la déclassification, de manière dérogatoire, elle était prévue le jour de la mort du dernier être pensant, ou plante verte, issu d’une planète de type B.) « Y’a t’il d’autres choses qui commencent a manquer ? » « Du bromure… » « Pardon, conseillère Illion ? » « En raison du stress, les tensions sexuelles s’accumulent et la réserve de bromure s’amenuise. » « D’aaacccooord…. Je vois… Giordi, ou en êtes vous des réparations ? » Giordi Leofourneau, ingénieur en chef, arrêta d’agiter la tête en tapant sur la table comme un Gilbert Montagné noir et boutonneux pour se tourner dans la mauvaise direction, s’adressant d’un air ferme et convaincu au bocal de poissons rouge. Le poisson n’avait pas l’air franchement intéressé. Pour la petite histoire, il s’appelait Founzy.
« Et bien, Capitaine » (bulle… bulle) « une bonne nouvelle : j’ai réussi a boucher la brèche dans la chambre de confinement ! » « Attendez, attendez… on a eu une brèche dans la putain de chambre de confinement ?!!! » « Euh… oui ? Je ne vous l’avais pas dit ? C’est pas encore votre mémoire qui vous joue des tours ?» « Je crois que si j’avais été a deux doigts d’être transformé en grosse boule incandescente, je m’en serai souvenu, non ? Et vous l’avez bouché comment ?» « Hollywood Chewing Gum.” “Hein?” “UN gros morceau de chewing-gum : c’est tellement chimique que ça marche !! Bon, faut le changer toutes les heures, mais c’est un pis aller. Dés qu’on sera dans un endroit civilisé on pourra mettre une vraie rustine nucléaire. Mes ingénieurs ont tous des réserves d’urgence. Ca nous fait tous ressembler à des ruminants et ça va nous faire des mâchoires d’acier, mais le devoir nous l’impose !» « Bon…. De toute façon, on n’a pas franchement le choix, et ça ne changera pas tellement l’enseigne Myrtille. Ensuite ? » « Vous êtes pas sympa pour Myrtille, elle est très dévouée, malgré son physique. J’ai calibré l’IWG, reformaté les circuits de l’AKP, re bidouillé les bidules dans ce que je pense être l’UCR, et fragulé le PAA, mais avec de l’huile de cuisine, donc ça sent l’olive dans les moteurs… » « Et ? » « Et ben on bouge toujours pas… Il ne reste qu’une seule chose a faire… Mais… mais c’est assez aléatoire. » « Aléatoire comme ? » « Ben aléatoire… ça peut marcher, mais on peut aussi se retrouver éparpillé façon puzzle, ou bien transporté instantanément dans une géante gazeuse… » « Donc, si je résume : soit on risque la mort, soit on reste ici sans pinard en attendant des secours hypothétiques vu qu’on est a Perpet les Tataouine les Bains ? » « Excellent résumé, capitaine. » « Et cette solution extrême, c’est quoi ? » « Un vieux truc employé depuis le début de l’ère industrielle. Les ingénieurs se transmettent ce secret depuis des générations. C’est mon vieux professeur, le chef Picty, qui me l’a révélé un jour ou il venait de recevoir une bouteille de Pure Malt 30 ans d’age. On l’appelle le GCPAHDB. » « Le jécépachdébé ? » « Le GCPAHDB : le Grand Coup de Pied au Hasard dans le Bidule. » « Ah… » « Et oui… » « Bon… Ca prend combien de temps ? » « Je peux initier la procédure tout de suite : l’un de mes ingénieurs a été buteur dans le tournoi des 7 Nations, pour l’équipe de l’Ile de Man. » « Un rugbyman ingénieur ? Et vous l’avez recruté comment ? » « Par piston, capitaine. Sa mère s’appelait Mélanie Mémoilao.» «LA Mélanie Mémoilao?!! J’adorai ses films, mes premiers émois de jeunesse… ce qu’elle réussissait à faire avec un simple aspirateur m’a toujours étonné !! Quand elle s’est retiré de l’industrie du cinéma de genre, j’ai presque pleuré !» « Et bien elle a fait la même chose avec l’Amiral Tolwyn, mais ne le répétez pas… » « Nom de Dieeuuuuuu…. Le salaud… il a pas du apprécier la fin… Bon, initiez la procédure. » Geordi toucha son comlink : « Enseigne Wilkins, engagez la procédure de GCP ». Il dit ensuite d’un air peu assuré au poisson rouge. « Voilà capitaine… puis je me permettre de prier et de recevoir l’extrême onction ? »
Dans la salle des machines, l’enseigne Wilkins venait de se faire bander les yeux par ses collègues. Ils l’avaient ensuite fait tourner sur lui même, afin que le Grand Coup de Pied soit bien donné Au Hasard Dans le Bidule. Il se ramassa sur lui même, lança sa jambe en arrière, et s’explosa les doigts de pieds avec force (3 fractures aux orteils et une foulure a la cheville) dans l’un des ordinateurs, celui qui réglait la pression dans la chambre de confinement. Des alertes se mirent à sonner et faire pleins de jolies couleurs partout dans le vaisseau, mais celui ci sembla réagir et se remettre en marche.
« Tout le monde sur le Pont ! On repart !!! » Hurla le capitaine, se précipitant dans son tabouret de commandement (oui, par souci d’humilité, le siège du capitaine était le seul a être un tabouret inconfortable, là ou tous les autres avaient des raffinement de rembourrage. Picrate avait bien essayé de faucher celui du second, mais un violent coup de boule l’en avait dissuadé.)
« Engage !!! », fit il, lançant son doigt en direction de l’avant du vaisseau « Euh…quelle destination, capitaine ? » « N’importe où, mais loin d’ici » « Capitaine ! », l’interrompit alors le Lieutenant Files, « mes senseurs sentent que quelque chose qu’ils n’arrivent pas à identifier se forme en dehors du vaisseau ! » « Passez le en visuel : si c’est hostile, on balance toutes les torpilles, et si ça l’est pas, on a rien vu et on dégage »
L’écran du poste de commandement s’alluma sur une sorte de tourbillon multicolore. Un genre de… de truc plein de couleur, avec des étincelles, et des sortes de distorsions sur les bords, comme une gigantesque chasse d’eau dans laquelle une jeune fille pré pubère de 14 ans aurait plongé son visage, y laissant plein de ces paillettes qu’elles se mettent avant d’aller en boite glousser avec leurs copines, avec le maquillage qui serai parti, aussi…
« Qu’est ce que c’est que ce machin ? On dirait un trou de balle cosmique ? » « C’est un vortex, monsieur, un distorsion de l’espace temps, due au… » « Je m’en tape !! C’est dangereux ? » « Selon toutes les expériences passées avec les vortex, il y a 95% de risques que nous n’en sortions pas vivant. Et quand bien même, il se pourrait que nous nous retrouvions à des milliards de parsec d’ici. Vous vous souvenez de ce qui est arrivé au CSS Traveller, du Capitaine Kathy Janepath : elle a erré, poursuivie par les zorgs, durant des années avant de réussir a trouver du fromage. » « Du fromage ? » « Oui, elle a juré d’offrir une fondue a son équipage dés leur retour dans la CUM. » « Bon, c’est joli, c’est charmant comme histoire, ça donne faim, mais deux choses : déjà je préfère la raclette à la fondue, et ensuite, pourquoi on ne se barre pas ? » « Le vortex nous attire, capitaine. Et nos moteurs sont incapables de renverser la pression… » « Bon… bien… » Le Capitaine appuya sur le bouton lui permettant de parler a tout l’équipage. « Ici le Capitaine Picrate… D’après ce que j’ai compris, notre vaisseau va bientôt être avalé par un trou du cul cosmique avant d’être déféqué à l’autre bout de la galaxie. L’unique problème est que le processus de digestion risque de nous transformer en purée. Je vous demande, dans le calme, de vous référer aux procédures d’urgences, celles marquées en tout petit dans vos manuels, dans le cas où les capsules de sauvegardes seraient indisponibles, ce qui est le cas actuellement. Ces instructions sont brèves, mais concises : « la panique est autorisée, voir la violence aveugle et hystérique contre ses camarades. » Je vais donc aller casser la gueule, de manière irraisonnée et totalement hystérique, au commandant Rickard. Ce fut un véritable calvaire de servir avec vous, bande de larves, d’incapables et de femmes frigides ! »
Avec bruit de succion assez ignoble, c’est un vaisseau en proie a la panique, au chaos et a la licence la plus totale qui s’enfonça dans le vortex, alors que le capitaine et son second tentaient de s’étrangler mutuellement, pendant que le robot, qui était certes dépourvu d’émotion, mais pas de sens pratique, tentait d’organiser des paris, juste au cas où. Han Sodo s’était enfin décidé. Ca y’est, aujourd’hui était le grand jour, celui que tous ses spermatozoïdes attendaient depuis des lustres, celui qui faisait tressauter son caleçon, bouger ses bonbons et mettre a la fois un sourire niais sur son visage, ainsi qu’une sueur de stress assez gênante. Il allait avouer sa flamme à la Princesse. Celle ci lui avait fait des avances depuis des mois, il le savait. Depuis qu’il l’avait sauvée des griffes de Darth Vremor, elle n’avait d’yeux que pour lui. Certes, il avait mis du temps à s’en rendre compte. Apres tout, se voir traiter d’ « immonde pervers dégénéré tout juste bon a récurer les chiottes » environ douze à vingt fois par jour, ça pouvait prêter à confusion. Puis il avait discuté avec un expert en psychologie, dans un bar de Nar Shadda. Le gars était barman, et, après avoir abusé du cocktail local, Han s’était laisser allé a s’épancher. Et il avait compris : si la princesse était si froide avec lui, c’était parce qu’elle avait des sentiments pour lui. Sûrement son coté bad boy.
“Bad boy, Bad boys watcha gon, watcha gon, watcha gonna do? When they sudedongdong come for you?”, fredonnait donc Han en se dirigeant vers la cabine de la Princesse. Il était rasé de prêt, avait mis son plus beau costume, celui qu’il avait lavé. Il s’était aspergé de parfum, et avait réussi à dégoter un bouquet de fleurs (comme quoi, on trouve de tout à Nar Shadda, si on y met le prix). Seul souci : le stress le faisait suer comme pas permis. Son costume tenait maintenant plus de l’éponge que de la haute couture, et son parfum, mélangé à son musc, ressemblait a celui d’un bonobo en plein rut. Bref, et ce bien qu’il ne s’en rende pas compte, il était devenu un véritable repoussoir à meuf. Il frappa à la porte.
« QUOI !!!! » lui répondit la voix douce et féminine de la femme par excellence. Ce genre de voix qui nous rappelle notre maman, en général quand elle venait de découvrir qui avait brisé une lampe posée de manière inconsidérée sur le trajet d’un ballon. « Euh… c’est Han, votre altesse… Je souhaitais m’entretenir avec vous. » « Chuis occupée !!! Dégagez ! » « J’en ai pas pour longtemps. » « Je vous dit que je suis occupé, alors vous allez dégager, sinon je vais vous… » Malheureusement, la postérité devra attendre pour savoir qu’elles ignobles sévices la princesse réservait à l’infortuné Han, car juste à ce moment là, comme dans toute série dramatique qui se respecte, un signal d’alarme retentit, hurlant dans tous les communicateurs du vaisseau. « Nom de Dieu, qu’est ce qui se passe ?! », se dit han, lâchant le splendide bouquet de chrysanthème (oui, Han s’était fait arnaquer, je sais) et se précipitant dans la cabine de pilotage, où Chouchoubaca était en train de hurler a la mort d’une voix stridente, R3P4 cliqueter et siffler en tournant sur lui même et Puke en train de vomir. Un bref regard sur les instruments alarma Han.
« Comment ça, un puit gravitique sur notre trajectoire ? » « Un Interdictor ? », râla Puke. « Je sais pas… c’est possible, mais si c’est ça, on est pas dans la merde… » « Qu’est ce qu’on peut faire ? » « Ce que je fais depuis ma naissance, que ce soit en un seul ou deux mots : paniquer. » « AAAAAAAAHHHHHHH !!!! » « Qu’est ce que c’est que ce raffut, et arrêtez de hurler comme des castrats qu’on égorge ?! », glapit la Princesse, qui venait d’arriver dans le poste de pilotage. Elle était outrageusement maquillée, vêtue d’un simple déshabillé diaphane. Derrière elle venait C4PU, le droide de protocole, auquel un plaisantin venait d’ajouter un article s’attachant à la ceinture et servant à pallier certain manque dans certaines relations inverties entre femmes. Les yeux de Puke et Han se tournèrent vers l’engin, suivi de ceux de la princesse, qui l’arracha en rougissant avant de se tourner vers les deux hommes. « Quoi ?!!! Bon, alors c’est quoi encore cette histoire ? Je croyais qu’on devait seulement se rendre sur Mon Calamari et faire réparer le vaisseau ? » « Princesse, il y a un puit gravitique en formation droit devant. C’est un interdictor ! ON VA TOUS MOURIR !!! » « Pas de panique. Un, c’est p’tete pas un interdictor, deux, on est armé et si on a réussit a s’extraire de l’étoile de la Petite Mort, on réussira a s’extraire d’un interdictor, trois, si vous continuez a hurlez, je vous arrache les roubignolles, et je vous les enfonce tellement profond dans le derche qu’on vous les extraira par une opération des amygdales. On va attendre de voir ce que c’est, je vais me mettre à la tourelle. » « Pas possible… » « Ben si, je sais manier le canon, vous savez. » « Non, c’est pas possible de se mettre à la tourelle : juste avant de vous rencontrez je voulais me reconvertir dans le spectacle, donc les canons tirent uniquement des feux d’artifice. » « Des feux d’artifice ? » « Oui, des jolis remarquez : y’en a même un on dirai un rancor qui danse la salsa en tutu. » « On a pas d’armes… » « A part nos flingues, non… » Bipiiiibipkilikilikbipnipkilieleiplileuiiioooooiiiiiiiiiiuuuuuuuuu
« P4 vient de dire qu’on repassait en espace normal à cause du puit gravitique. » Les traînées blanches du cockpit se stabilisèrent, et devinrent de lointaines étoiles, joyaux perdus au sein du firmament glacé de l’espace. Seul ombre au tableau, la présence d’un gigantesque tourbillon de débris, astroïdes, poussière spatiale, et autres choses inconnues, juste devant le nez du « Pigeon Centenaire ».
« Bordel de merde… c’est quoi ce truc ? », murmura la Princesse. » « Comment voulez vous que je le sache ? », répondit han. « Ben c’est vous le voyageur spatial, vous avez jamais vu un machin pareil ? » « Pas en 15 ans de fuite au hasard dans la galaxie… » Bipiiiibipkilikilikbihuihuihuhihuihuddddejdejjjjpnipkilieleiplileuiiioooooiiiiiiiiiiuuuuuuuuu « P4 dit que ça pourrait correspondre à la théorie du Vortex, du professeur Xavier Vort (d’ou le nom : Vort X.), selon laquelle des ouvertures se crée a divers points de la galaxie, comme de gigantesques chasse d’eau… si vous voyez ce que je veux dire, vot’principauté » « Et là, c’est la chasse ou la sortie ? » « Vu qu’on est pas plus aspiré que ça, je suppose que ça va régurgiter. » « Ah… » «Et je sais pas pour vous, mais je préfère pas être là pour savoir ce que ça va gerber. » « De toute façon, vous êtes jamais là pour rien. Vous êtes un lâche, et je me demande ce que je fais dans ce vaisseau, résidu de fausse couche. » « Voilà, c’est toujours comme ça : vous êtes stressée, alors vous vous retournez contre moi et vous m’en mettez plein la gueule ! » « Mais c’est normal de vous en foutre plein la tronche : déjà je me retiens de pas vous en mettre une, mais je risque d’attraper vos maladies vénérienne rien qu’a vous toucher ! » « Ah, ça risque pas, vu la traînée que vous êtes, vous devez être immunisée » « Ahem... », intervint Puke, à l’indifférence générale. "Comment ça, ça veut dire quoi cette remarque?!” « Ouais, parfaitement, je vous ai vu à Hot, vous avez quasiment jamais dormi dans vos quartiers ! » « On vous a jamais appris que la meilleur manière de se réchauffer, c’est de se serrer contre quelqu’un ? » « Se serrer, ouais, pas se faire serrer ! » « Excusez moi ? », tenta de nouveau Puke. « Vous dites ça parce que ça vous aurait plus, hein ? Frustré en plus d’être un pervers !! » « Salooope !!! » « Connard » « EXCUSEZ MOI !!!! » rugit Puke, qui réussit à attirer l’attention de deux paires d’yeux assez énervés. « OUI. QUOI ? Tu ne vois pas qu’on cause ?!!! » « Quelque chose sort du machin…quelque chose d’assez énorme…. » « Enorme comment ?! » « Euh… Ben gros, quoi… les radars sont pas franchement précis : on a que des points, mais celui là, c’est un gros point. » « Un Gros point… bon, on va attendre de voir ce qui va sortir, de toute façon, comme on est encalminé (NDXB : et hop, deux fois, vous avez vu !!!), on peut rien faire d’autre. » « C’est quoi ce truc » « On dirai une pelle a tarte… » « Une pelle a tarte avec deux fourchette dans le cul » "Ca a un cul une pelle a tarte ?" Fin de l'épisode deuze !!!
October 15 Mes Ouakances II le retour !!!!Donc je suis parti pour la deuxième partie de mes aventures basques.
Jeudi 11 Septembre
Alors qu’une fois de plus, les journalistes (peu désireux de faire de la véritable information en allant, par exemple, constater la vraie vie des personnes résidant à La Courneuve en dehors des moments où les voitures brûlent) nous rabachent une fois de plus que le 11 septembre 2001 des avions ont, a la suite d’une erreur de pilotage assez rigolote, explosé sur le WTC (et passant sous silence que, le 11 septembre 1973, un coup de feu accidentel de la CIA tuait le président chilien Allende, mettant Pinochet au pouvoir), nous nous réveillons, presque frais et dispo, dans la demeure familiale de Katy.
Enfin, quand je dis nous, c’est de Katy et de votre serviteur qu’il s’agit, Tagada étant en train de dormir tel l’ours en hibernation. Aussitôt réveillé, on décide de se regarder un petit épisode de la première saison de Rome. Il faut dire que Katy, qui ne connaissait pas la série, en est devenue un fan et que, bientôt, les déboires de Lucius Verinus et Titus Pullo la fascine. C’est au milieu de l’épisode que Tagada arrive, et commence lui aussi a le regarder, écoutant nos explications. Apres des ablutions normales au réveil, nous prenons la voiture et partons. Le but est d’abord d’aller visiter le château d’Abadie, puis de se rendre à Hendaye et de là, a San Sébastian.
Mais d’abord, arrêt a St Jean de Luz, histoire de prendre des sandwichs. Une erreur de commande fait que nous nous retrouvons avec de véritables monstres, de la taille d’une énorme bouse d’éléphant, mais avec un goût délicieux (non, je n’ai pas de comparaison avec la bouse d’éléphant, je n’ai jamais mangé de bouse d’éléphant). On a du mal, mais on finit tout. Le temps est au maussade, voir même au gris pluvieux, mais ça ne nous dérange pas. Sur la plage
abandonnée, on croise une jeune fille avec un sweat shirt de l’université de
médecine de Creteil. Pris de curiosité, je lui demande si elle est falucharde
(auquel cas on l’aurait embarqué dans nos périples), devant sa réponse
négative, on sourit et on la laisse. Dommage, elle était mignonne et on était en manque de jouet.
Direction, Hendaye, sur la route de laquelle se trouve le château.
Ce château ne présente aucun, mais aucun intérêt historique. En fait, il s’agit d’un château médiéval, mais construit au 19e siècle, sur des plans de Viollet le Duc. Le propriétaire, Monsieur D’Abadie, moitié irlandais et moitié basque (vous imaginez le mélange), était un peu spécial et son château reflète cela.
D’aspect médiéval, il est orné de pleins d’animaux : escargots, éléphants, singes, serpent, etc. Et l’intérieur est à l’avenant, car on entre dans un hall décoré de motifs africains, de fresques et de boucliers éthiopiens. En fait, le châtelain avait tenté de trouver les sources du Nil (sans succès, malgré une erreur qui le lui avait fait croire) et avait passé 15 ans en Ethiopie, appelée alors l’Abyssinie. Il parlait 14 langues, et écrivait même la langue sacrée des prêtres éthiopiens, que l’on retrouvait parfois sur les frontons des cheminées.
La visite était fort intéressante, aussi bien par le charme de notre guide que par les petites choses que nous découvrions. Le château était autrefois un immense observatoire des étoiles, et un télescope est toujours là. Monsieur et Madame étant féru d’astronomie, ils ont légués le château a l’Institut, a charge de lui garder cette vocation. Seul obligation : le chef des astronomes devait être un prêtre. Ce qui m’a fait dire, évidemment a voix haute : « au moins, y’a pas de bonnes femmes pour le distraire ! », recueillant les regards froids des femmes, sauf Katy, et le sourire amusé et compréhensif des mecs. Comme quoi, même le mec le plus heureux en mariage a quand même besoin de sa tranquillité.
La visite a continué dans la chambre de l’Empereur, prévue pour loger Napoléon III, ami de Monsieur d’Abadie, lors de ses séjours dans le coin (sa femme restant à Biarritz). Pas de bol, le château a été achevé en 1879, l’Empereur ayant été déposé en 1870 et étant mort en 1871. Dans cette pièce, la guide, après nous avoir présenté tout le mobilier, nous montre une chose à coté lit. Ce n’était pas une armoire ou un coffre, et nous demande le but du meuble. D’un commun accord, Tagada et moi pensons que c’est le bar. Ca fait rire tout le monde, mais c’était seulement un lavabo camouflé. Grosse déception : comment vivre sans Bar ?!
En fait, le château ne respirait pas la teuf, ni le cul, il faut quand même le dire. On ne sentait pas, comme dans d’autres demeures bourgeoises, la soubrette troussée entre deux portes et expulsée dés que son ventre s’arrondissait des œuvres du maître de maison, sous couvert de morale. En fait, ça respirait tellement la bondieuserie que Madame avait même un balcon donnant sur l’intérieur de la chapelle dans sa chambre, d’où elle pouvait assister a l’office sans se mêler à la vile populace en dessous. Seul pièce ou la détente était transparente, un petit cagibi dans la chambre du châtelain, avec des divans disposé en cercle, et un narguilé au centre. Un orientaliste, je vous dis.
Apres avoir visité la salle à manger, la chapelle et l’extérieur du château, on se rend a Hendaye. Pour ceux que ça intéresse, j’ai mis les photos de l’extérieur du château en ligne, car on n’avait pas le droit de photographier l’intérieur.
Posage de voiture prêt de la gare, petit coca et direction San Sébastian.
Arrivée la bas, ça devient un peu plus complexe. Katy passe à la FNAC, et réussit a trouver l’intégrale de Mafalda en VO, qu’elle se paye allègrement. Puis nous nous posons dans un bar qu’elle avait trouvé sympa. Et elle avait raison.
Déjà, gincass à 5€, mais ça c’est normal. On est au pays basque. Sangria servie au pommeau de douche, et excellente avec ça ! On sirote la sangria, on se rend compte que c’est l’Happy Hour, et on se retrouve avec chacun deux gin-cass à boire. Arrive alors un trio de bombes, que l’on matte avec quelque concupiscence, même katy.
C’est environ
une demi heure plus tard qu’une horde de gamins (20 ans, quoi !!) arrivent
dans le bar, parlant environ une demi douzaine de langues diverses :
allemand, italien, espagnol, etc. On comprend, en regardant les affiches,
que c’est le bar des étudiants Erasmus. Repli Stratégique : trop de monde, le comptoir allait devenir inaccessible.
On trouve ensuite un autre bar, ou l’on reprend des GinCass (oui, encore). En observant autour de nous, on ne voit aucune affiche en espagnol : que ce soit les prix, les règles légales, etc. Tout est en Basque. Katy, allant aux toilettes, avise énormément de graffitis de l’ETA. Pas de doute, on est plus en Espagne, là. Le patron est assez cool, puisque, en voyant l’heure arriver, et à notre demande, il nous sert chacun un gin-cass de plus dans des verres en plastiques énormes. C’est donc en titubant qu’on se dirige vers la gare. On réussit a ne pas se perdre, grâce a l’aide amusé des autochtones, dont une qui allait nous envoyer sur la mauvaise gare, mais on arrive quand même a presque rater le dernier train. Imaginez, si on n’avait pas réussi, on aurait été obligé de passer la nuit à San Sébastian en attendant que le trafic reprenne.
Le trajet de retour fut pénible pour deux raisons, et pour deux types de personnes. Déjà pour les autres passagers, car une irrépressible envie de chanter nous prit, et nous nous retrouvâmes en train d’entonner les trois orfèvres, la digue du cul, etc. que des chansons bien fines et poétiques. Ensuite pour nous, car une autre envie irrépressible nous atteint a mis parcours : PIPI !!! L’horrible envie très très très pressante. Celle qui te tord les boyaux, te fait serrer tout se que tu peux. A peine descendue du train, course vers un coin sombre et soulagement !! Apres cap sur le retour, en prenant la route de la corniche. Tagada est un peu crispé, car Katy a bu autant que nous. Perso, je reste calme, car je sais que Katy peut faire cette route les yeux fermés. On arrive d’ailleurs sans souci à St Jean de Luz. A peine arrivé, c’est le dodo, vu notre état. Pas très glorieux, le voyage a San Sébastian, mais on a bien rigolé.
Vendredi 12 septembre
De nouveau, Katy et moi même sommes les premiers debout. Et de nouveau, petit épisode de Rome. Une fois tout le monde prêt, nous nous dirigeons vers Irun pour aller une nouvelle fois faire des emplettes d’alcool. Une copine m’ayant demandé de lui prendre des clopes, je lui prends trois paquets de Camel, a 30€ la cartouche au lieu de 52 en France. Achat d’alcool (une seule bouteille d’absinthe pour moi, mais absinthe cannabis, tirant à 80°), et d’une flasque a alcool. Puis on se pose dans un bar tapas où l’on déjeune tranquillement en dégustant une excellente sangria, malgré les beuglements alcoolique d’un vieux débris à nos coté, qui insultait tous les arabes qui passait, et se comportait de manière plus que grossières avec les serveuses.
L’après midi, un éclaircie nous donne l’espoir de pouvoir aller a la plage. De fait, quand nous déposons Tagada à la gare, le temps est quasi au beau fixe. Mais il suffit de 20 mn après notre départ pour que la pluie revienne, avec un vent à décorner les cocus. Les vagues ont l’air foncièrement hostiles et il est clair qu’il est impossible de se poser. Donc, une nouvelle fois, nous essayons de nous occuper comme nous pouvons, en allant visiter le musée de la mer de Biarritz. Une nouvelle fois, on regarde des poissons évoluer. On voit aussi un gros phoque, affalé sur le bord d’un bassin, nous regarder comme pour nous dire : moi, j’ai la belle vie, et vous dans deux jours, vous rentrez chez vous. La journée du vendredi est donc dans l’ensemble assez morne, loin de l’exubérance des derniers jours. Le soir, Rome et causeries. Mais pas d’alcool.
Samedi 13 septembre
Une nouvelle fois, le temps est au maussade, malgré des éclaircies qui nous donnent quelques espoirs déçus. Katy, à chaque rayon de soleil, se pose au soleil pendant 5mn, n’hésitant pas devant moi à faire de l’intégrale. C’est étrange
d’ailleurs, car Katy est plutôt bien foutue (carrément, même!), mais ça m’a laissé froid, même si
j’ai quand même regardé : je suis un mec, et j’avais pas vu une femme nue
en vrai devant moi depuis longtemps. Sur ce plan là, mes souvenirs sont bons : rien n’a changé, c’est cool, je retrouverai mon chemin quand je passerai dans un coin féminin. Je dois avoir
un blocage psychologique dés qu’il s’agit des copines des potes : elles
sortent du cadre des femmes. Elles deviennent des trucs... L’après midi, nous partons pour Bayonne, où nous arrivons sous une pluie diluvienne. Mais a peine la voiture garée, le soleil se met a resplendir au firmament. Visite des remparts, de la cathédrale, de la ville en elle même. Rien a dire la dessus. La ville est belle, mais ne me laisse pas de souvenir impérissable. Au retour, nous nous arrêtons sur ces immenses plages aux noms formatés par l’afflux de touristes (la plage des flibustiers, la plage des bleuets, etc.), toujours dans l’espoir de se baigner, mais le vent est vraiment trop fort. Le soir est consacré au rangement de la voiture. On veut en fait gagner un peu de temps par rapport à notre retour prochain. Il faut donc réorganiser le coffre pour y faire tenir les quantités astronomiques de bibine. Ca nous prend pas mal de temps, mais finalement, le coffre est parfait, tellement bien rangé qu’une gouvernante anglaise aurait des vapeurs. Puis, de nouveau, Rome.
Dimanche 14 septembre
SOLEIL !!!! Aujourd’hui, vu le temps, pas de visite, pas de bougeotte trop loin. On se prépare lentement (Rome), puis on fonce dés 15h sur la plage ou l’on se pose tel les beaufs moyens, se préparant à se dorer la peau comme jamais. La mer est bonne, elle nous refoule comme jamais, et même Katyn pourtant habituée, se retrouve en difficulté, incapable de rejoindre le bord sans l’intervention d’un jeune homme au torse musclé. On passe une excellente journée a bronzer et nager. Et l’arrivée d’une jeune fille brune à la peau magnifiquement cuivrée agrémentant encore plus le paysage. Enfin, excellente au début. Car a la fin de la journée, regardant mon corps certes maigre, mais néanmoins splendide et équipé de tout ce qu’il faut pour passer des moments agréables (avec un cerveau en prime pour causer après), je me rend compte que je suis le cousin d’une écrevisse. Mon torse, mes jambes, sont rouges, brûlés par le soleil qui m’a tapé dessus toute la journée. Je me prépare mentalement à une légère souffrance dans les jours qui viennent. Et ça ne met pas longtemps, car dés que j’arrive sous la douche, je me retiens de pousser un hurlement de douleur (oui, nous les hommes, on est des chochottes…). Vive la biafine !
Une dernière tache nous attendait, car des travaux devant avoir lieux dans la maison, il nous fallut décrocher tous les tableaux pour les mettre à l’abri. Et des tableaux, il y en avait PARTOUT !
Le soir, nous allons dans un resto fort sympathique et très bon, ou je déguste un excellent axoa, c’est à dire de la viande hachée avec de la sauce. Succulent, mais ça me laisse un poids sur l’estomac, poids qui va m’empêcher de dormir durant la nuit, me donner des nausées, ainsi que des flatulences fort nauséabondes, bref, me mettre patraque. Je ne sais pas si c’était la viande, ou le soleil, mais je passe une sale nuit.
Lundi 15 septembre
C’est le jour du retour sur Paris. 10 heures de trajet de prévu. Les sacs prêts et mis dans la valise, on fait un dernier tour et on part. chacun sa voiture : la voiture du père de Katy devait être emmenée en gardiennage a Biarritz, il fallait bien se répartir les véhicules. Je prends la voiture de son père et je roule, arrivant sans souci à Biarritz, malgré Katy qui, par habitude, ne m’attendait pas trop, en particulier à un feu rouge. Mais bon, elle s’en est excusée après.
De Biarritz, nous partons pour Tarbes. En fait, l’autoroute Bordeaux-Paris est une véritable sinécure, où des cinglés de chauffeurs poids lourds venus d’Ibérie se livre a une course effrénée que n’aurait pas reniée Ayrton Senna, avec les résultats que l’on sait pour les voitures environnantes. De surcroît, Katy voulait voir sa grand-mère, en maison de retraite à Tarbes, à l’age vénérable de 105 ans. Le voyage se passe tranquillement. A Tarbes on s’arrête quelques minutes, pour que Katy aille à la MDR. J’en profite pour passer quelques coups de fil, une copine de Corbeil, une autre d’Avignon qui va faire le chemin inverse dans la journée (elle était en Belgique lorsque je l’ai appelée), mes parents, histoire de les rassurer. Puis on passe chez le voisin d’en face de la grand mère, un vieux monsieur sympa passionné de rugby qui me prend pour le copain de katy. On le détrompe et on repart.
On ne fait quasi aucun arrêt. On se relaye pour conduire, et toutes les deux heures, pause pipi et changement de conducteur. Sur une aire d’autoroute, nous en profitons pour faire le plein d’essence, grâce aux bidons récupérés en Espagne, sous les yeux amusés et surpris d’une famille du 93.
Arrivée a Paris vers 21h. Stéphane, le copain de Katy, nous aide à décharger et entasser dans la cave les achats de sa compagne, puis Katy me ramène chez moi.
Fin de cette
semaine de vacance. Vivement l’année prochaine !!!
September 27 MES OUAKANCES !!!!!Bonjour les amis.
Je me rends compte que ça fait longtemps que, sur ces pages, je n’ai pas parlé de moi ou de ma vie trépidante. Certes, quand je le faisais, c’était pour m’apitoyer sur mon sort et l’inconstance féminine, mais bon, ça va bien un temps mais ça n’intéresse pas grand monde. Donc, aujourd’hui, je vais vous raconter… MES VACANCES !!!!
Et ouais ! Je suis parti en vacances. 3 ans que je n’étais pas parti de manière durable, donc ça m’a fait bizarre. Donc c’est parti. Je vais raconter ça au jour le jour, comme ça vous aurez un vrai feuilleton en une seule fois. C’est pas beau, ça ?
Dimanche 7 Septembre
5 heures du matin n’est pas une heure pour les gentlemen, moi je vous le dis ! Surtout quand on a l’habitude de se coucher à 1h30. C’est donc avec a peu prêt 4 heures de sommeil dans la tête que je fut réveillé par du Vautrin (admettez que c’est un peu plus doux au lever que les beuglements d’un groupe de métal quelconque). Grattage de couilles, ablutions matinales finies, départ pour la gare Montparnasse, où j’allais prendre le train. Là, voyage en première. Magnifique, me disais je. Tranquillité et repos, histoire de récupérer de la nuit trop courte. Et bien non !! Le sort s’acharne contre votre serviteur, tel la vérole s’acharne sur le bas clergé breton ! Pendant une heure, calme total, agrémenté par le matage du postérieur agréable d’une jeune fille passant et repassant, me décochant, me semblait il, des œillades, mais malheureusement à chaque fois accompagnée de sa mère. C’est dingue comme la présence maternelle refroidit les ardeurs même du plus chaste des hommes, comme votre serviteur.
Puis ça commence lentement : ma voisine d’en face s’endort et se croit dans son lit, s’étalant plus qu’un camembert bien fais et, bien sur, me forçant a me rétracter sur mon siège. Elle s’est cependant réveillé et est allé s’installer à une autre place avec un sourire d’excuse.
Petite précision : on était 5 dans tous le wagon. Moi, ma voisine d’en face, une brune au physique ingrat et un couple venu de l’Est (et pas de l’orient, plutôt de Stalingrad… et pas la station de métro), tous les deux jeunes, lui moche et elle superbe.
Donc de nouveau un peu de calme, jusqu'à ce que cette pourriture communiste, de koulak traître au peuple ait sorti son portable pour regarder un film… sans mettre son putain de casque, bien sur. Tout le wagon a donc pu profiter des borborygmes immondes qui passent pour du langage dans ce pays pourri d’où ils provenaient. Pays que je n’ai pas réussi à identifier, les sabirs dégénérés de cette partie du monde se ressemblant tous. Un vrai bonheur qui a duré jusqu'à Bayonne, ou ils sont descendus. C’est là qu’on remercie les cieux d’avoir pensé a amener mes écouteurs : Dead Can Dance et Rammstein, ça aide au repos et a la zenitude, saupoudré d’un peu de Sonata Arctica, pour le revival old school metal.
Arrivée a St jean, je suis accueilli par Katy, ma logeuse/amie/chauffeuse qui m’accompagnera a partir de là dans mes aventures palpitantes. Saint Jean de Luz est une petite ville qui n’a fait parler d’elle qu’une seule fois dans l’Histoire, à l’occasion du mariage de Louis XIV, qui n’était pas encore Soleil, et de l’infante d’Espagne, Marie-Thérèse d’Autriche. On peut d’ailleurs encore voir l’endroit où le roi a logé, ainsi que la maison construite pour l’infante. L’Eglise où a eu lieu le mariage existe encore, mais la porte par laquelle est passée le roi a été murée pour que personne ne puisse passer par la où Loulou était passé. Les gens sont cons dans la flagornerie, tout de même, quel que soit l’époque. D’ailleurs, quand le roi a vu sa future épouse (pas top top), il aurait écrit par la suite : « elle est suffisante pour qu’on la monte ». Sympa, non ?
Apres ce verre, petite balade dans Saint Jean de Luz. Katy m’explique que la plage de la ville est artificielle, la moitié de la ville s’étant fait bouffée par la mer, la plage l’a remplacé. Jolie petite ville, soit dit en passant, mais je pense que les jeunes du coin doivent s’y emmerder ferme, quand la bise vient et que les frimas de l’hiver rendent impossible la baignade, la bronzette et le matage des nichons des minettes ou des culs des mecs. On en profite pour manger un excellent sandwich préparé dans une sandwicherie affiliée à l’ETA, vu la clientèle parlant basque exclusivement. Petit pique nique sur la plage de St Jean.
Ensuite départ pour la maison familiale de katy. Jolie maison, au calme, sans vis a vis. Ca change de paris. Là, petit apéro sympa avant le départ pour la plage. Direction Biarritz : plus de vague, plage plus sympa. Autant le dire, cela faisait près de 20 ans que je n’avais pas mis les pieds sur une plage dans le but de m’y prélasser au soleil et de m’immerger dans la mer. Ca m’a fait drôle. Déjà, les vagues vous font bien comprendre qu’elles ne vous aiment pas. Elles font tout pour vous rejeter sur la rives, pour vous pilonner et vous retourner, vous enfonçant la tête dans le sable avec une facilité assez déconcertantes. Et évidemment, j’ai choisi de me faire retourner pile a un endroit ou, bien cachés sous le sable, affleuraient des rochers. Bilan : une estafilade sans conséquence au genou, vite cicatrisée par le sel, et une bonne entaille au pied droit, pile à l’endroit ou les lanières des sandales viennent frotter. Ce fut néanmoins un bon après midi, ou mon corps superbe se couvrit des couleurs dorés du bronzage naturel, et ou je pus mater (et oui, on ne se refait pas : le vautour est toujours en moi… En tout cas, il revient de plus en plus) les courbes charmantes de trois jeunes britanniques. Au retour, après deux heures et demi de farniente entrecoupé de tentative de vaincre les fureurs océanes, nous sommes passés dans divers petits ports de la cote basque, Guéthary entre autre, ma foi fort agréable pour se reposer et se balader.
Lundi 8 septembre
Réveil a 10 heure 30, heure raisonnable quand même. On se dirige vers la montagne (les Pyrénées, pour ceux qui sont ignares), et on traverse la frontière. A peine arrivé en Espagne, on manque d’emplafonner des vaches au bord de la route. Non, c’est pas un stéréotypes : il y a des vaches espagnoles. On s’arrête à Ibardin, perché sur la montagne. Pas grand chose à voir de joli, mis a part le splendide paysage, mais c’est pas pour ça qu’on est là. On est la pour les bendas. Les Bendas, ce sont tous ces magasins espagnols qui, postés à la frontière, vendent aux prix espagnols des produits bien taxés en France, comme l’alcool ou le tabac. En l’occurrence, la route marquait la frontière : d’un coté, c’était restaurant et paillote a sandwich, et de l’autre les bendas. La faim commence à nous tenailler, on décide de se poser dans l’un des restos. Petite sangria, délicieuse au demeurant, et grosse salade. Dans les bendas, Katy cherche une peau de mouton, mais impossible d’en trouver. Je reste quand a moi effaré de la différence de prix entre Espagne et France. Au retour, on passe a Andaye, mais la plage, quoi qu’assez belle, n’au aucun intérêt : pas de vague pour se faire rosser, donc retour a Biarritz et nouvelle séance de jambon a cuire sur la plage.
Mardi 9 septembre
Ce jour là, direction l’Espagne de nouveau, mais cette fois ci un peu plus loin : Saint Sébastien. Plutôt que d’y aller en voiture, on prend le train. Un train relie Andaye à San Sebastan, ne coûtant que 2,40€ l’allez retour, ce qui est quand même pas cher. Le trajet dure environ une demi heure, car il s’arrête, tel le train de banlieue, dans toutes les gares possibles. A peine arrivé vraiment en Espagne (les bendas son un lieu particulier), on sent déjà une différence, ne serai ce qu’au niveau des bâtiments. Le pays basque français est relativement bien protégé par la loi littorale, et il n’y a presque aucun immeuble faisant plus de 3 étages. Rien de cela en Espagne : les immeubles ressemblant a des cités dortoirs s’y entassent quasi pêle-mêle, dans des états plus ou moins délabrés, selon leur ancienneté. Les couleurs sont ocre, en général, ce qui leur donne a la fois un aspect massif, mais qui évite le coté déprimant des grises cités des banlieues française.
San Sebastian est une assez jolie ville en elle-même (oui, j’ai tout trouvé joli dans ce voyage), en particulier sa vieille ville, dont les rues étroites empêchent le passage du moindre véhicule. A l’heure ou nous arrivons (14 h 30), la plupart des magasins sont fermés, en pause, en ne rouvriront que vers 16-17 heures. L’Ibère ne travaille pas à ces heures là. Quelques échoppes vendent tous les produits nécessaires a la récolte, l’entretien, la plantation des herbes que l’on fume, ainsi que tous ce qui est utile a ce menu plaisir. Katy m’explique alors qu’en Espagne, fumer ou planter soit même son cannabis est légal, mais la vente est interdite. Elle décide ensuite ne me faire goûter un gin-cass. C’est pas tant pour me faire goûter (après tout, c’est du gin avec un soda au citron), que pour me faire voir les proportion gargantuesque avec lesquelles les basques servent ce truc. | ||